III—L£E JOUR DE L'AN
Le lundi, 51 décembre, il y avait au Collège, de bonne heure le matin, un mouvement tout à fait inaccoutumé. Les élèves avaient mis un empressement exceptionnel à faire leur toilette et cependant l’on remarquait qu'ils y avaient apporté un soin tout particulier. Leurs désirs semblaient prendre des ailes; car trois minutes après être descendus des dortoirs, ils étaient tous prêts à faire leur prière du matin, dans laquelle sans doute ils eurent bien quelques distractions involontaires La prière fut immédiatement suivie de la Nainte messe, et
En effet, c'était congé et congé extraordinaire portant
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avec Jui la permission générale de courir au foyer paternel pour y solliciter la bénédiction du bon Papa, y recevoir les caresses d'une tendre mère, babiller pendant deux'jours avec les sœurs et les petits frères. Donc il n'y a pas de temps à perdre. Vite! arrive postillon !...….. [Il n'était pas huit heures encore à l'horloge du reglement, que déjà toute la communauté dispersés aux quatre vents du ciel courait allègre et joyeuse sur les huit routes qui sortent de la ville, Une fois la maison vide d'élèves, les surveillants et les professeurs purent à leur tour, prendre leur volés. Done, le jour de l'an au matin, le Collège resta silencieux et triste comme le corps d'où l'âme s'est envolées, Mais lui aussi devra ressusciter le troisième jour, car le congé doit finir le mercredi soir, et gare aux membres qui retarderaient de venir s'ajuster aux autres à l'heure déterminée, il pourrait en résulter de grandes souffrances pour le corps, peut-être l'impossibilité de réunir jamais ces membres épars et perdus !
La limite de la faveur accordée avait été fixée à six heures après-midi, le mercredi. Or il arriva, au grand chagrin du directeur, que dix ou onze élèves manquaient au rendezvous à l'heure marquée. C'était déjà Fabus qui venait gater et déprécier une chose excellente en soi; mais rendue presqu'inévitablement mauvaise par la légereté et limprudence de quelques élèves, aidées de la mauvaise volonté de quelques parents. Cependant pour ne pas faire croire à une désobéissance plus grande qu'elle n'a été, il faut dire que le lendemain matin, à l'ouverture de la classe, il ne manquait plus que cinq retardataires. Ce nombre était encore trop grand, quand tout le monde devait être au poste.
M. Panneton, ayant une santé toujours très faible, avait “té obligé de prendre de nouveau un repos absolu, et il dut s'en remettre entièrement à M. Richard pour la surveillance des classes et pour les examens du premier semestre. Afin done de rendre la besogne moins fatiguante, celui-ci résolut de diviser les examens et de les faire subir partiellement, au lur et à mesure, qu'une classe se trouvait préparée sur une matière. Ce système avait l'avantage de charger moins la