‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 81 sur 217 · CS LL PER SEAT ASE · texte numérisé non relu

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Au milieu de ces désastres, le Canada se vit, par dessus le marché, menacé sérieusement d’une invasion fénienne. Les compagnies de volontaires furent appelées sous les armes pour défendre la patrie. Le 26 avril, celle des Trois-Rivières partait pour la frontière. La ville fit une solennelle et brillante démonstration à ses enfants, à l’occasion de leur départ pour la guerre, mais, au milieu de cette fête, il y avait bien des cœurs qui saignaient, surtout ceux des mères de famille qui voyaient partir leurs enfants, peut-être pour ne plusles revoir. La compagnie du Collège alla saluer à leur départ nos soldats trifluviens, et leur souhaiter de brillantes victoires sur l’ennemi, un prompt et heureux retour.

L'événement saillant du mois de mai fut la fondation du Journal des Trois-Rivières, avec un ancien élève, M. Mag. McLeod pour rédacteur en chef. Le premier numéro parut le 19 mai. Désormais M. McLeod suivra attentivement les événements importants qui intéresseront son ALMA MATER, et il sera un témoin fidèle qui communiquera ces faits intéressants à ses confrères et amis, au fur et à mesure qu'ils se dérouleront sous ses Yeux.

Le 22 mai, la corporation adopta une décision fort importante, en réglant définitivement que le cours classique se complèterait, l'année suivante, par l’enseignement des sciences physiques. À cet effet, elle autorisa un emprunt pour l'achat des instruments rigoureusements nécessaires. La commande de ces instruments fut immédiatement remise aux messieurs du Séminaire de Québec qui voulurent bien s'en charger et qui de plus, s'engagèrent à nous procurer ces instruments pour la prochaine ouverture des classes.

Le 27 mai, les directeurs du Collège eurent la douleur tres-amère de donner un congé immédiat et indéfini à leur professeur d'anglais qui, nonobstant les avis charitables qu'on lui avait déjà plusieurs fois donnés, ne se conduisait pas de manière à donner satisfaction à ses supérieurs.

Il fut remplacé dans sa classe par M. J. Bte Lamothe, exlrère des Ecoles Chrétiennes qui, ayant passé plusieurs

[it ; l a années aux Etats-Unis, possédait fort bien l'anglais et les | ud autres connaissances nécessaires à un professeur de classe | | | industrielle.

| | PCR | fi [en Pour faire une digne commémoration de leurs grandes L i l is Ù | compagnes au sucre, les élèves eurent l'autorisation d'aller ü p EU passer leur congé du 7 juin à la rivière Godefroy. Tous les | 4 incidents or dinaires d’une pareille journée plus, les plaisirs de VII ll la pêche, se renouvelèrent pour le repos intellectuel des élè- || ves. [Il faudrait peut-être encore ajouter les charmes ou les | | Lila ennuis d'une traversée en bateau à vapeur ; mais comme le | fé temps était beau et calme, personne ne souffrit du mal d: || mer, et nul souci ne vint troubler les joies pures de ce jour. a | k La fête de St-Jean-Baptiste fat chômée avec grand pompe Thér Ll Li par les citoyens des Trois-Rivières. Les communautés et les et qt | | diverses sociétés rivalisèrent de zèle et d’entrain pour rendre littér | : la procession aussi belle que possible. Dans l'après-midi, il y qué : || ï eut au Collèse, comme à l'ordinaire, une grande séance litté- de ne [ll ” É: raire donnée sous le patronage de l'académie. Cette séance une l'| fut présidée par M. Ls Côté, professeur de Belles-Lettres, qui avait | | fit un remarquable discours sur ‘“ /es fraditions canadiennes. ” lauré l| Les autres orateurs qui prirent la parole à cette séance furent sur li MM. P.K. Dagnault et Gustave Turcotte. Pour finir M. l'abbé jurys | Baillargeon, curé des Trois-Rivières, adressa quelques paroles concc d'encouragements et de bons conseils qui furent chaleureuse- que | ment applaudis. L avait s , rer ; E aussi | La compagnie de nos élèves miliciens, organisée dès le ho [Î | commencement de l’année sous la direction de M. Em. Dupont dUnoS k | qui était allé prendre ses diplômes de cadet de l’école militai- He 2 re de Québec, fit de grands progrès dans le maniement des cu) || armes et dans les diverses évolutions d'infanterie. (Comme on l'a vu, nos soldats paradèrent avec succès dans toutes nos ( fêtes et notamment à la St-Jean-Baptiste. Voici au sujet de L quel notre compagnie les remarques faites par le ‘ Journal des rable ' , “Trois-Rivières. Puisque nous en sommes sur la question de soin | l Tite “ milice, nous en prendons occasion pour dire que la compa- été fie “ gnie du Collège des Trois-Rivières, dans son dernier exerci- en pl

