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V.—EVÉNEMENTS DU MOIS DE MAIS

Le mois de mars d'ordinaire accompagné de douces et joyeuses fêtes, passa cette année au milieu des plus tristes événements.

D'abord, au Collège, la maladie de M. Panneton commencée avec le mois de septembre durait encore et menaçait de se prolonger indéfiniment. La fète de S. Joseph, en tant

que fête collégiale, devait passer inaperçue, puisque celui qui en était l'objet était malade et absent. D'un autre côté, au dehors, le pays était menacé du double fléau de la peste et de la guerre. On ne parlait que des précautions à prendre pour se garantir du choléra asiatique, et chaque matin, le télégraphe nous annonçait les projets d’invasion de la part des féniens.

À toutes ces tristesses vint s'ajouter la mort de deux prêtres dont l'un, M. Edouard Chabot, avait ruiné sa santé au service immédiat de l’évêque dans la construction de la cathédrale. 11 mourut le 6 mars, à Nt-Pierre-les-Becquets et fut enterré à la cathédrale, le 9, au milieu d’un immense concours qui témoignait de la reconnaissance des citoyens envers ve digne prêtre dont le nom était dans toutes les bouches.

L'autre, M. Jos. Bailey, curé de St-Pierre même, suivit son confrère dans la tombe à quinze jours de distance à peine;

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car 1 mourut le 2% mars et fut enterré le 27. Monseigneur Cooke à qui son grand âge rendait encore plus sensibles ces pertes qu'éprouvait son clergé, fut d'autant plus vivement affecté de la mort de ces deux prêtres, que tous deux avaient été autrefois membres de sa maison, M. Bailey, de 1844 à 1850, M. Chabot, de 1854 à 1862.

Cependant le 7 mars l'académie avait célébré l’anniversaire de sa fondation par une séance solennelle à laquelle assistèrent tousles prêtres de l'évêché, ceux du Collège et quelques membres honoraires. M. le président, P. E. Dupont fit le panégyrique de K. Thomas d'Aquin, après quoi MM. Rheault, Héroux, Richard et M. McLeod prirent successivement la parole. La fanfare du Collège, invitée pour la circonstance, ouvrit et termina la séance,

Le 10 mars, les autorités militaires du Canada ayant sans doute appris des nouvelles plus sérieuses du mouvement des féniens, appelèrent sous les armes toutes les compagnies de volontaires. En conséquence, les deux compagnies de la ville furent aussitôt tenues prêtes à marcher vers les points menacés. Or, le 24 mars suivant, les officiers de ces compagnies reçurent un télégramme des autorités supérieures, leur enjoignant de se rendre immédiatement à la frontière, vers Rouse’s Point. Ce départ des volontaires triflauviens donna lieu à une démonstration extraordinaire dont on peut voir les détails dans le ‘* Journal des Trois-Rivières ” du 26 mars. Je me contenterai d'en extraire le paragraphe suivant :

‘ Jamais il ne nous à été donné de voir en cette ville une * plus grande réunion que celle qui se trouvait hier près de “ l'Hôtel-de-Ville au moment du départ de nos volontaires. “ Les citoyens avaient généreusement offert aux officiers de “transporter leurs soldats en voitures de la ville à la gare “ Doucet’s Landing. Le nombre des voitures était si considé- “rable que lorsqu'elles furent toutes sur la glace, la traverse “ devant la ville en était littéralement couverte. La bande “était en tête de cette longue file de voitures et faisait réson- “ner l'air de sons guerriers. La compagnie du Collège des

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# Trois-Rivières tira plusieurs décharges pour saluer nos vo- ‘“ Jontaires. Une foule compacte se trouvait au départ des “chars. Tous les premiers citoyens de la ville s'y étaient “rendus ainsi qu'un nombre considérable de dames. L'en- ‘ thousiasme était grand parmi nos volontaires, M. F, Bail- ‘* largeon. curé de cette ville leur adressa la parole, quelques “* minutes avant le départ, Des acclamations chaleureuses ‘ répondirent à l'orateur. Enfin les ofliciers commandent aux “ soldats de prendre leur place dans les chars, puis le siflet se “ fait entendre et le convoi glisse lentement sur la voie ferrée. “ L'air est rempli de mouchoirs qui s'agitent en tous sens et * des salutations s'échangent de tous côtés. Des hourras cha- “ Jeureux poussés par une multitude remplie d'enthousiasme ‘ couronnèrent cette démonstration militaire...

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