‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières; première periode de 1860-à 1874Chapitre 57 sur 84 · CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME

Appréciation (ténérale de l'année scolaire 1870-71

L'anné3 qui venait de lîuir, pour n'avoir pas été aussi féconde en grands événements que ses devancières avait eu néanmoins elle aussi, ses alternatives de beaux et de mauvais l'ours. Mais la suppression de la classe de Rhétorique en rapport avec la direction intérieure, l'attitude du gouvernement d'Ottawa dans l'aifaire de la vente du Platon, en rajjport avec l'administration extérieure, l'offrande de leurs prix de la part des élèves à Pie IX prisonnier, de la révolution italienne, c'étaient là trois grands faits qui firent de cette année, une des plus mémorables des temps héroïques du Collège.

Cependant le projet de modifier le programme des études et celui de suspendre, pour un temps indéterminé, le.s efi'ets de l'affiliation, étaient deux g raves questions qui divisèrent entre eux les prêtres du Collège et qui finirent par amener la retraite de M. Gruilbert et de M. Caron. Ce dernier, appuyant plus particulièrement la raison de son départ sur l'état toujours précaire de sa santé, avait quitté le Collège vers la mi-juin pour un voyage aux Etats-Unis. M. Gruilbert qui avait donné sa démission depuis plusieurs mois déjà, partit à son tour dès les premiers jours des vacances, (a) Il fut d'abord vicaire à Shawenegan, puis à Drummoudville, enfin à St* Théodore d'Acton où il fut nommé curé après la mort de M-

(a) Tous deux revinieut plus tard en 1877 travailler de nouveau à leur cher Collège.

,T.-Bte Marcotte. M. Caron, après quelques mois de repos, fut nommé vicaire à Ste-Auue de la Pérade, puis à Yamacliiche et enfin il fut chargé de la cure de St-AVenceslas.

Le départ de ces deux jeunes prêtres, éminemment bien doués, et ne manquant pas d'aptitudes pour la vie de communaté, fut une perte pour le Collège. Tous deux déjà, d'abord comme ecclésiastiques, puis comme prêtres, lui avaient donné six années de service, et certes, ils ne lui avaient jamais marchandé le sacrifice entier de tout ce qu'ils avaient de talents et de bonne volonté. Aussi, ce fut pour M. Eichard un bien dur sacrifice que de se voir privé de l'aide et du concours de ces deux jeunes collègues auxcjuels il était sincèrement attaché et dont il appréciait justement les mérites. Ce fut peut-être un sacrifice non moins grand pour ces jeunes prêtres, de quitter leur Afma Mater ; mais les liens du cœur ne peuvent rien pour unir ceux que des idées opposées séparent. Et, dans une maison d'éducation, l'unité de vues est aussi nécessaire à l'unité d'action, que l'union des sentiments est nécessaire à l'union des cœurs

Venons-en maintenant aux statistic^ues de l'année. Les anciens élèves déjà portés à 275 en 1869, s'étaient accrus de 54, durant le terme scolaire 1869-70. Les noms de ceux qui prirent sans trop tarder une position dans la société, sont ; MM. F. X. Trudel et Edm. Grenier qui embrassèrent l'état ecclésiastique ; Pierre McLeod, Richard Cooke, Ph. Martel i:;t Ulric Barthe cpù étudièrent le droit ; Emile Lacoursière, et Amédée Tousignant qui choisirent la médecine ; Eugène Marchand, le notariat ; Richard Saucier, Lucien Panneton. Olivier Villemure et F. X. Morissette qui se firent religieux convers, le premier chez les frères de la charité, le second chez les jésuites, le troisième chez les Oblats, le dernier chez les Pères de Ste-Croix ; Nap. Champoux, Jean Hamel, Joseph Levasseur, et Crcorges Massicotte qui choisirent l'agriculture ; Léon Boucher, Chs. Biron, Eugène Beauchemin, Louis Badeaux, Edm. Camirand, Joseph Lamothe, Ernest Lacerte, Joseph Marchand, Arthur Pépin, Nap. St- Arnaud qui se lancèrent dans le commerce etc.

Les ancions élèves avaient donc atteint le nombre de 820 avant la présente année scolaire qui compta 131 élèves inscrits, 46 nouveaux et 85 anciens.

On ne comptait que lo pensionnaires et 2b externes ; tous les autres au nombre de 'JO étaient quart-pensionnaires.

Il y avait 2 finissants, 5 commençants:, en Ehétorique et Belles-Lettres 11, en Troisième 10, en Quatrième 15, en Cinquième 24, en Sixième 15, en Septième et Huitième 49.

Le diocèse des Trois-Rivières avait fourni 122 sujets dont la moitié tout juste était de la ville, les 9 autres venaient des autres diocèses et quelques-uns des Etats-Unis.

Le Collège avait eu, dans son bilan de l'année précédente une balance passive de $1831.89. Cette année, grâce à la recette extraordinaire venue de la succession de feu M. Dion et à un système d'économie des plus strictes, cette balance avait été réduite de $1233.40, c'est-à-dire, ramenée à la somme de $598.49, ainsi que l'indiquent les chiffres suivants : Recette totale $5803.48, dépense totale $5531.48, montant de la dette active $1379.51, dette passive $2250.00, résultat final, balance passive $598.49.

L'allocation du gouvernement avait été quelque peu diminuée ; au lieu d'être de $1200,00, elle n'avait été que de $1176.00.

Yoici les remarques suggérées aux autorités collégiales en présence de ce résultat financier, (rapport du 27 juillet 1871.)

" Nous aimons à attirer spécialement l'attention de l'Ho- *' norable Ministre de l'Instruction Publicjue sur le fait que " les dépenses de l'année courante sont beaucoup moindres *' que celles des deux années précédentes. Cela est dû à ce " c£ue la corporation n'a pas eu à subir de dépenses extraor- " dinaires et aussi, parce qu'on a administré, avec la plus " sévère économie, les re\'fenus qui se trouvant moindres que " ceux de l'année dernière devaient, ce semble, nous conduire "à une augmentation de dettes ; cependant, grâce à l'esprit

" d'abiiégatiou et de sacrifice du personnel, nous avons dimi- " nué notre dette

" Ce résultat est des plus encourageants; et si le gouver- " nement, témoin de nos sacrifices, veut bien les seconder, " s'il veut nous donner un octroi encore plus généreux que " celui des dernières années, nous ne tarderons pas à assimi- " 1er notre cours commercial à celui du " Collège Terrebonne," " afin que la nombreuse jeunesse de notre district qui désire' " se livrer à l'industrie et au commerce puisse trouver dans " notre institution le moyen de s'y préparer. "

(Signé) a. S. Badeaux Président de C. C. T.-R. SÉVÈRE Dumoulin Secrétaire.

Ls KiCHARD Ptre Directeur.

Ce dernier paragraphe insinue d'une manière bien positive les changements importants que l'administration allait faire subir à son programme d'études. C'est ce que nous allons voir dans le chapitre suivant.

Page 1