‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 25 sur 217 · MAS · texte numérisé non relu

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Et la bénédiction de l’évêque a été ratifiée dans le Ciel, N. Joseph a pris le nouveau Collège sous sa toute-puissante protection. T1 a justifié et bien au delà la confiance que Mer Cooke et les amis du Collège reposaient en lui.

C’est ainsi que la communauté trifluvienne fit son entrée dans la vie. Mgr Cooke voulut la recevoir lui-même dans ses bras et lui adresser les premières paroles d'affection et d'en: couragement. [Il voulut lui donner l4 première bénédiction et lui conférer en quelque sorte le baptème, en lui imposant le nom de N. Joseph.

Maintenant, nous allons la suivre dans ses développements prodigieux, au milieu des luttes de toutes sortes, des difficultés et des épreuves toujours vaincues et sans cesse renaissantes. Ces difficultés et ces épreuves qui s’annonçaient terribles et menacçantes, depuis le jour où l’on avait commenté à soulever cette question, allaienr se montrer dans leur réalité, dès le premier jour.

La communauté était née. Elle donnait des signes évidents de vitalité et de force. Mais elle n'avait pas encore de directeur officiellement connu; elle n'avait pas un seul classique à mettre entre les mains des élèves ; les classes n'avaient encore rien de leur petit mobilier ; les ecclésiastiques arrivés depuis deux jours ne savaient pas quelles seraient leurs attributions particulières. Il y avait bien là, raison de décourager une âme un peu faible, un caractère moins décidé et moins confiant que ne l'était Mgr Cooke. Ses adversaires voyant cela, riaient sous cape et comptaient déjà les jours de la nouvelle communauté.

Cependant la corporation se donnait une peine extrème pour pourvoir sans délai aux besoins des élèves. Un archi: tecte, Mr Eusèbe Lafontaine, avec une dizaine d'ouvriers, tra raillait alors pour Mr Turcotte: il fut mis, avec tous ses hom-

mes, à la disposition de la corporation, pour hâter le parache

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vement des réparations et des meubles nécessaires. De plus, M. Pascal Lamprohon avec sept ou huit menuisiers travaillait de son côté, avec la plus grande diligence, pour la même fin. Il était évident que dans quelques jours tout serait prêt.

D'un autre côté, Mr J. E Panneton, qui commençait à agir comme directeur, bien qu'il n’eût pas encore accepté cette charge, jrrtit le soir même de l'entrée pour Montréal avec une lettre de Mr J. E. Turcotte, l’autorisant sur son crédit personnel, à acheter les livres classiques et toutes les fournitures nécessaires pour les besoins des professeurs et des élèves des cinq classes qui allaient s'ouvrir. Car les membres de la corporation, comptant que les élèves pourraient aisément se procurer leurs classiques chez Mr Théophile Larue, libraireimportateur qui tenait, à cette époque, une grande librairie aux Trois-Rivières, n'avaient pas même songé, que c'est nécessité pour un collège d’avoir sa bibliothèque et son magasin de classiques.

Dans de telles occurrences, c’est beaucoup que de pouvoir gagner quelques heures. Or, dans certains collèges, il est de tradition, que le lendemain de l'entrée est jour de congé, pour permettre aux élèves de se reposer des vacances et faire connaissance avec les nouveaux confrères. On dut, pour cause, adopter cette Aétermination et, immédiatement après le déjeuner qui suivit lu messe, Les élèves furent mis en congé. Il est assez inutile de constater qu'ils l’acceptèrent joyeusement et l'employerent de même. Dans l'après-midi, on fit la promenade à la campagne. Les élèves de la ville ne connaissaient pas de lieu de promenade plus beau et de plus facile accès que le ‘ Cap à la Corneille,” situé sur le St-Maurice, à un mille et demi de la ville. Les coteaux qui bornent celle-ci au nord et qui sont superposés à triple étage, les uns au dessus des autres, vont vers le St-Maurice, en convergeant vers un point commun beaucoup plus élevé que les plateaux environnants. C’est cette pointe qu'on nomme le ‘ Cap à la Corneille.” Ce nom n’est pas du tout légendaire. Il est pleinement justifié par la raison que ces intéressants et très loquaces volatiles semblent y avoir établi un poste de fréquentes, très nombreu-

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