‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 69 sur 217 · LES · texte numérisé non relu

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pu arriver aux premières positions de la société. Il est mort dans sa famille au Cap de la Madelaine, entouré des meilleurs soins et muni des consolations de l'Eglise. À cause du danger qu'il y avait de rapporter l'épidémie dans la communauté, M. le directeur ne voulut permettre qu'à un nombre limité de ses confrères, porteurs et chantres, d'aller lui rendre les derniers devoirs, en assistant à ses funérailles qui eurent lieu le 14 octobre, au Cap de la Madelaine.

Les réflexions sérieuses provoquées par la mort de Daniel Loranger ne furent pas sans quelque profit pour ses jeunes confrères.

En effet, rien n'était plus propre à leur rappeler le néant de la vie et de la santé, aussi bien que l’impitoyable audace de la mort qui ne craint pas de s'attaquer aux jeunes gens dont la vigueur et les forces semblent plus capables de la braver impunément. Done le contre-coup de cette mort si imprévue, fut d’inspirer à tous une crainte salutaire des jugements de Dieu et de les engager à remplir avec plus d'exactitude tous leurs devoirs, enfin de favoriser l'application et Les succès, en éloignant des esprits bien des frivolités et des causes de distractions et d’insorbordination. (C’est ainsi que passèrent la dernière quinzaine d'octobre, le mois de novembre et une bonne partie du mois de décembre.

Cependant, le 18 octobre, jour anniversaire de la consécration épiscopale de Mgr Cooke, les élèves virent se dérouler sous leurs yeux les imposantes beautés d'une messe pontificale. Cette année, cet anniversaire tombant un dimanche, fut solennisé avec une pompe inacoutumée. Ily eut grand sermon de circonstance donné par Monsieur OC. O. Caron, Vie. Gen. Le talent oratoire de Monsieur le vicairé général était alors dans toute sa force et dans tout son éclat.

Le chef-d'œuvre d’éloquence qu'il servit en cette occasion à son auditoire, était bien de nature à grandir encore sa renommée, et ceux qui eurent la bonne fortune de l'entendre n’ont pas encore oublié ce triomphe de la chaire.

De l'anniversaire de la consécration de l’évêque à la fête

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de son patron, il y avait tout juste deux mois. Rien dans cet intervalle, ne vint distraire les élèves de leurs travaux et de leurs exercices journaliers. Neuls les professeurs eurent la douleur d'enrégistrer la mort d'un ancien confrère et ami, M. Cléophas Gouin, Ptre, succombait le 28 octobre, à une maladie de poitrine et il était inhumé à la Baie du Febvre, le 31 du méme mois.

Vers cette époque, M. À. Boucher qui donnait des lecons de violon à quelques élèves, eut l’idée d'organiser parmi eux un petit orchestre. Ce fut l'origine de la première société musicale du Collège, dans laquelle entrèrent Louis Garceau, Thomas Desaulniers, Edmond Grenier et Jos. Hamel. Les succès obtenus par nos musiciens, dès leurs premiers essais, leur amenérent bientôt de nouvelles recrues ; Edm. Panneton, Narcisse Martel, J. B. Bélanger, O1. Camirand, Chs. Olivier, Jules Hardy et À. Lanouette. Parmi ces derniers se trouvaient des joueurs de flûte, de piccolo, etc, et bientôt l'orchestre fut assez complet pour pouvoir interpréter de jolies compositions. Désormais ce petit corps de musique aura sa place dans toutes nos fêtes coégiales.

La fête de NS. Thomas provoqua, cette année, des préparatifs un peu extraordinaires ; car, contrairement à ce qui s'était pratiqué les années précédentes où les élèves étaient allés présenter leurs hommages à Monseigneur dans son palais mème, cette fois, Sa Grandeur porta la condescendance jusqu'à venir à eux au Collège, pour entendre l'expression de leurs respectueux sentiments et de leur filiale affection.

