‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 28 sur 217 · J. E. PANNETON, PTRE · texte numérisé non relu

J. E. PANNETON, PTRE

ler Supérieur du Collège des Trois-Rivières.

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Monseigneur insistant lui dit:—* J'attends une réponse prochaine de M. N'; allez au moins faire l'entrée des élèves et présider à l’organisation des classes.”

Il en coûtait beaucoup à M. Panneton d'accepter une position aussi délicate et aussi difficile. Il craignait, non sans raisons, que la charge ne lui restât sur les épaules. Il fut fortement tenté de répondre par un refus net et absolu aux instances de Mgr Cooke, et de se soustraire, par ce moyen facile, à une responsabilité qu'il redoutait. Mais, sur les conscils de M. Toupin, (a) alors curé d'oflice à la cathédrale des Trois-Rivières, M. Panneton qui reposait une grande confiance en la sagesse de ce confrère, ne crut pas devoir s'opposer obstinément aux vues de son évêque, et, par son refus d’aller pour quelque temps présider à la direction du Collège, ajouter de nouveaux embarras à ceux que Sa Grandeur avait rencontrés jusque là. Il voulut cependant hasarder encore quelques observations, s’excuser sur son inexpérience et sur son Iincapacité... ‘—Aîllez, ” lui dit Monseigneur, ‘ Je vous aiderai de ma protection et de mes conseils, et tout ira bien. ”

Le Directeur était nommé et c'était l'homme de la Providence. Prêtre pieux et ami de l'étude, prudent et zélé, ferme et doux, bienveillant et poli, M. Panneton réunissait en sa personne toutes les qualités que doit posséder un directeur de Séminaire, et particulièrement celui qui est appelé à diriger les commencements d'une maison.

Ayant à traiter des affaires avee les supérieurs ecclésiastiques et les autorités civiles, les parents des élèves, les prolesseurs et les régents, les élèves et les serviteurs, 11 lui faut se lire tout à tous et être doué d’un tact infiniment délicat pour

se

@) M. Toupin, que sa position de curé d'office mettait parfaitement en état de juger des besoins de la population trifluvienne, fut le premier à seconder son évêque dans cette délicate question du Collège des Trois-Rivières. Quoique sincèrement attaché au Séminaire de Nicolet, il trouvait déloyale et injuste l'opposition qu'on faisait äu nouveau collège. Son noble cœur avait été vivement touché des tracasseries et des misères que Mgr Cooke avait subies à propos de cette affaire ; et quand il vit, par dessus tout, les difficultés que Sa Grandeur rencontrait pour trouver un directeur, il n'hésita pas À conseiller fortement à M. Panneton de se rendre aux désirs de Monseigneur. Le Bon Dieu, disait-il à son confrère, agréera votre sacrifice et récompensera votre obéis- Suce, en vous faisant bientôt goûter ses consolations dans votre nouvelle charge.

pouvoir passer à travers les mille et mille difficultés d'une administration aussi importante dans son objet, que variée dans ses détails.

M. Panneton sut répondre si parfaitement à la confiance | de son évéque, qu'au bout de quelques jours, Mgr Cooke le | confirmait dans ses fonctions et le nommait définitivement | * Directeur du Collèse des Trois-Rivières.” Il lui rendait, en outre, un témoignage flatteur, en disant, que les choses ayant été si heureusement mises en marche, dès le commencement, ne manqueraient pas d’être aussi habilement conduites dans

l'avenir

C’est ce que constateront, cinq ans plus tard, tous les membres de la Corporation, anciens et nouveaux. Dans un document officiel, ils proclameront solennellement * qu'ils “ sont redevables à M. Panneton des suecès du Collège des * Trois-Rivières ; que c’est à son habile direction qu'ils doivent “ l'avantage et l'honneur de pouvoir le classer parmi les pre- “ mières maisons d'éducation du pays ; que dans l'œuvre de * la fondation de l'institution, c’est justice de joindre le nom * de Messire J. E. Panneton à ceux de Mgr. Cooke êt de M. “J. E. Turcotte. (livre des délibérations pages 12-13)

Ni l’on désire un témoignage encore plus désintéressé, et plus général du mérite et de l’'habilité de M. Panneton, on le trouvera dans le concert unanime de louanges que Jui décerneront tous ceux qui auront des rapports intimes avec lui. Et ces louanges auront leur principe dans les sentiments profonds de respect, d’estime et d'affection dont l’entourèrent toujours et professeurs et élèves ; comme aussi dans les sou- Fr venirs de paternelle bonté et de sympathique intérêt qu'il

laissera dans le cœur de tous ceux qui auront l'avantage de passer sous son administration. Ce concert universel de louanges est la preuve la plus manifeste de l’action provi- | dentielle dans le choix qui fut fait de lui comme premier ie directeur. Aussi, on ne tarda pas à remarquer que, comme l’Honorable M. Turcotte, il portait lui aussi le nom du patron

et du protecteur de l’Institution, le nom du bon $. Joseph.

