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Trois-Rivières et sur le bord du fleuve St-Laurent. D’après la tradition, c’est à cet endroit même que M. de Laviolette arbora, pour la première fois, l’étendard de la France. C’est sur cette éminence qu’il éleva le premier fort ou la première habitation qui fut le bercéau des Trois-Rivières.
Autrefois le Platon s’avançait dans le lit du fleuve de plusieurs centaines de pieds, mais les courants, en entratnant avec eux les sablés du rivage, l'avaient miné insensiblement et l'avaient amené sur l'alignement des deux plateaux voisins. Jusqu'au beau milieu de ce siècle, la vague est venue battre librement le pied même de cette éminence et laissait à peine un étroit sentier, le long de la palissade de pieux qui entourait le Platon sur trois de ses faces, notamment du côté du fleuve.
Ce sentier que fréquentaient seulement quelques rares piétons, a fuit place à une montée magnifique bâtie solidement sur deux murs de pierre. Cette montée et l'avenue qui la joint a pris le nom de ‘* Boulevard Turcotte.” (a) Elle rallie par le prolongement de la rue du fleuve, la basse-ville à la haute-
ville. Les voitures et les piétons y circulent librement.
Dans la belle saison, c’est le lieu de promenade le plus fréquenté et à bon droit; car, outre qu’on y vient respirer le orand air du fleuve, la vue embrasse le magnifique pañnorama de toute la côte Sud sur une étendue de plus de six lieues. Les bateaux à vapeur et les voiliers qui sillonnent le fleuve. viennent passer à quelque cent pieds du rivage.
Tout le long de la montée du ‘ Boulevard” et comme pour le protéger contre les courants, M. Turcotte a aussi fait construire un beau quai, de près de trois cents pieds de long: auquel viennent aborder les riches vapeurs de la Compagnie Richelieu. Dans la pensée du constructeur, ce quai devait être le terminus de lembranchement du chemin de fer d’Ar-
(a) Le Boulevard Turcotte, ainsi que son nom l'indique, a été construit par les soins de l'Hon. J. E, Turcotte qui voulait sincèrement le progrès de la ville des Trois- Rivières et qui y travaillait avec toute l'énergie de sa volonté et l'influence de son crédit.
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thabaska, dû à l'initiative et à l’action de M. Turcotte ; mais la compagnie du Grand-Tronc, en devenant maîtresse de cet embranchement, en fixa le terminus à Doucet’s Landing, aujourd’hui Ste-Angèle de Laval.
Aujourd’hui, la côte proprement dite du Platon se trouve à près de cent pieds de la rive du fleuve. Tout au pied, et comme pour former la cour des hangars qui sont sous le boulevard, est un mur de revêtement muni de contreforts pour préserver l’éboulement de la côte. Dans les grandes digues, l'eau vient encore battre contre ce mur. En 1865, l’eau ayant atteint une hauteur démesurée, pénétra même à l’intérieur du mur, bien que la terrasse y fut au moins cinq pieds plus haut que la cour du boulevard.
De ce côté, le Platon est inaccessible. Il a une longueur de 180 pieds et une hauteur d'environ 50 pieds au dessus du niveau du fleuve dans les basses eaux. La côte est très raide (a) et son sommet est tracé par une ligne sensiblement parallèle au fleuve ; mais l'angle sud va en s’abaissant de huit ou dix pieds jusqu'au mur de revêtement qui court tout le long du côté sud-ouest, lequel a une longueur de quatre cent soixante et dix-huit pieds, mesure officielle (b). Ce mur formant la ligne des emplacements de la rue du Platon est garni d'écuries, de hangars, de dépendances dont plusieurs tombent en ruine et dont l’ensemble offre le coup d'œil le plus maussade. La hauteur du Platon, assez uniforme de ce côté, est d'environ vingt pieds, le niveau du terrain correspond donc à cet endroit assez sensiblement au troisième étage des maisons voisines.
L'angle ouest s'abaisse par une pente irrégulière et très raide jusqu'au niveau de la rue Notre-Dame qui longe le Platon du sud-ouest au nord-est en suivant une pente douce qui s'élève jusqu'auprès de l’église paroissiale ; en sorte que
(a) On a vu, durant certains hivers, les élèves avoir le goût de la glissade assez développé, pour trouver moyen de pratiquer une glissoire assez passable dans le flanc de cette côte, mais gare à ceux qui r'écartaient de la voie, ils allaient inévitablement se heurter contre le mur, au risque de s’y casser la tête et d'y briser leur traineau.
(b) Voir planche D. plan du Platon.
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l'angle nord du Platon n'a guère plus de onze pieds au-desstis
du niveau de la rue et du terrain de la Fabrique. Ce côté du
Platon a une longueur de deux cent cinquante-neuf pieds. (=)
(Voir planche D)
Le côté nord-est est très-irrégulier. Partant d’abord de la rue Notre-Dame par un angle sensiblement droit, il parcourt ainsi environ deux cents pieds; puis il tourne vers le nord-est, d’une quarantaine de pieds environ. Croiïisant de nouveau à angle droit, il reprend sa course vers le sud-est par une ligne irrégulière, s’inclinant davantage vers le sud. La longueur de ce côté du Platon est d'environ cinq cent cinquante pieds. Na hauteur au-dessus du niveau de la rue qui est de onze pieds à l'angle nord, n’est plus que d'environ huit ou neuf pieds à l’angle est.
La superficie du Platon, d'apres les mesures officielles, est de deux arpents et deux tiers, Le plateau supérieur présente un niveau presqu'uniforme dans toutes ses parties. Seulement, on remarque encore, sur les côtés nord-ouest et nordest, un reste d'anciennes fortifications qui consistaient en terrasses de plusieurs pieds de haut sur environ quatre ou cinq de large. A l'époque où le Collège a été fondé, ces terrasses étaient encore, en plusieurs endroits, assez hautes pour faire de véritables bancs de gazon où les élèves aimaient à s'asseoir.
La partie du Platon qui fut affectée aux élèves comme cour de récréation renfermait tout l’espace compris au sudouest et au nord-ouest de l'édifice. Celui-ci se trouvant à une cinquantaine de pieds de la rue, laissait en arrière un espace libre de près de cent cinquante pieds, tandis qu’au nord-ouest, la cour embrassait toute la largeur du Platon.
Du côté du fleuve, bien que le point de vue y fut plus magnifique, l'horizon plus étendue, la position plus agréable et plus salubre, l’espace s’y trouvait trop étroit pour y placer la cour de récréation; cette partie du Platon comprise entre la côte et la maison ne dépassant pas quatre-vingt-dix pieds. Cependant les élèves avaient la permission d’y venir de temps en temps, spécialement chaque fois qu'il se passait sur le
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