Done le 16 décembre au soir, Mgr Cooke accompagré d'un nombreux clergé vint faire visite à la communauté, où il fut reçu d’abord par le salut de la compagnie sous les armes. Entrant ensuite dans la salle de récréation qu'on avait décorée pour la circonstance et ornée d'inscriptions, il y reçut les adresses des élèves. Après la première adresse en prose présentée par M. Em. Guilbert, élève de Rhétorique et à laquelle Monseigneur répondit avec beaucoup de bonheur et de succès, un jeune élève vint débiter une petite poésie de circonstance,

ati

M4] ER pi |. 4 sm TON ve EH vt k dans laquelle était formulée l'importante demande du grand g | à congé. P EE |: En présence d'une requête aussi poétiquement exprimée, > DELL Mgr ne songea même pas à la faire seconder par une nouvelle x: demande en latin, ainsi qu'il l'avait déjà exigé antérieure- <? F1 ment ; le congé fut gracieusement octroyé et bruyamment q' applaudi. Pour terminer la fête, le chœur des élèves chanta LE un petit morceau de circonstance et Mgr retourna chez lui. “a escorté de nos miliciens. Le lendemain soir, après les ébats d'un ” LI ik grand congé, il ne restait plus de cette fête qu'un agréable sh |! souvenir, et la communauté rentrait de nouveau dans Île 7 || calme de l'étude et la régularité de ses exercices. sa || Mais les fêtes religieuses de la naissance et de la Sainte Ce Enfance de Jésus étaient là, tout près, pour apporter à leur n'a tour des délassements pleins de suavité et de religieuse pa: douceur aux intelligences fatiguées de l'étude et ennuyées de | la monotonie de la règle. Elles étaient là surtout, pour donner “à | aux âmes chargées du poids des misères humaines et entrai- aff. | | nées par la violence des passions du jeune âge, le loisir d'aller Eli l | à Jésus pour être soulagées. Venile ad me omnes qui laboratis et fat onerali eslis et ego refiriam vos ! ui IV—EX 1864.

d'o Le jour de l'an passa sans bruit, ramenant dans le Collèg» vict | les scènes accoutumées et provoquant les mêmes souhaits du dan bon vieux temps. Mais les fêtes de Noël une fois closes, l’at- les [1 tention des élèves se porta toute entière sur les examens du ladi | | semestre qui s'avançalent rapidement, et pour le succès que desquels il leur fallait donner une application plus qu'ordinaire. En effet, M. le directeur voulant relever le niveau des et d classes, afin de n'avoir pas trop de déception avec ses rhétori- ton: ciens dans les concours du baccalauréat, avait prévenu les qui élèves qu'il serait plus exigeant que de coutumé dans les le 1 +1 examens. Illes commença donc vers la fin de janvier, et il affed

les continua sans interruption jusqu'à la dernière matière de la dernière classe. Aïnsi qu’il s’y était attendu, le résultat

général donna des notes relativement mauvaises. Hélas ! pourquoi faut-il que l'histoire aille fouiller dans ces vieilles archives, pour redire aux élèves futurs les faiblesses de leurs dévanciers ? C'est pour l'instruction des étudiants actuels, c'est pour leur rappeler la nécessité de bien employer le temps qui leur est donné, et l'impossibilité de jamais réparer celui qu'ils perdent souvent avec tant d’insouciance. Voici donc les moyennes données par chacune des classes: Philosophie bien, Rhétorique bien, Belles-Lettres bien, Versification satisfaisant, Méthode bien, Syntaxe satisfaisant, Eléments satisfaisant. La moyenne générale donnait encore, malgré tout, la note BONNE, mais elle était trop voisine de la note simplement SATISFAI- SANTE, pour que le préfet pût se réjouir d’un pareil résultat. Cependant si faibles que furent les succès de cet examen. ils n'apportèrent aucune déception à M. Panneton qui n'avait pas osé espérer davantage.

Pendant que les élèves subissaient les épreuves des examens, la mort entrait à l'évêché et enlevait aux plus chères affoctions de notre vénérable évêque, sa sœur dévouée, Delle Elizabeth Cooke qui demeurait avec son frère depuis la nomination de ce dernier à la cure des Trois-Rivières. lle fut enterrée le 3 février.

