II—ORGANISATION GÉNÉRALE
Les professeurs, prévenus d'avance, vinrent prendre leu poste, mardi, six septembre, veille de la rentrée des élèves. et l'organisation se fit avec les dispositions suivantes ;
Monsieur l'abbé J. KE. Panneton, Ptre, directeur des élèves et préfet des études.
J. N. Héroux, Ptre, dir. des ecclésiastiques. professeur de Théol. et procureur Ls Richard, Ptre, professeur de Philosophie et de Mathématiques.
Chs Lemire, Ecel., professeur de Rhétorique.
“ Ls Côté, Eccl. professeur de Belles-Lettres, * On. St-Cyr, Ecel, professeur de Versification. Ph. Brassard, Eccl., professeur de Méthode.
AL. Delphos, Eccl, professeur de Syntaxe Pierre Champagne, HEeccl. professeur des Eléments.
lrénée Bourque, Ecel., premier régent.
“Pierre Roberge, Ecel., second régent.
Monsieur Riopel, aie : professeur d'anglais et du Cours cor
On remarque beaucoup plus de changements que de “outume dans le personnel. En effot. le départ de MM. Is. Pothier, J-Bte Marcotte, Ths. Quinn, Ths. Fréchette et G. W. Lawler, avait nécessité la nomination de plusieurs nouveau x professeurs et le déplacement de la plupart des anciens, On 4 déjà fait connaître le départ de M. Pothier. MM. J-Bte Marcotte et Ths. Quinn allaient à leur tour entrer prochainement
dans le saint ministère. Quant à M. Fréchette ilse retira 9°
dans sa famille pour prendre du repos et tâcher de refaire une santé qui menaçait de labandonner tout à fait. (a)
AT M. Panneton n'est plus tenté de quitter sa chambre, depuis que M. Héroux l'a fait réparer et garnir de chassis:
doubles.
Egalement M. Héroux passera le reste d: son séjour au Collège dans la chambre qu'il vient de se préparer. M. Richard remplacera M. Héroux dans la chambre de l'angle nord
Ce sera à la fois, sa chambre à coucher, sa classe et sa salle
d'exercices pour le chant.
IIÏ—LE PREMIER NEMESTRE.
Le mois de septembre 1864 fut particulièrement remar-
quable par le nombre de prètres qu'il vit se consacrer au ser vice de l'Eglise trifluvienne. D'abord, le 18, à Kt-Thomas de Pierreville, ce fut M. Thomas Maureault qui fut ordonné prètre chez son oncle et son bienfaiteur, Messire J. Maureault
Ptre, curé de cette paroisse.
Puis le 25, au Séminaire de Nicolet, ce furent MM. J-Bte Marcotte, Ls Richard, This Quinn, Aimé Masson, Norbort Ouellet, et Ag, Moreau.
Enfin, le ler octobre, dans l'église de Nt-Célestin, chez son protecteur et ami, M. l'abbé C. Marquis, ce fut M. Robert Walsh qui vint clore cette magnifique série d’'ordinations au
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Parmi ces nouveaux prêtres, le Collège des Trois-Rivieres
Î (a) Plus tard, M. Fréchette se rendit aux Iles de la Madeleine pour demander à l'air vivifiant de la mer un remède à l'épuisement de ses forces. Ce fut peine perdue plus que cela, le climat étranger Jui fut fatal et quelques semaines après être aurivé aux Iles il descendit dans la tombe, le 3 oct, 1867. Le Journal des Trois-Rivières du 29 octobre 1867, en donnant sa notice biographique, l'apprécia comme suit : + Dans tous les colléges où M. Fréchette a enseigné et notamment aux Trois-Rivières, il était considéré par ses supérieurs comme un professeur distingué. Il avait une aptitude spéciale pour faire progresser ses élèves et il excellait à leur inspirer l'amour de l'é-
tude....M. Fréchette était doué de précieuses et aimables qualités. IL était d'une piété exemplaire. Sa bonté lui gngnait tous les cœurs. Son caractère quoique positil et sérieux était cependant affable. Les élèves se montrèrent toujours pleins d'estime et d'affection pour lui. Sa mort prématurée sera vivement regrettée par tonus ceux qui le connurent. ”
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re ue comptait trois de ses professeurs. L'un d'eux, M. J. Bte |
Marcotte, lui avait donné quatre années de services, et il SES s'était signalé par sa vigilante attention à aider le directeur NT re, de- dans la charge importante d: régent, et par son habilité à
hassis- conduire les élèves ; un autre, M. Ths Quinn l'avait servi
pendant trois ans, en dirigeant successivement les elasses our au d'Eléments, de Syntaxe et de Versification ; le troisième com-
M. Rile nord
mençait sa cinquième année de professorat, sans se demander si cela finirait jamais. Cependant, quelque grand que fût le dévouement de ee dernier au Collège des Trois-Rivières, ce fut un dur sacrifice pour lui, que d’avoir à se séparer de ces deux confrères et amis, ouvriers comme Jui de la première heure, derniers compagnons des travaux et des loisirs, des peines et des consolations des anciens jours, et qui s'en allaient servir
| salle
remar- l'Eglise dans l'exercice du saint ministère, le premier comme au SoT- vicaire à Nt:Maurice, le second comme vicaire à Nt-Thomas de |
nus de Pierreville.
