ILES VACANCES
Vers la fin du mois de juillet 1863, M. P. Hubert réuni les membres de la corporation pour leur soumettre ses notes historiques et les comptes du Collège. Nous avons déjà vu précédemment, comment fut apprécié par ses collègues, le
résumé historique de M. Hubert. Quant ,à ses comptes, il y avait mis tant de soins, une exactitude si grande et une honnôteté si scrupuleuse, qu'il aurait été impossible d'y trouver le moindre défaut, s’il fut convenu d'avance avec ses collègues des honoraires qu'il devait se payer à lui-même comme secrétaire-trésorier.
Maintemant il s'élevait des difficultés assez sérieuses à propos de cet item, et la situation était aggravée par le retard même que M. Hubert avait apporté à faire sa reddition de comptes. Tous les membres de la corporation admettaient cependant que le secrétaire-trésoner avait droit à une rémuntration convenable pour le temps qu'il avait consacré à la ges tion des affaires de Ja maison, à la correspondance avec les parents, à la collection des comptes, aux entrées dans les livres, ete ; mais ils n'étaient pas d'accord sur le montant à lui payer. Les uns trouvaient juste et raisonnable le percer tage de sept pour cent que M. Hubert avait pris sur les
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recettes et ils voulaient lui continuer sa charge dans les mêmes conditions ; les autres au contraire trouvaient ces honoraires trop considé ables, eu égard aux moyens de l'institution, et ils désiraient une plus grande économie dans l'administration : car, déjà les embarras financiers commençaient à se faire sentir et le bilan des affaires de ces trois années accusait un déficit considérable,
Après plusieurs séances orageuses, la corporation finit par adopter une résolution approuvant l’ensemble des comptes du secrétaire-trésorier, mais désapprouvant l'item de ses honorares et réduisant ceux-ci à un salaire annuel de cent vingt pastres. Ces difficultés fort regrettables amenèrent la retraite de M. Hubert et elles eurent pour effet de diminuer considérablement les forces de la corporation, en introduisant parmi ss membres des causes de division. Ceci se passait le 15 du mois d'août. À cette même assemblée, M.J. N. Bureau fut
| appelé à succéder à M. Hubert comme secrétaire-trésorier et 11
accepta cette charge sans vouloir exiger d'honoraires. Le 17 aout suivant, l'incident fut clos par l'entrée de M. J. E. Pan-
neton Ptre dans le Conseil de la corporation. Jusque là, M. Panneton assistait assez régulièrement aux assemblées ; mais n'y avait que voix consultative. Désormais, il y occupera une place plus en harmonie avec sa charge de directeur, etqui lui permettra de servir plus eflicacement encore les mtérèts du Collège.
lendant que ces orages éclataient au sein de la corporation, un incendie épouvantable dévorait presque tout le principal quartier commercial des Trois-Rivières. Dans la nuit du 15 août, vers onze heures, le feu se déclarait dans un des hangars situé dans l'angle sud-ouest des rues Craig et du Platon, et en quelques heures, il reduisait en cendre les deux carrés formés par les rues ‘ Notre-Dame, ” “ Craig ” et du “Fleuve ”” d'une part et les rues du “ Platon et St-Antoine ” d'autre part. Cet incendie ruinait une vingtaine de nos meilleurs commerçants et avait pour contre-coup nécessaire,
l'eflet de retarder pour longtemps les secours que la corpora-
ton du Collège voulait demander à la ville.