CHAPITRE HUITIEME
Le lendemain de l'entrée, les élèves, après avoir fait la prière du matin à la salle d'étude, allèrent entendre la sainte messe à la Cathédrale. Mgr Cooke avait réglé qu'il dirait luimême la messe de communauté et il avait prévenu son secrétaire qu’il adresserait la parole aux élèves et qu’il leur donneait la bénédiction solennelle. En effet, à l'issue de la messe, durant laquelle on chanta le Veni Creator et un cantique à la Nte Vierge, Mgr faisant signe aux élèves de s'asseoir, leur adressa, en substance, les paroles suivantes :
“ Mes chers enfants, je suis heureux de vous voir ici en ‘aussi grand nombre. La Providence, en ouvrant pour vous ‘un nouveau collège et en vous y appelant ainsi, dès le com- ‘mencement, a sur vous des vues spéciales de bonté et de miséricorde, dont vous devez vous montrer recpnnaissants “et auxquelles vous devez vous efforcer de correspondre... ‘C'est une grande chose que de pouvoir recevoir un enseignement supérieur. C’est un bienfait très signalé que celui d'être remis aux soins et à la direction des ministres de l'E: ‘glise, pour recevoir son éducation. Il faudra donc que vous “soyez toujours de bons enfants, bien fidèles à remplir vos ‘devoirs de piété et de religion; que vous soyez soumis au règlement de la communauté, obéissants à vos supérieurs et ‘à vos maîtres qui vont tenir auprès de vous la place de vos “ parents.
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“I1 faudra vous appliquer à l'étude et employer avec “ grand soin, tout votre temps. Vous vous rappelerez en par- “ ticulier, mes chers enfants, qu'étant les premiers élèves de “ cette maison, vous êtes tenus plus rigoureusement à une ‘* conduite exemplaire et irréprochable, Car vos bons ou vos ‘“ mauvais exemples seront une semence qui produira des * fruits de salut ou de mort, lesquels se renouvelleront sans ‘‘ cesse dans l'avenir pour votre gloire ou pour votre déshon- D Li LCI RE TNT Le I ET TER ET er RNCS NU NNTE
‘ Nous avons choisi pour votre patron et votre protecteur “#N, Joseph, un des plus grands saints du Ciel, N. Joseph qui ‘a été, sur la terre, le gardien, le tuteur et le père nourricier ‘ de Jésus. Nous avons fait ce choix, mes chers enfants, pour “ plusieurs raisons : d’abord votre Collège s'ouvre sans aucune “ ressource et il n'a même pas à espérer les secours humains “ordinaires. Il faut que S. Joseph se fasse sa providence et “ son soutien ; il faut qu’il pourvoie à ses besoins de tous les ‘* jours, comme autrefois, il pourvoyait aux besoins de la Nainte famille. D'un autre côté, N. Joseph a été le gardien ‘et le tuteur de l'Enfant Jésus... Il aura donc ici ses repré ‘ sentants dans la personne de vos maîtres qui sont constitués
‘en quelque sorte vos tuteurs et vos gardiens... N. Joseph “ s'intéressera donc à eux; il leur obtiendra des grâces et des ‘ lumières dont les effets rejailliront sur vous ..…. Il faudra
‘* donc avoir pour vos maîtres, l'affection, le respect, l’obéis- * sance et la soumission que l'Enfant Jésus eut pour son père * NOUTTICIEY sus.
‘“ Enfin N. Joseph a été un parfait modèle de pureté, de mortification et de travail, trois vertus que l’écolier doit ‘ pratiquer nécessairement, sous peine de manquer entière ‘ ment aux vues de la Providence et de nuire même beaucoup “au succès de ses études... Vous devez être purs. La pu: ‘ reté n’est pas seulement une des plus belles vertus du jeun: “ homme ; c’est, en quelque sorte, l'œil de son intelligence. “ Pour voir, pour comprendre, pour faire quelques progrès “ dans les sciences, il ne faut pas que le vice de l’impureti ‘* fasse monter dans l’âme, ces nuages et ces ténèbres qui ca
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chent le soleil de la vérité .. .. Vous devez être mortifiés.… ‘ Le règlement de la communauté et surtout le silence qu'il ‘ faut garder toujours, en dehors de la récréatio, demandent * Je sacrifice continuel de votre volonté et la mortification de ‘votre langue... Enfin, vous devez aimer le travail, Vous ‘ne deviendrez savants que par beaucoup d'’eflorts, de persé- “ vérance et d'application...
“ Inutile de vous dire, mes chers enfants, que je m'inté- “resse beaucoup à vous. Comme premier pasteur de ce dio- “ cèse, toutes mes ouailles me sont chères ; mais entre toutes, “les élèves du collège seront mes enfants privilégiés. Ainsi “ comme gage de ma paternelle affection, je vais maintenant “ appeler sur vous et sur votre collège la bénédiction du Ciel. “ Oui, je demande au Bon Dieu de bénir votre jeune commu- “ nauté, de la rendre prospère et florissante, de la faire grandir “ pour sa gloire et pour l'honneur de l'Eglise. Je le prie de “ bénir vos personnes et vos travaux, les sacrifices de vos pa: ‘rents et vos projets d'avenir, vos âmes et vos corps. Que “cette bénédiction vous accompagne pariout ; qu'elle vous “rende les imitateurs de l'Enfant Jésus, afin qu'on puisse “ plus tard dire de vous ce qu’on disait de lui: Il croissait en ‘âge, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hom- “mes!”
Si nomen Domini benedictum etc. etc.
Benedicat vos Omnipotens Deus Pater et Filius et Spiritus Sanctus !!
Un témoin de cette scène tout à fait touchante, me disait plus tard, qu'il n'avait jamais oublié les paroles si affectueuses et si confiantes de Mgr Cooke en cette circonstance ; et surtout l'impression que lui avait faite cette bénédiction donnée avec tant d’apparût.
“ Me reportant par la pensée, disait-il, à toutes les oppo- ‘sitions, à toutes les difficultés qu'on avait soulevées contre “ le nouveau Collège, je me disais en moi-même, voilà un acte ‘bien grave, une bénédiction bien solennelle pour une œuvre “que tout le monde combat, et que personne ne prend au
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