I[—LES PREMIERS MOIS
La rentrée des élèves eut lieu le 9 septembre, et cette fois ce fut M. Panneton qui agit comme trésorier, au lieu et place de M. J. N. Bureau qui ne s’inquiéta pas davantage de h nouvelle charge qu'il avait acceptée et promis de remplir gr tuitement. Cependant, il garda pendant deux ans le titre d | secrétaire-trésorier, avec la responsabilité de l'administration
financière, sans toutefois en prendre d’autres soucis que celui d'intervenir dans les rares occasions où la corporation avait:
agir légalement.
Le lendemain de l'entrée, Les élèves faisaient connaissance avec leurs nouveaux professeurs, et étaient pourvus de livra et de fournitures scolaires, en sorte que les travaux fur aussitôt mis en marche. Les classes de Rhétorique et de Philo sophie furent cependant quelque peu retardées, à cause de lab: sence de leurs professeurs qui durent aller à Nicolet pour fair leur retraite préparatoire aux Saints Ordres. Ce fut Le 19 et le 2) septembre que les ordinations eurent lieu. M. Pothier fl ordonné prêtre et M. Richard reçut successivement le sous diaconat et le diaconat. M. Alfred Smith reçut également, ces jours-là, le sous-diaconat et le diaconat, et huit jours plus tard, dans l’église de sa paroisse, à la Baie du Febvre, il re
“ait la prêtrise. M. Smith fut nommé vicaire à la Rivière-du Loup.
M. Pothier vint dire sa seconde messe à la communatt trifluvienne dont il restait l’un des professeurs. Cette cr constance parut aux élèves digne d'être commémorée par ul grand congé. M.le directeur en jugeait de même, mais h:] voulut qu’on attendit après l’ordination de M. Smith, afin à célébrer par une seule et joyeuse fête ces heureux évènements
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Dans la seconde semaine qui suivit l’arrivée des élèves, M le directeur leur fit donner la retraite annuelle par Île Rey. P. Braun, de la compagnie de Jésus. La clôture des exercices eut lieu le 27, jour même de l'ordination de M. Smith. Le lendemain done, les élèves étaient préparés, omni modo, à prendre un joyeux congé, et c'est ce qu'ils firent, grâce à la bienveillance de M. le directeur qui le leur accorda très volontiers.
À quelques jours de là, les élèves de M. Smith avaient le plaisir de recevoir la visite de leur ancien et très estimé professeur. Avant d'aller prendre possession de son nouveau poste, il avait voulu revoir ses bons élèves et jouir de quelques heures de délassement au milieu de ses confrères et amis
du vieux manoir et du jeune collège.
Le douze octobre fut un jour de deuil pour les élèves trifluviens et en particulier pour les bons vivants. Ils apprenaïent, ce jour-là, la triste nouvelle de la mort d’un confrère qui, huit jours auparavant, partageait encore leurs jeux et leurs exercices. Daniel Loranger avait succombé, victime des fièvres tvphoïdes. Daniel ! oh ! que de souvenirs évoquera ce nom familier à tous les élèves de son temps! Veuillent tous ses anis auxquels il sera donné de lire cette page, accorder à leur confrère un souvenir dans leurs prières, en retour des heures Joyeuses qu'il leur a fait passer autrefois. Daniel fut un des premiers arrivés, lors de la fondation du Collège ; mais comme sonintelligence n'avait pas encore reçu d'autre culture que celle qui se donne dans les écoles élémentaires, il était un des derniers de la classe des éléments. Cependant, de mois en mois, d'années en années, il s'était élevé graduellement des derniers rangs de sa classe aux premiers ; et quand la mort vint interrompre soudainement ses études, il disputait fort avantageusement la première place à ses confrères de la Versification.
Nature rustique, mais couvrant une intelligence d'élite, écorce rude mais cachant un cœur d’or. Il était d’une gaieté et d'une originalité telle, qu'il monopolisait bien souvent les agréments des récréations. Nul doute que s’il eût vécu, ileut
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