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ce auquel nous avons assisté, a fait preuve, elle aussi, de, ; 41 “ beaucoup d'habilité dans ses évolutions, et qu’elle a droit 7 \ Ju “ d'être fière d'avoir pour instructeur, M. Emmanuel Dupont, + Mn “ puisqu'il sait la pousser, à si grands pas, dans la voie du Le) FRET A

‘ succès et de l’honneur.

VII—LE CONCOURS DU BACCALAURÉAT ET LA DISTRIBUTION LU w DES PRIX. mn

L:s épreuves de l'examen du baccalauréat eurent lieu ne" le trois, le quatre et le cinq de juillet et furent présidés par Monsieur l’abbé À. Thérien, professeur du Séminaire de Ste- Thérèse. L?s devoirs furent corrigés à Québ:c le douz:, treiz:

et quatorze juillet suivant. L:r‘sultat de cette grande jout : ’

littéraire toujours si impatiemmont attendu, fut communi- "Ti { s ° ? ° LA LA » “ L 0 |

qué aux collèges affiliés le dix-sept. Hélas ! il ne fut pas encore i”

de nature à encourager bien fort Mr Panneton qui se donnait une peine extrême pour préparer ses élèves. Cette fois, 1l avait compté bien sûrement que Mr Baril arriverait au bascalauréat, et la preuve qu'il ne se faisait pas tout à fait illusion sur la capacité de son élève, c’est que le verdict des divers jurys le plaçait au deuxième rang sur le tableau général du concours. Mais Mr Baril n'avait conservé que 89,9, tandis que le prem ier concurrents, qui était un élève de Québec, en avait gardé 100,4 Quand donc Mr le directeur vit qu’un travail aussi conscientieux, aussi persévérant et aussi intelligent que $ l'avait été celui de Mr Baril, ne pouvait être couronné de

succès, il perdit à jamais tout espoir de faire constater le mé-

rite et la capacité de ses élèves par l'obtention des titres universitaires. me

Cependant il se consola encore de ce revers, en voyant que le petit Collèse des Trois-Rivières tenait un rang hono-

rable sur le tableau général. S'il eut examiné avec plus de dns soin les succès moyens des différentes institutions, il aurait “"E été fier de son Collège et il aurait constaté que Québec, tout

en plaçant un de ses nombreux candidats au premier rang, ,

passait au troisième, pour la moyenne générale des suc-

cès. Sous ce rapport, les institutions se classaient dans l'ordre suivant :

Au lerrang, Ste-Anne, avec huit concurrents, moyenne de 70,7 Au 2e rang, Les Trois-Rivières avec quatre candidats ‘ 69,4 Au Se rang, Québec avec vingt-deux +! ‘65,8.

Au de rang, Ste-Thérèse avec douze FR ‘# 61,8. Au 5e rang, Nicolet avec cinq L . #6 68,0 Au 6e rang un individu de Sorel.

La moyenne générale sur 52 concurrents se trouvait être de 64,1. C'était 5.3 au-dessous de la moyenne des Trois-Rivières et 11 1 au-dessus de celle de Nicolet. Or, comme la rivalité entre ces deux maisons ramenait naturellement entre elles des termes de comparaison, ce résultat tout à fait satisfaisait étant de nature à énorgueillir un peu les directeurs du Collège des Trois-Rivières, bien qu'ils eussent désiré l'avoir encore meilleur.

Pendant que les rhétoriciens subissaient les épreuves du baccalauréat, les élèves des autres classes passaient leurs examens du second semestre et M. le directeur, prenant pour l'occasion le titre ou plutôt la charge de préfet des études, se faisait rendre un compte très exact des connaissances de chacun, et il s'assurait si chaque élève avait acquis le niveau suffisant pour passer à la classe supérieure.

