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II PREMIER SEMESTRE DE L'ANNÉE

La rentrée des classes avait été fixée au cinq septembre, et comme elle coïncidait avec le mouvement d'opposition organisé par le fanatisme protestant, on vit tout de suite que la confiance du public avait été quelque peu ébranlée; le | nombre des élèves fut moindre que l’année précédente.

Cependant il n’y avait pas encore lieu de s’alarmer, et si le vaisseau ne regorgeait pas de passagers, il avait du moins une forte organisation qui le mettait en état de parer aux éventualités de nouvelles tempêtes. Voici :

Monsieur l'abbé J. E. Panneton Ptre, supérieur et préfet ds études.

J. N. Héroux Ptre, directeur des ecclésiastiques et procureur.

“__ Ls Richard Ptre, directeur des élèves.

; ‘ Nap. Caron Acol. prof. de Mathématiques.

;) “ P. E. Dupont Eccl., prof. de Philosu,;hie intellectuelle.

ù Em. Guilbert Eccl., prof. de Rhétorique.

$ ‘John Cooke Eccl., prof. de Belles-Lettres.

" Ph. Brassard Eccl., prof. de Versification.

“ Uld. Tessier Eccl., prof. de Méthode.

P. Champagne Dere, prof. de Syntaxe.

Ferd. Verville Ecel., prof. d'Eléments.

Monsieur l'abbé Elp. Godin Ecel., prof. au Cours Commercial ‘6 P.N. Dagneault Eccl., régent.

Monsieur (Grodwin qui tenait une école anglaise en ville,

fut chargé par les autorités collégiales de venir donner des

lecons de lecture anglaise aux élèves des classes inférieures

En arrivant au Collèoe, les élèves a pprirent la mort de

deux de leurs confrères, décédés respectivement le 19 et le 23

juillet Le premier, Eugène Dupuis, fils de M. E. Dupuis de J | l Ï

cette ville, alla rencontrer la inort au fond du St-Maurice on prenant un bain. Le second, Kévère Dufresne, fils de M Frédéric Dufresne de la banlieue, avait succombé à une longus maladie de poitrine.

Aux ordinations des quatre-temps, 22 et 23 septembre.

les représentants du Collèce des Trois-Rivières furent M,

lierre Chanpagne qui reçut les ordres du sous-diaconat et du diaconat, et M. Alexis Delphos qui fut promu au sacerdoce La seconde messe de M. Delphos fut pour les élèves des Trois- Rivières, lesquels surent reconnaître, par la solennité de leurs chants et par les accords de leur musique, la faveur qui leur était accordée ; car c’est toujours un grand et bien édifiant spectacle que celui de voir les saintes émotions d'un nouveau

prétre montant à l'autel !

Le samedi, 29 septembre, le Collège des Trois-Rivières recevait une visite qui mettait les élèves en grande liesse : Na Grandeur Mer Demers, Evéêque de Vancouver arrivé la nuit précédente par le bateau venant de Québec, voulut bien dire la messe de communauté. Cette condescendance devait engager les élèves à donner à leurs chants toute l'harmoni possible. [ls firent plus, la fanfare fit aussi entendre ses plus Joyeux morceaux.

Vers neuf heures de lavant-midi, Mgr Demers, accompagné de Mgr Cooke et des prêtres de l'évêché, vint au Collège entretenir les élèves sur les missions de l’île de Vancouver Sa Grandeur sut intéresser à un haut degré son jeune auditoire, ainsi que tous les prètres présents à cette causerie. L

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wrand congé, ce complément naturel de toute fête, toujours st agréable aux jeunes élèves, vint encore cette fois couronner les douces jouissances du matin.

Le Toctobre suivant, dans l'église paroissiale des Trois- Rivières, Mer Cooke donna là tonsure à MM. Pierre Emmu auel Dupont, Uldorie Tessier, Jean Cooke et Elphège Godin, tous anciens élèves et alors professeurs du Collège des Trois- Rivières. M. Chs Lemire, ex-professeur d: Rhétorique, reçut aussi le même jour le sous-diaconat.

La retraite annuelle des élèves commença Je mercredi soir, 19 octobre, dans l'église paroissiale, sous la direction du Révérend Péère Royer O. M. I. Ce bon père se donna une peine extrème pour faire entrer et pour maintenir dans l'esprit de la retraite son jeune auditoire. Nes instructions excessivement bien appropriées et toujours parfaitement coordonnées entre elles, firent l'impression la plus profonde sur le cœur de nos élèves et obtinrent un succès merveilleux. Monseigneur Cooke donna lui-même la messe de clôture, et 1l y fiteen même temps les ordinations suivantes: minorés, MM. P. K. Daoneault, Ferd. Verville, Em. Guilbert et Napoléon Caron ; diacre, Mr C. Lemire.

Le dimanche soir, le Père Royer vint passer la soirée à la communauté, et amuser nos élèves par une causerie famihère, En terminant il leur dit que, pour leur témoigner la satisfaction qu'ils lui avaient donnée durant le: exercices de la retraite, 1l leur accordait, avec l'autorisation de Mr le supérieur, un grand congé pour le lendemain, lundi. Il n'en fallait pas autant pour porter à son comble l'enthousiasine et la joie de la gent évolière ; aussi l'octroi du congé fut-il salué par un tonnerre d'applaudissements.

