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ce collège. Nous espérons que l'assemblée que nons annon cons sera couronnée d'un plein succès.”
Le 22 août 1866 restera une date à jamais mémorable dans les annales du College des Trois-Rivières. Aïnsi qu'il avait été décidé par le conseil des autorités collégiales, il : eut, ce jour-là, à l'hôtel de ville une assemblée générale de tous les citoyens, convoquée pour les fins que l'on connait et qui fut présidée par Son Honneur ie maire, Mr Kévère Du moulin.
Après que le président eut exposé le but de lPassemblée. Mr Panneton, supérieur du Collège, prit là parole. ET fit connaitre les causes qui avaient amené la crise actuelle, en rappelant la condition exceptionnelle des coinmencements et des développements de l’institution. Celle-ci n'avait pas, comme la plupart des autres institutions du même genre, commencé avec de riches fondations, capables de répondre à une partie de ses dépenses. Elle n'avait même pu suivre une marche lentement progressive, proportionnelle à ses moyens. Créée par la nécessité, elle avait dû, dès l'origine, ouvrir eindq classes régulières; et cependant elle n'avait pas une rente pas un pouce de terrain, pas même un abri pour recevoir ses membres. Logée dans une maison étrangère, d'uns une vieil baraque aux réparations essentielles de laquelle 11 avait fallu mettre des milliers de piastres ; amenée par la force des c11constances à lutter, dès ses commencements, contre d’anciennes et riches maisons ; obligée pour inspirer la confiance et assurer la force des études de s'affilier à l’Université-Lavai dès sa troisième année, de former graduellement une petite bibliothèque, de développer rapidement son cours qui venait justement d'être complété après six ans d'existence seulement, d'augmenter, tous les ans, son personnel enseignant et diriseant, enfin d'acheter des instruments de physique, ete. ete. l'institution s'était trouvée dans une condition financière tout à fait exceptionnelle, si l’on veut bien ne pas oublier qu'elle n'eut jamais d’autres ressources que les pensions des élèves un maigre octroi du gouvernement, et, par ei par là, quelques rares présents de ses amis. ...... Enfin, Mr Panneton démon-
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Après M. Panneton, ‘M. C. B. de Niverville dit: qu'il avait travaillé de toutes ses forces, pendant la session qui venait de se terminer, à négocier avec le gouvernement l'achat du terrain sur lequel se trouve aujourd'hui l'établisssnent et que, sans l'agitation fénienne qui menace aujourd'hui le pays, il aurait certainement réussi dans ses démarches ; mais le gouvernement ne veut pas se départir maintenant de
terrain, parce qu'il peut en avoir besoin plus tard pour la défense du pays.
M. Niverville avait aussi reçu du ministre chargé spécialement de Péducation, et du Surintendant lui-même, l’assurance que le Collège des Trois-Rivières serait mis sur le méme pied que les autres institutions classiques, dans Ja distribution des octrois.
MM. Valère Guillet et Abraham LL. Desaulniers prirent aussi la parole dans un sens propre à faire comprendre à Passemblée que les sacrifices qu'il faut faire pour nos institutions ne sont rien en comparaison du bien qu'elles procurent à fa ville.
Les dé‘isions prises à cette assemblée sont trop importantes ; cles intéressent trop tous les amis du Collège pour qu'on ne ine sache pas gré d'en insérer ici le texte entier, tel que je le trouve au procès-verbal de cette assemblée,
‘ Proposé par C. B, de Niverville Eer, secondé par Valère Guillet Ecr. Qu'il soit résolu que cette assemblée juge qu'il est de la plus haute importance de venir en aide au Collège des Trois-Rivières, parce que cette maison d'éducation se trouve actuellement dans une situation financièr: critique : qu'il est de l'intérêt des citoyens des Trois-Rivières de soutenr par tous les moyens qui soni en leur pouvoir cette institution fondée au prix de sacrifices qui ne peuvent demeurer muliles, institution qui malgré sa courte existence, malgré le peu de ressources qu'elle ait eu à sa disposition, n’en a pas moins remporté les plus brillants succès littéraires et prouvé
en maintes occasions qu'elle était digne en tout point de {à
mission qu'elle est appelée à remplir, et que conséquemment elle mérite les sympathies et la générosité de tous les citoyens de cette ville. Adoptée à l'unanimité. ”
‘ Proposé par G.N. Badeaux Ecr. secondé par L. U. 4 Genest Eer. ; Que les citoyens des Trois-Rivières maintenant
réunis en assemblée publique, étant d'opinion qu'il faut venir
en aide au Collège des Trois-Rivières, prient Son Honneur le maire et Messieurs les conseillers de Ta Corporation des Trois- Rivières de voter en faveur de cette institution un octroi qui pourra s'élever jusqu'à deux mille piastres et de le distribuer de la maniere qu'ils le jugeront à propos. Toutefois cet octroi devra être pris sur le revenu actuel de Ta Corporation et ne pas provenir d'une taxe spécialement imposée pour cet objet Adoptée à l'unanimité.”
