‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières; première periode de 1860-à 1874Chapitre 12 sur 84 · NOUVEAUX HABITANTS · texte numérisé non relu

NOUVEAUX HABITANTS

Le cinq septembre était arrivé et la corporation du Collé- •ge. des Trois-Rivières n'avait pas encore achevé les préparatifs rigoureusement nécessaires pour recevoir les élèves. A l'intérieur de la maison surtout, on n'avait pu que nettoyer un peu, laver les planchers, blanchir à la chaux les murs et les cloisons. On y voyait encore, en maints endroits, des traces du séjour des soldats. Pas une des portes plus qu<^ rustiques des appartements du second étage, n'avait encore été remplacée. Sur la plupart d'entre elles, on lisait encore l'inscription caractérisque, fixant le nombre d'hommes qui formait autrefois la chambrée Telle porte a le chiffre huit, telle autre le chiffre douze, cjuatorze, etc. (a).

Dans ces chambres, dont les unes serviront de classe, les autres de chambres à coucher des professeurs ou de dortoirs pour les élèves etc, il n'y a pas un meuble, pas une table, pas une chaise ; c'est le dénûment le plus complet, la pauvreté la plus absolue. Je me trompe, dans uni.» chambre dont on veut faire une salle d'étude, je trouve cinq ou six pupitres avec leurs bancs. Dans une autre qui sert de cuisine, je trouve un vieux poêle (don de M. C. B. de Niverville) et quelques usten-

(a) Ces inscriptions éùiicnt en ant^lais (12 men— 8 meu — 10 men etc.

siles de cuisine dont la corporation a commeni'é à se pour- A'oir. Dans la chambre voisine il y a doux tables à dinar L'une d'elles est réservée aux professeurs, c'est un don de M. E. M. Hart, l'autre est destinée à l'usage des élèves pensionnaires. Ajoutez à cela une couple de petites tables et quelques chaises, et vous aurez l'ameublement du Collège au grand complet, tel qu'il se trouvait le jour de l'entrée des élèves.

Cependant ceux-ci, au jour fixé, arrivent gais et nombreux, au nouveau Collège. Ils viennent non-seulement de la ville, mais de toutes les paroisses avoisinantes : de la Pointedu-Lac, d'Yamachiche, de St-Maurice, de * Champlain. de Batiscan, de Bécancourt, de St-Sévère, etc., etc.

Dès le premier jour, on compte plus de cinquante internes. C'est M. P. Hub.'rt, secrétaire-trésorier de la corporation, qui voit les parents et fait les entrées ; car le directeur n'est pas enr(n*e nommé.

Monst'it>in'ui- Cookf, après s'être adressé su<'cessivement à trois de ses curés, avait essuyé partout des refus ; tant ro})pofîition que lui faisait son clergé, relativement à cette question, était générale et persévérante. îSeuls, quatre ecclésiastiques avaient répondu à rap[)ol de leur premier pasteur. Obéissani a l'ordre de leur évèque, ils avaient quitté, non sans regret, le Séminaire de Nicoh-t et ils étaient venus prendre le poste ([Ut- la Providence leur assignait.

Pour ri'iiii)lii- leurs nouveaux et très-délicats devoirs, ils venaient pleins de bonne volonté et de dévouement. Ils étaient disi)osés à faire taire les .sentiments de leur canir, pour n'écouter que leur eonseience et leur Supérieur.

C'étaient messieurs Tliéode L. de hottinville, ecidésiastique de troisième année. AllVed Smith. .](»an-Baptiste Marcotte et Louis Iviehard. tous trois ecclésiastiques de seconde année. Ces (jiudre ecclésiasti(|Ues. au jour de l'entrée, formaient donc tout le ])ersoiiiitd diilucant et enseiu'nant. Ettx seuls, avec Mgr Cooke pour prenii<'v Supérieur, formaient le conseil administratif intérieur.

t'Cpcndaiit la coi-porution avait uinioiicé que, pour la première année, elle ouvrirait des classesjusqu'à la Troisième ou à la Versification inclusivement ; mais elle avait compté sur un nombre peu considérable d'élèves. Elle avait cru qu<' quatre ecclésiastiques, avec un prêtre po\ir directeur, lui suiliraient jîour répondre aux besoins de cette première année. Dès le i)remier jour, elle put heur-usement constater que (-e nombre serait insuffisant. Elle informa donc Mgr Cooke qu'il y aurait, pour la classe de Troisième, un nombre d'élèves suffisant pour occuper un professeur. Mgr fit aussitôt savoir cette demande de la corporation aux ecclésiasticjues déjà arrivés et en même temps, Sa G-randeur les chargea de choisir parmi leurs confrères, non employés du Séminaire de Xicolet, celui qu'ils jugeaient, en conscience, être le plus capable de remplir la charge de professeur dans la classe en question. Sa Grandeur s'engageait à s'en rapporter à leur choix et à sanctionner leur élection.

Le choix du conseil tomba sur M. L. S. Rheault, ecclésiastique de troisième année que Mgr fit ai -^ôt prévenir et qui put arriver dès le jeudi soir.

Ces ecclésiastiques, accoutumés au règlement du Sémi. naire de Nicolet, lequel règlement étant à peu près le même que celui du Séminaire de Québec, n'eurent aucune difficulté à faire suivre ce dernier aux élèves qui, pour un bon nombre, avaient eux aussi fréquenté quelque temps l'Institution de Nicolet. Cependant aucune attribution, aucune charge particulière ne leur avait été assignée ; on attendait que cette distribution fut faite par le Directeur, mais celui-ci n'était pas encore trouvé, ou du moins n'était pas connu officiellement. En attendant, ces ecclésiastiques durent mener avec les élèves, la vie de communauté et le doyen d'entre eux, M. Lottinville. agissait comme premier maître de salle. C'est ainsi que, par des témoignages de confiance, d»^ sympathie et d'intérêt donnés aux élèves, par leurs premiers régents et professeurs, ceux-ci inaugurèrent cette vie de famille qui, dès l'origine, a fait le caractère de la communauté trifluvienne.

A six heures du soir, une cloche nouvelle faisait entendre

en ville ses joyeuses volées, c'était celle du Collège. Elle appelait pour la première fois et réunissait sous le vieux toit des casernes un groupe nombreux d'élèves qui allaient commencer l'année scolaire par un acte religieux, la récitation du chapelet. ■

Mgr Cooke avait prié M. J. E. Panneton, Ptre, vicaire de la Cathédrale, d'aller présider cet exercice qui se fit à la salle d'étude ; car il n'existait pas alors de salle de récréation ; et aussi de faire connaître aux élèves les principaux points du règlement.

Pendant les premiers jours, les ecclésiastiques se joignirent aux élèves pour les divers exercices religieux.

Messieurs Smith et Marcotte présidèrent aux deux dortoirs que formait alors la mansarde. M. Richard eut la surveillance du troisième dortoir qui se trouvait dans umchambre du second étage, attenauti' à la tourelle ouest. Cette chambre fit plus tard partie de la salle d'étude.

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