Quelques semaines plus tard, le 16 mars, c'était le curé d'office, Messire J. B. T. Toupin qui succombait à son tour, victime de sa charité. Il avait contracté des fièvres malignes dans la visite des malades, et n'ayant pas pris immédiatement les soins convenables, il mourut après quelques jours de maladie seulement, dans toute la vigueur de l’âge. Il n'avait que trente-trois ans.

Prêtre zélé et prudent, doué de beaucoup de connaissances et d’une grande vertu, il remplissait sa délicate et importante fonction de curé d'office avec un grand succès. Mgr Cooke qui avait été plus en état d'apprécier les éminentes qualités et le mérite de son curé d'office, fut très sensible à cette perte qui affectait en mème temps tout le clergé diocésain.

Inutile de dire que la communauté fit tout ce qu’elle put

pour donner de l'éclat aux funérailles de ces deux membres de la famille intime de Monseigneur, afin d'adoucir un peu, par ces témoignages de sympathie, l'amertume de ces cruelles séparations.

Le mois de mars devait cependant donner en spectacle aux élèves trifluviens autres choses que des convois funèbres

et de tristes événements. Des fêtes plus agréables, des scenes

plus riantes devaient aussi y prendre place. D'abord, ce fut le 5 au midi, une grande revue militaire faite à notre compagnie par le Major Smith. On se rappelle que l'organisation de notre corps de soldats ne datait que du mois de juin précédent. De plus, comme nous n'avions pas au Collège un local assez vaste pour les parades, depuis le commencement de l'hiver, notre compagnie avait été obligée d'aller prendre ses exercices à la grande salle du vieux marché, et naturellement le temps qu'elle y pouvait consacrer se trouvait diminué de tout celui qu'il fallait prendre pour l'aller et le retour. Cependant, le major Smith ne put s'empêcher de louer nos soldats de la précision et de l’ensemble de leurs mouvements, et il parut émerveillé des progrès étonnants qu'ils avaient déjà faits. Cette visite eut pour effet de stimuler davantage leur ardeur mnilitaire, et de les faire suivre avec plus de zèle et de plus de bonne volonté encore les leçons de leur instructeur.

Cette fête militaire fut immédiatement suivie de la douce fête de notre Saint Patron, laquelle fut solennisée avec grande pompe à la cathédrale, le quatrième dimanche du carême qui tombait cette année le 6 mars. Dans les honneurs qu’elle rendait à N. Joseph, la communauté trouvait une digne émule dans la société appelée “ Union St-Joseph. ” En combinant leurs efforts, elles faisaient de la fête de leur Patron commun une des plus grandioses qui se célébrassent sous les voûtes de la cathédrale. “L'Union St-Joseph” se chargeait de la décoration de l’église et des autels, de l’offrande d’un pain bénit extraordinaire ete. La communauté prenait pour lot, le chant et les cérémonies, et elle s’efforçait d'harmoniser le tout ave: la maguificence des décorations De cette manière, la solennité de St-Joseph prenait, chaque année, la proportion d’un

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| . événement religieux auquel s'intéressait toute la population ; mt : | trifluvienne. “at + We” ru De s Le lendemain de la solennité religieuse de St-Joseph, les ne | élèves célébraient, dans la salle de récréation du Collège, la 4 su s e fête plus intime de leurs directeurs, par une grande soirée Pa & dramatique et musicale à laquelle étaient conviés les messieurs " du clergé, les membres de la corporation, les parents et amis it | de M. Panneton et de M. Héroux. Les adresses, les morceaux Te 1- de chant, la musique d'orchestre, le drame, tout fut exécuté F. er, n avec une perfection et un entrain tel, que cette fête collégiale + . est restée une des plus brillantes et des plus agréables qui se do: il soient jamais données dans les salles du vieux Collège. . Le Le grand drame de Lévéque qui a pour titre * La Maré- Li DICTION ” formait la partie principale du programme de la soi- F rée, et bien que plusieurs acteurs en fussent à leur début, cette té pièe difficile fut interprêtée avec grand succès et de manière o LE à intéresser l'auditoire d'élite réuni autour de nos bien-aimés OS directeurs. Les rôles de Don Vasco de Gomez par Mag. McLeod, LS, d'Alonzo par G. Turcotte, de Tarick par E. Dupont, de Pédrille Jà par Edm. Lemay n'eussent pu être mieux rendus, et maintes W fois, ces acteurs provoquèrent les applaudissements et les le bravos.

