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APPRÉCIATION GÉNÉRALE DE LA TROISIÈME ANNÉE

L'afiliation du Collège à l'Unive rsité-Laval constitue le fut capital de la présente année scolaire. Désormais les études auront un stimulant énergique et toujours en permanence, Chaque classe aura, dans ses premiers élèves, des éléments d'activité et de bon vouloir qui tiendront à honneur à ne pas rester trop inférieurs aux élèves des autres collèges. Cette émulation contribuera beaucoup à donner du ton à la classe et à

en relever le niveau. Déjà l’année qui venait de s’écouler avait conmencé à montrer ce résultat.

Au point de vue intellectuelle, le succès avait dépassé les espérances, et naturellement la conduite morale avait été en harmonie avec l'application ; car, c'est un fait constaté par une expérience journalière que les succès intellectuels sont à peu près incompatibles avec une conduite déréglée. D'un autre coté, l'affiliation et les concours du baccalauréat, en dévoilant au public la force des études, seront d’un puissant secours pour combattre les préjugés et fermer la bouche aux ennemis. Ce sera pour le Collège un nouveau point d'appui pour braver ls tempêtes nouvelles qui se préparent contre lui. Déjà, la crise financière semble menacer ; les dépenses plus considérables nécessitées par l’affiliation vont la précipiter. Cependant on cherche à la pallier le plus possible. Le rapport ofliciel du secrétaire-trésorier constate une augmentation notable dans la

E dette passive. Le chiffre de cette dette double même celui de

l'année dernière, et il reste encore bien au-dessous de la réalité.

Ce ne fut pas sans un dessein particulier de la Providence, qu'au milieu des nouvelles épreuves qui l’attendaient et pour traverser cette période si critique de son existence, le Collège des Trois-Rivières put trouver, dans le fait de son affiliation à l'Université-Laval, un principe de vitalité et de force capable de le sauver.

L'année qui venait de s'écouler avait vu réunis sous ke toit du Collège cent huit élèves: à savoir, 27 nouveaux ‘1 8] anciens.

Au commencement de l’année, 31 anciens manquaient à l'appel. L'un d'eux, Thomas Normand, fils de M. Edouard Normand, s'était noyé en se baignant dans le Nt-Maurice à quelques pas de la résidence de son père, vers le milieu du mois d'août 1862. Deux autres, Pierre Doucet et Octave Brunelle, que la maladie avait forcés de quitter le collège, suc combaient quelques mois plus tard sous les étreintes de mort, le premier au mois de décembre 1862, le second au mox de mars 1863. Tous les autres s'étaient dispersés dans l'agriculture, l’industrie et le commerce.

Les élèves de l’année étaient réparties dans les classes selon les nombres suivants : en Philosophie 3, en Rhétorique &, en Belles-Lettres 11, en Troisième 9, en Méthode 24, en Nyntax 23, en Eléments 28, au Cours commercial 2, total 108.

Il y avait 17 pensionnaires, 67 quart-pensionnaires et 2 externes. Les élèves de la ville étaient au nombre de 62, trente: sept appartenaient à différentes paroisses du diocèse des Trois Rivières, les neuf autres venaient de diverses autres parties de la province de Québec, en particulier de Sherbrooke et de ses environs.

Le rapport du secrétaire-trésorier accusait un revent annuel de $3,633.00 et une dépense annuelle de $3,835.00. Le chiffre de la dette était porté à $700, mais en réalité 1l dépar sait $1,700.00.

En dépit des raisons et des motifs qu'on invoquait pour faire augmenter l'allocation du gouvernement, celle-ci alla

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diminuant, en proportion du nombre toujours croissant d’institutions nouvelles. L'idée qui prévalait chez ceux qui controlaient les octrois était celle-ci: ‘“Qu'une institution a * d'autant plus de titres à une allocation considérable qu’elle “est plus importante et plus ancienne. L'on n’a pas à exa- ‘miner ses besoins pour s'assurer s'ils sont réels, ni ses “ressources ordinaires pour constater si elles sont suffisantes ‘ou non.”

Auprès de telles personnes, la corporation du Collège des Trois-Rivières était fort mal venue de demander que son allocation fut au moins aussi considérable que celle du Séminaire de Nicolet. Pour l’année courante, le Collège reçut S387.57. Ce n'était done pas sur une pareille ressource qu'il fallait compter pour liquider les dettes.

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