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I—PENDANT LES VACANCES

La construction de quelques dépendances de basse-cour capables de loger quelques animaux, plus particulièrement nécessaires aux besoins de la communauté, ne paraissait pas un luxe dont on put se passer indéfiniment. Il y avait déjà assez longtemps qu'on souffrait de cette privation. M. Héroux crut devoir y mettre fin en faisant construire pendant l'été de 1865 une petite étable et une porcherie, le tout enfermé dans un enclos bien simple, dans le genre de celui qui entourait le jardin.

Il prit ensuite ses dispositions pour pourvoir au logement du personnel et des classes ; car les chambres assez nombreuses des vieilles casernes étaient devenues tout à fait insuffisantes pour répondre aux besoins de la communauté, lesquels allaient toujours croissants d'année en année. Il fut donc obligé de louer une maison en ville pour y placer le nouveau cabinet de physique, la classe de physique et, au besoin, une ou deux autres classes À cet effet, il passa un bail à loyer avec Dame Vve Barthe pour sa grande maison en pierre située en arrière de l’église paroissiale, coin des rues St-Pierre et Bonaventure ; car autant que possible, il ne fallait pas trop s'éloigner.

La corporation ronstatant, chaque année, un déficit dans

ses finances avait résolu d'augmenter un peu le prix de Ja pension, lequel fut porté à la somme de quatre-vingt piastres, au lieu de soixante et douze qu'il ‘avait été jusque là. En même temps, pour faire des économies, on réduisit les honoraires des ecclésiastiques de 60 à 50 piastres. Ces deux items avec une moyenne de 20 pensionnaires et de 10 professeurs, réalisaient déjà la jolie somme de $260. En suivant ainsi dans toute l’administration un système d'économie générale. on espérait arriver bientôt à équilibrer les dépenses avec les recettes.

II—MrR RICHARD NOMMÉ DIRECTEUR !

Mais l'événement le plus important de cette vacance, fut la nomination d'un nouveau directeur pour les élèves. Mr Panneton commençait à s'apercevoir qu'il ne pourrait tenir longtemps au travail assidu et excessif auquel il lui avait fallu se livrer depuis la fondation du Collège. Déjà il ne se sentait plus capable de parer à la variété et à la multiplicité de ses occupations, et il entrevoyait le jour où il lui faudrait absolument prendre sa retraite. Il était donc prudent de ne pas attendre son épuisement complet, avant de partager avec un confrère une partie de la direction soit morale, soit intellectuelle. I] lui semblait qu’ilen aurait bien assez de s'occuper des études.

Mais à qui remettre le fardean de Ia direction lequel, à raison des rapports journaliers qu'il faut avoir, soit avec les élèves, soit avec leurs parents, est très onéreux et gros de dif ficultés de toutes sortes. En outre, à cette époque, les maîtres surveillants étant peu nombreux et ayant peu d'expérience, avaient besoin de l'assistance presque continuelle du directeur. Mais autant le poste était important et délicat, autant il était difficile d'y pourvoir et peu enviable d'y aspirer. Alors, plus peut-être qu'à l'ouverture du Collège, à raison des préjugés qu'on ne cessait d’amonceler contre lui et de ses revers de fortune, il eut été difficile de trouver à l'extérieur un homme qui voulut se dévouer à une œuvre sans cesse menacée dans son existence.

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SRE À l'intérieur du Collège, M. Panneton n'avait pas d’autres ” at iastrus, confrères prêtres que M. Héroux et M. Richard. Le premier a à. En était déjà chargé de la procure, de l’enseignement de la Théo- Fan a ne logie et de la direction des ecclésiastiques, il n'était guère AE ” cie possible d'ajouter encore la direction des élèves à ses occu- 2: ne pations si graves et si variées. Le second était professeur de

Philosophie intellectueile et de Mathématiques avec quatre heures de classe par jour. C'était déjà plus que suffisant pour absorber tous ses loisirs, cependant M. Panneton méditait le "pri projet de lui donner encore la direction des élèves. Il avait " , reconnu en son jeune confrère certaines aptitudes qui lui faisaient espérer que celui-ci réussirait passablement à la besogne Ê dont il voulait le charger. D'abord M. Richard se Dlaisnit AV ni | àlavie de communauté et il était tout dévoué aux intérôts ne M du Collège des Trois-Rivières. On savait même qu'il avait at ss résisté à la tentation de quelques amis de l'extérieur qui l'a- ‘4 He aient engagé à en sortir. Il aimait à voir souvent les élèves

et à passer ses récréations avec eux. Enfin il avait une santé

it ainsi énérale.

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tiplicité ei É n robuste, capable de résister longtemps au travail et aux mille , ral . , .

DGUEe tracasseries de la direction.

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Mais d'un autre côté, il était bien jeune encore et en plus d'une occasion, il n'avait pas caché ses répugnances pourune semblable besogne. Surtout il n'avait jamais pu prendre au sérieux les ouvertures qu'on lui avait déjà faites à ce sujet. Aux avances qu'on avait tenté de faire, 1l avait répondu en toute franchise : Qu'il n'était pas fait pour étre capitaine ni pour commander, mais seulement pour travailler sous l'autorité d'un chef.

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et d'un supérieur !

maitres ), A1 : ae , & Hotte. M. Panneton craignant un échec, se concerta avec Mgr

\ a Cr: 1 se a" 1 Cooke pour arriver plus sûrement au but qu'il se proposait.

u direc- Il n'eut aucune peine à obtenir l’assentiment de l’évêque à la

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r. Alors, nomination projetée ; il pouvait même au besoin invoquer un s préju- ordre formel de la volonté épiscopale. Cependant il voulut auparavant épuiser les moyens de persuasion pour amener M. #7

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Ri hard à accepter la charge de directeur. M. Panneton sou-

mit donc sérieusement la question à son confrère. Il Jui

exposa en toute franchise les motifs qui l'avaient déterminé à 28 |

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prendre cette décision. C'était tout d'abord l'intérêt de fa maison qui exigeait que la direction fut bien plus suivie qu'elle ne pouvait l'être en restant entre ses mains ; 11 devait ensuite ménager le peu de santé qui lui restait pour sufhre à la part d'oceupations qu'il se réservait. Pour répondre aux principales objections de M. Richard, il rappela à, ce dernier que Jui aussi avait été nommé directeur bien jeune, qu'après tout, il restait encore le premier et celui sur lequel peserait toujours la plus grande some de responsabilité. Je sais, Ru dit-il, que les ecelésiasi ües qui ont pleine confiance en vous, seront très heureux de voire nomination et que Îles élèves eux-mémes en seront très contents. Enfin il fit si bien plaida sa cause avec tant d'éloquence et de sincère conviction que M. Richard se laissa gagneret donna bien trop facilement peut-être son consentement |... M. Panneton pensait encore à part lui que, si d'un coté la vosition qu'il offrait à son jeune confrère était plus redoutable qu'enviable, de l'autre, c'était un témoisnage de grande confiance auquel M. Richard ne pourrait rester indifférent. et l'acceptation par ce dernier de la charge de directeur aurait pour effet de fixer à jamais sa destinée et de F'attacher irrévocablement au Collèoe des Trois- Rivières.

Donc, le trois septembre 1865, M. Richard fut avec l'agrément de Mgr Cooke, proclamé directeur du Collège des Trois- Rivicres et M. Panneton prit le titre de supérieur.

La rentrée des élèves eut heu Je six septembre et comme pour justilier Mr Héroux d'avoir pris ses dispositions d'avance, ils furent plus nombreux que jamais.

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