Le 10 juillet, tous les travaux scolaires étaient terminés. c'était le jour des récompenses, c'était le temps du repos légitimement mérité, c'était l’ouverture des vacances. Comme les années précédentes, l’année académique fut close par une séance littéraire, dramatique et musicale qui fut donnée à la salle de récréation du Collège, et à laquelle un nombre restreint et privilégié d’auditeurs furent seuls admis, à cause de l’exiguité du local.

Pour faire connaître le programme de cette séance, je

laisse la parole au ‘‘ Journal des Trois-Rivières.

‘“ Lundi dernier, avait lieu la distribution solennelle des “ prix décernés aux élèves du Collège des Trois-Rivières. Le

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“ séan:e donnée à cett: occasion et à laquelle une bienveil. “ Jante invitation nous permettait d'assister, a été des plus * magnifiques. L: discours d'ouverture fut prononcé par M. “ Em. Guilbert. Quatre élèves de Rhétorique se disputèrent “ ensuite vivement la palme de l'éloquence que remporta M. “ H. Baril. Une petite pièce tragique, Raymond revient au ‘ christianisme qu'il avait abandonné, fut bien joué. Les deux “ acteurs principaux étaient MM. J. Cooke et Elp. Godin.

‘“ Le discours prononcé par M. E. Dupont, élève en philo- “ sophie sur “ L'accord de la Philosophie avec la Religion ‘’ a été très “ bien senti. Pour notre part, nous avons admiré la manière “ habile avec laquelle cet élève a développé un sujet aussi “ sérieux. Nous avons été frappé des connaissances philoso- “ phiques dont ce jeune élève nous a donné alors une preuve “ éclatante. La solidité des pensées, la vigueur du raisonne- “ ment, la beauté de la diction se trouvaient à un haut degré “ dans ce discours qui fut fortement applaudi.

‘ On joua ensuite le premier acte de la “ Comédie de Pour- & ceaugrac.” Les acteurs de cette pièce firent passer de joyeux “ moments à l'auditoire dont les éclats de rire furent souvent “ répétés.

‘“ La musique et le chant ont aussi eu une large part dans “ Ja séance. Plusieurs morceaux montagnards très bien exécu. “tés, ont ravi l'admiration des amateurs. ”

N. B.—La société de musique instrumentale se composait d'un petit orchestre qui exécuta, entr'autres morceaux, l’ouverture de Tancrède par Rossini. Les chants montagnards auxquels on vient de faire allusion étaient : ‘ La chasse aux 1sards” et “Le canal du midi.” Le premier morceau fut si heureusement rendu qu’il mérita les honneurs du rappel !

‘On remarquait parmi les assistants Sa Grandeur Mgr “ Cooke, Mess. les grands vicaires C. O. Caron et L. Laflèche “et plusieurs autres membres du clergé venus des paroisses “environnantes.

‘Nous ne saurions trop louer le zèle et l’activité que

* déployent les directeurs de cette institution dans la noble ‘ mais rude tâche qui leur est confiée. Les succès nombreux “et brillants de cette maison d'éducation fondée, il n’y a ‘encore que quelques années, témoignent hautement de leur “ dévouement ainsi que des sacrilices qu'ils s'imposent, pour “ procurer le pain de la science et de la vertu, à la jeunesse “ qui fréquente cette institution. ”

Lorsque fut azrivé le temps de la distribution des couronnes, les principaux lauréats appelés furent: en Philosophie MM. E. Dupont, Em. Guilbert et U. Tessier, en Mathématiques MM. Em. Guilbert et E. Godin, en Rhétorique MM. H. Baril et F. X. Gauthier, en Belles-Lettres MM. OI. Nault et Joseph Hamel, en Troisième F. X. Cloutier et G. Pager, en Méthode. Edm. Grenier et P. McLeod, en Syntaxe Léopold St-Arnaud et Ph. Cormier, en Eléments Richard Cooke et Nap. H. Beaulieu.

À cette liste de noms, il faudrait encore ajouter ceux de vingt-sept autres élèves qui avaient mérité différents prix et dix-sept qui avaient obtenu des mentions honorables seulement. Ce qui portait à soixante le nombre des élèves dont les

journaux allaient faire connaître le succès à toutes les familles intéressées.

La séance fut close par le chant patriotique ‘“* Canadiens tmitons nos pères,” et ce fut sur cet air-là que les élèves entrèrent en vacance. à

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