‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières; première periode de 1860-à 1874Chapitre 30 sur 84 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

LA. Q,"CrA.TI^.i:E!]VCE A^l^J^EE 1863-S4

I — Les vacances.

Vers la fin du mois de juillet 1863, M. P. Hubert réunit les membres de la corporation pour leur soumettre ses notes historiques et les comptes du Collège. Nous avons déjà vu précédemment, comment fut apprécié par ses collègues, le résumé historique de M. Hubert. Quant à ses comptes, il y avait mis tant de soins, une exactitude si grande et une honnêteté si scrupuleuse, qu'il aurait été impossible d'y trouver kmoindre défaut, s'il fut convenu d'avance avec ses collègues des honoraires qti'il devait se payer à lui-même comme secrétaire-trésorier.

Maintenant il s'élevait des difficultés assez sérieuses à propos de cet item, et la situation était aggravée par le retard même que M. Hubert avait apporté à faire sa reddition de comptes. Tous les membres de la corporation admettaient cependant que le secrétaire-trésorier avait droit à une rémunération convenable pour le temps qu'il avait consacré à la gestion des affaires de la maison, à la correspondance avec les parents, à la collection des comptes, aux entrées dans les livres, etc ; mais ils n'étaient pas d'accord sur le montant à lui payer. Les uns trou v^aient juste et raisonnable le percentage de sept pour cent que M. Hubert avait pris sur les

recettes et ils voulaient lui continuer sa charge dans les mêmes conditions ; les autres au contraire trouvaient ces honoraires trop considérables, eu égard aux moyens de l'institution, et ils drsiraient une plus grande économie dans l'administration : car, déjà les embarras financiers commençaient à se faire sentir et le bilan des atfaires de ces trois années accusait un déficit considérable.

Après plusieurs séances orageuses, la corporation finit par adopter une résolution approuvant l'ensemble des comptes du secrétaire-trésorier, mais désapprouvant l'item de ses honoraires et réduisant ceux-ci à un salaire annuel de cent vingt piastres. Ces difficultés fort regrettables amenèrent la retraite de M. Hubert et elles eurent pour effet de diminuer considérablement les forces de la corporation, en introduisant parmi ses membres des causes de division. Ceci se passait le 15 du mois d'août. A cette même assemblée, M. J. N. Bureau fut appelé à succéder à M. Hubert comme secrétaire-trésorier et il accepta cette charge sans vouloir exiger d'honoraires. Le 17 août suivant, l'incident fut clos par l'entrée de M. J. E. Panneton Ptre dans le Conseil de la corporation. Jusque là, M. Panneton assistait assez régulièrement aux assemblées ; mais il n'y avait que voix consultative. Désormais, il y occupera une place plus en harmonie avec sa charge de directeur, et qui lui permettra de servir plus efficacement encore les intérêts du Collège.

Pendant c[ue ces orages éclataient au sein de la corporation, un incendie épouvantable dévorait presque tout le principal quartier commercial des Trois-Rivières. Dans la nuit du 15 août, vers onze heures, le feu se déclarait dans un des hangars situé dans l'angle sud-ouest des rues Craig et du Platon, et en quelques heures, il réduisait en cendre les deux carrés formés par les rues " Notre-Dame, " " Craig " et du " Fleuve " d'une part et les rues du " Platon et St-Antoine " d'autre part. Cet incendie ruinait une vingtaine de nos meilleurs commerçants et avait pour contre-coup nécessaire, l'effet de retarder pour longtemps les secours que la corporation du Collège voulait- demander à la ville.

II — Organisation générale.

Dans une institution pauvre qui n'a pas les moyens ni le local pour garder plusieurs professeurs prêtres, chaque année qui finit voit partir des professeurs dont l'expérience pourrait commencer à la servir plus utilement et plus efficacement. Le Collège des Trois-Kivières devra subir, pendant nombre d'années, cette impérieuse nécessité. En attendant, il faut pour le directeur, tirer le meilleur parti possible des éléments que Mgr Cooke tient à sa disposition, avec une bienveillance vraiment singulière. Nous avons là le mot de l'énigme du séjour plus prolongé de quelques ecclésiastiques, et en même temps, la raison des combinaisons nouvelles qu'il fallait faire au renouvellement de chaque année.

Pour satisfaire la légitime curiosité qu'ont les élèves de connaître leurs professeurs, hâtons-nous de leur donner la liste du personnel pour l'année 1863-64, avec les attributions particulières assignées à chacun d'eux.

Monsieur l'abbé J. E. Panneton Ptre, directeur des élèves et préfet des études.

Monsieur l'abbé J. N. Héroux Ptre, directeur des ecclésiastiques prof, de Théologie et procureur.

Monsieur l'abbé Ls Pothier Ptre, professeur de Rhétorique.

Monsieur l'abbé J. Bte Marcotte Dcre, régent et bibliothécaire (Eccl. de 5e année).

Monsieur l'abbé Ls Richard Dcre, prof, de Philosophie et de Mathématiques (Eccl. de 5e année).

Monsieur l'abbé Ths Quinn Acol., prof, de Versification (Eccl. de 4e année).

Monsieur l'abbé Ths Fréchette Eccl., de 2e année, prof, de Belle s- Lettre s.

Monsieur l'abbé Ls Coté Eccl., de 2e année, prof de Méthode.

Monsieur Tabbé Clis L'inire Eixl., de Ire auuée, j)i"of. de Syntaxe.

Monsieur l'abbé Irénée Boarque Eccl., de Ire année, prof, des Eléments.

M. L. O. Grariépy, laïque, professeur de musique (piano).

M. Gr. W. Lawler, laïque, prof, de lecture anglaise dans les classes du cours latin et tenant toujours son académie commerciale indépendante.

Il fallut aussi recommencer une nouvelle distribution de logement. M. Panneton reprit sa chambre du second étage en face du fleuve. M. Héroux passa de cette dernière à celle de l'angle opposé, au nord-est. M. Pothier eut en partage la chambre voisine de celle de M. Héroux, et dut y mettre son lit et tout le matériel de sa classe. M. Marcotte garda son ancienne chambre de l'angle ouest, mais il eut M. Fréchette pour compagnon de nuit. M. Richard eut la chambre de l'angle sud-est ci-devant occupée par M. Panneton, avec lit et matériel de classe. MM. Quinn et Lemire, chargés du dortoir St- Joseph, y eurent en conséquence leurs chambres à coucher. MM. Coté et Bourque logèrent au dortoir St-Nicolas, commis à leurs soins.

Les classes de Philosophie et de Rhétorique étant déjà placées, celles de Belles-Lettres, de Troisième et de Méthode eurent respectivement les trois chambres du premier à partir de l'angle ouest jusqu'à l'angle nord. La chambre du milieu servait encore de salle d'exercices pour messieurs les ecclésiastiques. M. Lemire dut faire sa classe à la salle de récréation et M. Bourque, à la salle d'étude. Cette dernière servait encore de salle de musique pour leçons et pratique du piano.

M. Lawler gardait l'usage du " Château-bleu."

La surveillance à l'étude fut partagée entre le premier

régent et les professeurs des classes inférieures. Il en fut de

même quant à la charge de maître de salle et des autres

besognes suï)plémentaires qui complétaient la surveillance

générale. M. Richard resta ehargé de la direction du chœur de la cathédrale.

La barque ainsi montée, se trouvait en état d'entreprendre le voyage d'une nouvelle année.

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