donné Au lendemain de la grande ordination du 25 septembre, areanit les élèves trifluviens voulurent partager, dans la joie d'un
erand congé, le bonheur qu'avaient goûté leurs trois profes- I. J-Bte soeurs én montant pour la première fois au saint autel. Il
Norbert
faut croire que leur requête était gravement motivée, puisque Monsieur le directeur se rendit assez aisément à leurs désirs. hez son À la Si-Michel de cette même anné:, Mgr Cooke appela à la cure des Trois-Rivières, en remplacement de feu M. Toupin, Monsieur l'abbé C. F. Baiflargeon, alors curé de Nt- Germain de Grantham. Ce bon curé, comme tous ses conlreres, s'était montré hostile à la fondation du Collège des Trois-Rivières. Il était en conséquence fort indifférent à ses
Robert
ions au
Yivicres
Les succès ou à ses revers : et, en arrivant dans sa nouvelle cure, Lada il prit l'attitude de la plus stricte neutralité, pour ne pas énstel blesser le sentiment publie de ses paroissiens et pour ménaivières, il ger ses affections personnelles Mais il ne put résister bien ape longtemps à l'évidence de l'utilité et de l'opportunité du Col-
ait d'une que positil s d'estimr:
S CEUX Qui
lese des Trois-Rivières, et nous verrons plus tard comment il est devenu le plus dévoué et le plus entreprenant de ses anis.
Les élèves eurent les exercices de leur retraite annuelle
pendant la seconde semaine d'o’tobre. Ce fut le Rev. l
“ Point, de la Compagnie de Jésus, qui en fut le directeur et le prédicateur. Au jour de la clôture qui eut lieu, le dimanche, 16e jour d'octobre, Mer Cooke conféra la tonsure cléricale à
| MM. Alexis Delphos, Pierre Champagne et Philémon Brassard, et les ordres mineurs à MM. Louis Coté et Chs Lomire, tous
professeurs du Collège.
Le 18 octobre, fête de N. Luc, jour anniversaire de Ja con- | | sécration épiscopale de Mer Cooke, fut un jour de fête extra:
ordinaire à raison de la double circonstance de cet heureux
anniversaire et de ses noces d'or comme prêtre que Mer
| Cooke célébrait en même temps. A lFévéché et au Collège, on remarquait un mouvement inaccoutumé et une aflluenve extraordinaire du clergé diocésain et étranger, Non seulement les amis les plus intimes et les plus dévoués de l'évêque
étaient accourus auprès de sa personne pour le féliciter et Jui
offrir leurs hommages, mais presque tous ses collègues de la
Province ecclésiastique de Québec étaient aussi présents à
cette fête.
La messe pontificale solennelle fut chantée par Mer C'ooke lui-même, et dans le chœur de la cathédrale on remar-
quait nos Neigneurs les évêques Baïllargeon, Bourget, Larorque, Guigues, Linch, Horan et Farell, les représentants des diocèses de Québec, Montréal, St-Hyacinthe, Ottawa, Toronto. | Kingston et Hamilton ; les supérieurs des principales maisons d'éducation du pays, notamment du Séminaire de Québec, de [| Montréal, de Nt-Hyacinthe, de Nicolet, des Jésuites ete. et presque tous les curés du diocèse des Trois-Rivières.
Le chœur des élèves, aidé de plusieurs des plus belles voix parmi les prêtres présents, chanta la messe royale et à l'otfertoire le magnifique morceau, Celi enarrant gloriam Dei.
LL Le banquet qui suivit la messe fut donné dans la grande |! salle de l'école des Frères et fut servi par les Dames de la ville.
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Dès lu veille au soir, les élèves du Collège avaient présenié leurs hommages à Monseigneur dans une adresse remplie des sentiments de la plus filiale afF:ction, mais avec une réserve pleine de délicatesse, Ils évitaient avec un soin extrème tout ce qui pouvait éveiller les moindres susceptibilités. Mgr Cooke sut également répondre avec un tact infiniment délieat et aucun des prêtres présents, fat-1l l'ennemi le plus déclaré du Collège, ne put trouver rien à redire. Pour la mème raison, on croit que Mgr Cooke pria ses collègues de s'abstenir d'aller au Collègs, en eette o:casion, afin de ne pas jeter d'ombre sur la fête, en econtristant par cette dimarche Jos nombreux amis de Nicolet qui se trouvaient présents.
Quoiqu'il en soit, Mgr Linch, évéque de Toronto, vint dans l'après-midi faire une très gracieuse et très honorable visite à notre communauté, et, dans une allocution pleine de finesse et de bons mots, il sut ainuser fort nos élèves. Avant de partir il voulut bien accorder un grand congé, en commé:moraison de sa visite.
Le fait qui produisit la plus forte sensation au sein de la communauté trifluvienne, après les noces d'or de Mer Cooke, fut le départ de Mr Héroux pour l'Europe. Depuis longtemps, ce Monsieur visait l’occasion favorable pour réaliser ce rève de sa vie. Un beau jour, apprenant qu: Mr Tas-hereau, Recteur de l'Université-Laval, partait pour Rome, Mr Héroux sS'offrit immédiatement pour l'accompagner et 1l fut agréé avec plaisir, car Mr le Recteur ne demandait pas mieux que d'avoir un compagnon de voyage. En conséquence, avant que la nouvelle eut encore transpiré au dehors, un matin, le 19 novembre, on apprit que Mr Héroux se mettait en route pour le grand voyage d’outremer et qu'il allait se rendre jusqu'à Rome !
Après avoir réglé les affaires les plus urgentes de la procure du Collège, celles surtout qui pouvaient plus tard donner lieu à quelques difficultés, (et 1l est à noter ici que, par une inspiration spéciale de la Providence, Mr Héroux voulut en particulier régler avant son départ le compte de Mr Turcotte,)