Le quatorzième anniversaire de la consécration épiscopal: de Mar Cooke attira, comme de coutume, un grand concour: du clergé diocésain. Cependant la messe solennelle ne put ètre chantée par Monseigneur. Non grand âge et les fatigues qu'il avait éprouvées les trois ou quatre dimanches précédents Où 1] avoit dû faire des 0: linations, ne lui permirent pas de

payer encore de sa personne en cette circonstance, La messe solennelle fut chantée par M. le grand-vicaire Thomas Caron, supérieur du Séminaire de Nicolet ayant pour diacre M. L Pothier, curé de Warwick, et pour sous-diacre M. Maj. Marchand, curé de Drummondville. Les assistants au trône étaient M. le grand-vic. Laflèche, M. Gagnon curé de Berthier et M. Aubry curé de St-Léon. Le chant du chœur de l'orgue par les élèves fut splendide. Le concours de la fanfare du Collège, qui exécuta avec beaucoup d’entrain et de perfection plusieurs jolis morceaux, ne contribua pas peu à rehausser l'éclat de cette fête.

Le dimanche, 21 octobre, après les vèpres, la communauté prenait encore, par son chœur de chantres et par sa fanfare, une part très active à la grande cérémonie religieuse qui eut lieu à l’occasion de la bénédiction de la première pierre da Couvent de la Providence. Le dimanche, 4 novembre, nouvelle ordination ; ce sont MM. Pierre Roberge et Charles Lemire, deux ex-membres de notre personnel, qui sont faits prêtres. M. Lemire célébra sa première messe en présence de la communauté au service de laquelle il avait donné trois ans de professorat.

Vers cette époque, une poésie publiée dans le “ Journal des Trois-Rivières,” signé L. À. Georges D. et attribuée à un élève du Collège, provoqua une eritique acerbe attribuée à un autre élève, et il s'échangea entre les deux écrivains et leurs amis des coups de plume plus ou moins aigres-doux. Les directer rs du Collège durent intervenir pour faire cesser cette petite guerre dont le public commençait à s’émouvoir. Heureusement il n’y eut qu'un peu trop d'encre de versé! La bonne harmonie et la charité se rétablit aussitôt parmi ces élèves, et tout sentiment de malveillance ou de haine disparut entièrement ; et lorsqu’arriva la fête de l’Immaculée- Conception, tous s’efforcèrent de gagner l’indulgence plénière, en s’approchant des sacrements avec grande ferveur et après une préparation de neuf jours.

La St-Thomas, fête patronale de Mgr Cooke, donna lieu à une jolie démonstration de la part des élèves du Collège. Le

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mercredi, 19 décembre, à cinq heures de l'après-midi, Sa (Grandeur accompagnée d’un grand nombre des messieurs du clergé, se rendit au Collège où elle fut reçue au son d’une musique harmonieuse. M. F. X. Cloutier ouvrit la séance par une petite adresse en latin; ce n'était pas pour demander congé, bienque la tradition eût appris aux élèves que Monseigneur aimait qu'on lui demandät cette faveur en latin. Cette fois ce fut pour demander une faveur d’un ordre plus élevé, je veux parler des bénédictions abondantes que l'Église met dans les mains de l'évêque ; et voilà pourquoi, pour solliciter cette faveur, l'on avait emprunté la langue de l'Eglise.

M. Réné Dupont, élève de Philosophie, vint ensuite donuer en français le principal discours de la fête, lequel contenait l'expression des sentiments d’une vive gratitude et d’une profonde vénération. A la suite de ces deux premières adresses, l’on chanta sur un air de À. Rolland, une chanson composée par un élève de la maison. Les miliciens eurent leur petite part dans le programme de la fête, etils s’en acquittèrent avec beaucoup de précision et d'honneur.

À propos du congé, Monseigneur reçut en anglais de la part de M. Alfred Giroux, de New-York, une supplique qui allait à ne demander rien de moins que de renvoyer à plus tard ce jour de repos. La bénédiction que l’on venait de recevoir, disait-on, rappelait une autre bénédiction que l’on désirait aller recevoir au commencement de la nouvelle année ; en conséquence, on priait Na Grandeur de renvoyer à cette époque le complément obligé de sa fête, le grand congé.

Monseigneur remercia de tout cœur lesélèves des vœux qu'ils formaient pour lui, et leur dit qu'il était satisfait, tant de leur conduite sous le rapport religieux que des succès remarquables qu'ils avaient remportés dans les concours ; il ajouta qu'il était heureux d'accorder une réponse favorable à leur requête. Nur la demande de quelques amateurs, M. Alphonse Camirand mit le bouquet à la fête en chantant “la Tyrol'enne ”. Avant de quitter la scène, ce dernier élève remercia Mgr Cooke des bonnes paroles qu'il venait de leur

suis GR us adresser, et de la bienveillance avec laquelle il avait agréé let demande,

La fête de Noël fut, comme de coutume, l'occasion d'une éclatante démonstration de la piété desfidèles. La communau-

té fit tous ses eflorts pour rendre la solennité la plus belle possible. KRappellerai-je ici les douces émotions que provoque toujours la messe de minuit ? émotions auxquelles les enfants

sont particulièrement sensibles ! En effet, se lever au beau milieu dela nuit, dans l1 profondeur du premier sommeil, alors que les rèves d'or de la prainière enfance ramènent à l'imagination les circonstances d’une première visite à Ja crèche de l'Enfant-Jésus. Nortir aussitot sous le soullle d'un froid glacial, se rendre à l’église à la demi-clarté de la June ou à la lueur vacillante des étoiles, entendre dans le silence solennel de La nuit le carillon des cloches sonnant à toutes volées et appelant à la crèthe les adorateurs de l'Enfant- Dieu, y voir accourir ces foules nombreuses et recueillies qui bientôt remplissent les nefs du temple saint, être témoin des cérémonies augustes et subir les douces impressions des chants si pieux et si naïfs des bergers ;:tout cela a un cachet particulier d'étrangeté sublime et d’éternelle nouveauté, qui fait qu'on se complait toujours infiniment dans le retour de cette grande solennité.

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