À quelques jours de là, un autre événement aussi grave tai qu'inattendu se passait encore au Collège. M. Ls. Pothier le Ptre, professeur de Rhétorique, quittait l'institution et était xl nommé vicaire à La Baie du Febvre, avec la desserte de la ù paroisse de Nt-Zéphirin.

" rs Personne autre que Messieurs les directeurs peut-être ne Lo soupronnait ce départ, et chacun de se demander quelle cause ja extraordinaire avait autorisé cette étrange décision des supé- "A je rieurs !... Il était vrai que l'évêque avait grand besoin de it | sujets pour le ministère, et qu'on pouvait peut-être lui repro- à it cher de laisser quelques paroisses en souffrance pour favoriser 7: V son Collège ; il était vrai aussi que le traitement à donner i. à trois prêtres devenait pour la corporation une charge n {ort lourde, vu l’état si précaire de ses finances ; il était encore

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vrai que M. Pothier n'avait pas assez caché son opposition à l'afiliation et au mode des examens universitaires et M Panneton pouvait peut-être craindre de compromettre, à Ja première épreuve sérieuse les chances de succès de ses élèves, en les laissant entre les mains d'un professeur un peu trop indifférent, Quoiqu'il en soit de ces conjectures qui sont toutes également plausibles, la cause du départ de M. Pothier est restée le secret de Mgr Cooke et de M. Panneton.

Mais pour les autres prolesseurs, ses confrères, ce fut un dur sacrifice que cette séparation inattendue. En effet, M. Pothier était venu se joindre à nous, dés les premiers jours du Collège. Nous y avions travaillé de concert depuis près de quatre ans. Nous avions partagé peines et joies, soucis et labeurs. Par la gaieté de son caractère et l'eniouement de sa conversation, 11 n'avait pas peu contribué à combattre nos ennuis des anciens jours, et à rendre agréables nos récréations particulières et nos rapports intimes.

M. Pothier accepta sans murmure la position nouvelle que la Providence Tui ménageait par la volonté de son supérieur, et cet acte d'obéissance prompte et respectueuse attira sur son ministère des bénédictions si abondantes que, dès la Nt-Michel 1865, Mgr Cooke Î[e nommait à la cure de Nt-Médard de Warwick où tout était à créer. Sous son habile administration, cette belle paroisse à grandi rapidement, et aujourd'hui elle est dotée d’une magnilique église en pierre, d'un bon presbytère et d'un joli couvent tenu par les Révérendes Nœurs de l’Assomption.

Mais en homme de cœur, M. Pothier n'a jamais oublié le Collège des Trois-Rivières. Depuis qu'il l'a quitté, 11 n'a jamais cessé de s'intéresser à ses succès et de s'afliger de ses revers. Quand les circonstances le ramènent sous notre toit, il est toujours tout émerveillé des accroissements prodigieux du petit collège d'autrefois et il est fier de rappeler qu'il fut un des premiers ouvriers appelés à y travailler.

Le mois de mars, commencé avec les solennités de. Joseph et finissant avec les fêtes de Pâques, avait vu se dé-

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Au dehors, des événements publics considérables s'étaient aussi produits. Les sphères politiques étaient toujours tourmentées ; les ministères se succédaient à de courts intervalles et ils se relevaient toujours de plus en plus faibles. Nos hommes d'état bas-canadiens luttaient avec énergie et persévérance contre les empiétements et les persécutions de leurs collègues du Haut-Canada. De là, ces crises ministérielles si fréquentes et si prolongées. Le 21 mars, c'étaient MM.K. MeDonald-Dorion qui céduient leurs portefeuilles à MM. E. Taché, J. A. McDonald. Ce dernier ministère était lui-même usé au bout de deux mois et il fallut le raccommoder lors de la clôture de la session.

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