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La nomination de M. Panneton à la charge de directeur fut particulièrement agréable à tous les ecclésiastiques appelés à professer dans le nouveau Collège. Les rapports de confraternité et d'intimité qui avaient existé autrelois entre eux et lui, devaient naturellement se renouer et se resserrer davantage, maintenant qu'ils étaient appelés à travailler tous à la même œuvre. La confiance et l'affection mutuelle que s'étaient montrées autrefois le maître de salle et ses subordonnés, devaient bientôt faire du directeur et des professeurs du nouveau Collège un seul cœur et une seule âme. (a)

Ceux done qui ont été surpris de la vigueur qu'a prise, des ses commencements la nouvelle institution ; qui ont été peut-être encore plus étonnés de l'intérêt et de l'affection que lui portèrent, dès les premiers jours, ceux qui étaient venus y travailler avec des sentiments hostiles ; qui se sont scandalisés du bonheur même que les professeurs parurent aussitôt y wouter dans une vie pleine d'abnégation et de sacrifices, trouveront ici une explication à cet étrange phénomène. Sans doute, le doigt de la Providence était là. Elle seule, avait pu, en un jour, changer ainsi les cœurs et les volontés : mais comme Elle avait bien disposé toutes choses pour arriver doucement à ce but ! suaviler et fortiter.

C'était Elle qui avait voulu que le Directeur fût personnellement connu de tous ses aides et coopérateurs et qu'il retrouvât dans chacun d'eux, non seulement un inférieur obéissant et soumis, mais encore un frère tendre et dévoué. C'était encore Elle qui avait voulu que les six premiers ecclésiastiques, appelés à travailler dans le nouveau Collège des Trois-Rivières, fussent six confrères et amis. En effet, ils appartenaient à deux classes qui se suivaient, et ils avaient fait leur philosophie intellectuelle ensemble.

(@) L’extrait suivant d'une lettre adressée à Messieurs L.S. Rheault et Ls. Richard en fait foi: Séminaire de Nicolet 21 Nov. 1860..,.. .Je ne dois pas finir sans vous dire un mot de Mr. votre Directeur, homme plaisant, homme aimable s'il en fut jamais. Ce matin, j'ai été honoré de sa visite, il m'a présenté vos saluts que j'ai acceptés avec le plus grand plaisir, et il ma parlé de ses chers amis qu’il estime d’une manière toute particulière et qu’il honore de toute sa confiance. Je suis heureux pour vous en considérant que vous avez une aussi large part dans son aftection,.,...

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La Providence, disons-nous, voulut réaliser pour eux cette parole du prophète : ‘ Qu'il est bon, qu’il est agréable pour des frères d'habiter ensemble ” ! Quam bonum et quam jucundum. habitare fratres in unum !

IIORGANISATION (GÉNÉRALE.

Aussitôt que M. Panneton fut nommé directeur, il s’occupa de l’organisation des classes. A cette fin, il réunit les cinq ecclésiastiques présents au Collége, leur donna ses instructions, assigna à chacun son poste et leur fit connaître le détail de leurs fonctions et attributions respectives.

M. Théode L. de Lottinville fut nommé maître de salle. M. Louis Sévérin Rheault, professeur de Versification. M. Alfred Smith, professeur de Méthode.

M. Louis Richard, professeur de Syntaxe.

M. J. Bte Marcotte, professeur des Eléments.

À cette même réunion du ‘ Conseil, ” on s’occupa aussi de la question de faire venir un nouvel ecclésiastique pour l'enseignement des Belles-Lettres ; car il s'était présenté trois Alèves pour cette classe et M. Panneton qui, d'abord avait pensé à s’en charger lui-même, comprit bientôt qu'il aurait assez à faire que d'exercer une surveillance générale et attentive sur toutes les classes, et de remplir sa charge de directeur. Sur l'avis du ‘“ Conseil, ” M. Louis Pothier, ecclésiastique de troisième année fut prévenu, par ordre de Mgr Cooke, de venir immédiatement, avec armes et bagages, au Collège des Trois-Rivières pour y professer les Belles-Lettres. La nomination de M. Pothier complétait le personnel des professeurs ecclésiastiques, tel qu'il fut constitué la première année.

Cependant à cette liste des professeurs, il faut encore joindre le nom de M. G. W. Lawler, laïque protestant et professeur d’une académie indépendante, qui fut chargé de la lecture anglaise au cours latin. Enfin M. Elisée Panneton.

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