Pour répondre à ce désir des eitoy: 5: exprimé avec tant de spontanéité et à l'unanimité, le Conseil de ville, dans son assemblée régulière du 28 août suivant, sur motion proposée par M. Flavien Lottinville, secondée par M. Joseph Dufresne, passa une résolution à l'effet d'autoriser, en faveur du Collège un octroi &: deux mille piastres, payable au procureur, en trois versements égaux de $666.67 chacun, savoir : le premier versement le premier mars 1867, le second le 1er mars 186$k le troisième, le 1er mars 1869.
Une copie de la susdite résolution fut aus-itôt transmise à M. J. N. Héroux, procureur du Collège, qui à son tour en informa les membres de la corporation, dans une assemblée tenue le cinq septembre suivant.
Il est beau de voir l'enthousiasme et Ja générosité des citoyens de Trois-Rivières en cetie circonstance. Cet acte de charité et de dévouement leur méritera à jamais la reconnaissance de tous les enfants du Collèwe Nt-Joseph. Mais il fait mal au cœur d’avoir à constater que le fanatisme protestant est venu jeter une ombre bien triste Sur ce magnifique tableau etil n'a pas tenu à ces ennemis de nos institutions catho tiques d'arrêter un mouvement aussi patriotique. En eflt
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à peine toutes les formalités requises pour mettre à exécution les vœux de la population eurent-elles été remplies, que, sous prétexte d'injustice, d'illégalité et de non-nécessité, les anglais protestants et quelques canadiens catholiques fanatisés contre le Collège s’en viennent, après force cabale et intrigues de toutes sortes, mettre devant le Conseil de ville vne requête en opposition à la résolution adopté: unanimement à la séance du 28 aout.
Cette persécution, indignement soulevée contre une institution dans laquelle plusieurs familles anglaises avaient envoyé leurs enfants suivre Iles cours, provoqua une levée de boucliers et des passe-d'armes très sérieuses, où le ‘Journal des Trois-Rivières” fit bonne justice des préjugés fanatiques et des arguments faux et haineux des correspondants du ‘Witness ”” de Montréal. Il leur reprocha de chercher à soulever les antipathies de race et de religion, de vouloir diviser les catholiques en cherchant à en entraîner avec eux dans leur guerre contre le Collège. J} fit voir l’inconséquence et la mauvaise foi des principaux protestants de la ville qui demandérent au Conseil de ville de voter blanc et noir sur deux résolutions parfaitement identiques. (a)
Enfin, la méme haine des institutions catholiques, le méme esprit de secte qui avait guidé les protestants dans leur opposition au secours que la ville voulait donner au Collège, les poussait également à s'opposer à ce que le gouvernement lui vendit le ‘“ Platon.” En vérité, on ne pourrait croire à des sentiments aussi peu dignes d'hommes raisonnables et assez intelligents, ce nous semble, pour comprendre au moins leur propre intérêt et l'intérêt purement matériel de la cité, si les articles déversondés du “ Witness ” n'étaient là pour témoigner des dispositiois de nos frères séparés.
Mais l'agitation que les ennemis du Collège avaient voulu créer parmi la population trifluvienne n'eut pas l'effet
(a) C'était une autre requête à Ja Corporation signée par les principaux proteslants pour une demande d'octroi en faveur de l'Asile de la Providence, institution
out Je moins aussi catholique que le Collège.