‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 78 sur 217 · US · texte numérisé non relu

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âprés avoir confié ses livres de comptes à Mr Richard, Mr Héroux s'embarquait, plein de confiance et de joie, pour aller visiter le pays des antiques inerveilles et des grands monuments de l'histoire. Pendant quelques mois, la communauté va voyager en quelque sorte avec Mr Héroux, par la commuuication que Mr le directeur voudra bien lui faire des lettres de son confrère et ami. Elle traversera l'Atlantique pour aborder à Liverpool, visiter Londres, Paris, Lyon, Marsville Rome, Naples, Lorette, Vénise, Gènes, Toulouse, Lourdes

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Arrivé à Rome le 14 déembre, Mr Héroux eut une audience privée auprès de lmmortel Pie IX, le 3 janvin suivant, et il en obtint des faveurs extraordinaires pour lui. pour ses confrères du Collège des Trois-Rivières, et pour toute la communauté. Ainsi. les indulgences plénières dont bénélicieront perpétuellement tous les membres du Collège des Trois-Rivières, directeurs, professeurs, élèves et serviteurs, et qui ont été fixées par Mer Cooke, l'une à l'Immaculée Con: ception de la B. V. M.et l'autre au Patronage de K. Joseph sont une des faveurs que Sa Kainteté à si bénignement accor-

dées à Mr Héroux.

Comme si on eut eu un pressentiment du deuil qui allait bientot se répandre sur la communauté, la fête de Mgr Cookc fut anticipée de toute une semaine et fut chômée le 14 décembre, par une petite fête intime donnée au Collège sur les cinq heures du soir. C'était le jour même où Mr Héroux arrivait à

Rome.

[V—-MorT DE L'HON. J. E. TURCOTTE.

Le 20 décembre suivant, la mort moissonnait un citoyen à la fortune duquel s'étaient trouvées intimement liées l'origine et l'existence du Collège : L'Honorable Joseph Edouard Turcotte succombait prématurément à une maladie grave, causée par ses nombreuses et très importantes occupations fl n'eut pas, avant de mourir, la satisfaction de voir le Collège

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qui avait été en quelque sorte son œuvre propre, dans un état bien rassurant de prospérité et de stabilité. Au contraire, les finances de l'institution se trouvaient gravement compromises etson crédit presqu'entièrement ruiné. Et la maison elleméme ne possédait pas même un coin de terre où elle put placer un souvenir qui rappelàt son fondateur.

Cette mort fut un grand deuil pour toute la communauté et en particulier pour les membres de la corporation dont il avait toujours été le président dévoué et actif. Nes funérailles eurent Heu le vendredi, 23 décembre, et elles furent fuites avec toute la pompret toute la solennité dues à la ménoire de ce grand citoyen qui emportait dans la tombe les regrets de tous ses compatriotes et les bénédictions des élèves trifluviens.

La vis de M. Turcotte est aujourd'hui du domaine de l'histoire. Elle sera sans doute jugé: diversement, selon les points de vus divers sous lesquels L+ p'rsonnag: s:ra considéré; car sa vie politique ne fut pas sans fautes. Mais tous admettront t'il u beaucoup aimé la ville des Trois-Rivières et qu'il a travaillé activement et efficacement à ses progrès et à son embellissement. Quant au Collèce, il ne s'élèvera junais le moindre doute sur la part importante que M. Turcotte à prise à sa fondation et sur l'intérèt qu'il lui a toujours porté. Nans doute que, si sa fortune eut été en harmonic aves les sentiments de son grand eœur, il n'aurait pas manqué de lui faire une magnifique fondation. Mais la vérité est que les sacrifices pécuniaires qu'il a faits pour l'institution ne sont pas aussi considérables qu'on pourrait raisonnablenent le supposer. D'après les comptes du procureur, ses avances à la maison, en don pur et simple, ne dépasseraient pas la somme de cinq cents piastres. Car ilne faut pas oublier que le Collège lui remit en pension ou en instruction à ses deux fils, à ses deux neveux et à d'autres élèves qu'il protéseat, la plus grande partie des déboursés qu'il avait faits pour l'achat des livres de la bibliothèque et pour les frais d'installation, lors de l'ouverture de la maison. Tout de même, les secours moraux qu'il lui a rendus, sont trop grands pour

apprécier, et ils lui vaudront tou:

jours la gloire de partager avec Mgr Cooke le titre de “ rox. DATEUR DU COLLÈGE."

qu'on puisse aisément les

do Voici du reste la reconnaissance officielle par les autorités

collégiales des services rendus à l'institution par l'Hon, JE

Tuarcotte :

Extrait du

page deux :

registre des délibérations de la corporation

La justive et la reconnaissance nous font un devoir de

‘“ noter ici que là plus grande part de mérite dans l'établis- | * sement du College des Trois-Rivières, revient d: droit à l'ho- ®norable Monsieur Turcotte.

* C'est par ses talents, son activité et sa grande influence “en Chambre qu'ila pu obtenir l'éacorporation Au Collège et un ‘* octroi suffisant pour rencontrer les dépenses des premières an- ‘* nées, [] ne s'est pas contenté de cet appui moral qui lui a coût “ {6 beaucoup de fabeurs et de fatigues ; il a de plus contribué de ‘* ses deniers au soutien de l'établissement, soit en protégeant

“ des élèves pauvres, soit en avançant de l'argent pour paver ‘les libraires, soit en faisant même des dons pécuniaires.”

Plus loin, page onze, en notant sa mort, on dit : * Au “ mois de décembre, la corporation eut à déplorer la mort de ‘son président l'Hon. M. Turcotte qui, par son influence ei ses libéralités, avait tant contribué aux rapides succes de “ l'institution.”

| Vers cette époque, où peu avant la mort de M. Turcotte

quelques membres de la corporation, alarmés de la tournure mauvaise que prenaient les finances du Collège, et effravés peut-être de la responsabilité plus directe qui allait peser sur leurs épaules par suite de la mort du président, donnèrent le démission. De ce nombre furent Monsieur le juge Polette et M. E. M. Hart. En même temps, M. Napoléon Bureau donna sa résignation comme secrétaire-trésorier, ce qui donna lieu à l'entrée de M. Héroux dans la corporation et à sa nomination

comme secrétaire-trésorier.

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