‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières; première periode de 1860-à 1874Chapitre 56 sur 84 · SIS · texte numérisé non relu

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et Edouard Laflèche. Aussitôt après son retour de Québec, le mardi 4 octobre, Mgr Laflèche lit au Collège des Trois- Rivières les ordinations suivantes : tonsurés, MM. F. X. Trudel, F. X. Ep. Dusseault, Edouard Brunel, P. Edm. G-renier, Jos. Narc. Gastouguay, et Ciis. Ad. Barolet ; minorés, MM. F. X. Cloutier, G. Pager et D. L. A. Noliu, ce dernier du diocèse de Montréal.

Ce même jour, 4 octobre, se trouvait justement la fête patronale de Mgj- Laflèche. Il n'y eut que les communautés qui song'èrent à lui rendre leurs hommages en cette occasion ; le clergé diocésain étant sous l'impression que sa fête principale était au mois d'août, à la St-Louis.

Le 11 octobre, les membres de la corporation du Collège furent réunis en assemblée régulière pour délibérer sur un projet que rêvait M. le curé des Trois-Rivières, depuis qu'il s'était chargé d'exécuter les dernières volontés de M. de Niverville. D'après la teneur du testament, M. Baillargeon devait employer en bonnes œuvres, une partie des biens de la succession. Or, il ne voyait pas de meilleure œuvre à faire présentement que de travailler à fonder le Collège, En conséquence il était d'avis d'appliquer ces argents de la succession de M. de Niverville à l'achat d'une ferme modèle pour le Collège, moyennant certaines charges à remplir par l'institution à l'égard de la veuve du défunt. Les membres de la corporation entrèrent pleinement dans les vues de leur collègue ; mais comme il ne fut pas immédiatement dotiné suite à ce projet, ces sommes d'argent furent absorbées dans la construction du nouveau Collège.

Dans cette même assemblée du 11 octobre, il fut aussi donné à Mr Baillargeon plein pouvoir de régler la succession de Mr Chs Dion, en son vivant, curé de St-Prosper. Enfin, on donna un successeur à Mr de Niverville en nommant Mr Richard, membre de la corporation.

III — Incidents d'un tremblement de terre.

Le 20 octobre est resté célèbre par l'i^ftrayant tremblement de terre qui eut lieu ce jour-là, vers onze heures de

ravaiit-midi, vt qui sema paitoul la terrour et l'épouvauto. Au Collège les élèves s e trouvant à l'étude, furent pris d'une panique incontrôlable. Ils se précipitèrent en dehors de la salle par les portes et par les fenêtres dans un pèle-mèle indescriptible, et ils n'étaient pas encore sortis que déjà k' danger étxiit passé ; mais il leur fallut quelque temps i:»our se remettre de cette mortelle frayeur. Li même jour, avait lieu à Ste-Angèl€ la bénédiction de la nouvelle église et ce fut au beau milieu du sermon donné par Mgr Laflèche que survint ia secousse. En sentant ce mouvement insolite, toute l'assistance, comme un seul homme, se leva épouvantée et folle de terreur se précipita vers les portes de l'église. Monseigneur assez (effrayé lui-même d'abord, se rendit bientôt compte du redoutable phénomène et il s'efforça de calmer les appréhensions de la foule en lui disant que le danger était passé et en invitant les paroissiens à reprendre leurs places.

Les tremblements de terre ont toujours quelque chose de singulièrement terrifiant ; mais c[uand ils se produisent au milieu d'une assemblée nombreuse, les effarements de la foule affolée ajoutent beaucoup aux horreurs de ces épouvantables phénomènes. Tel il arriva cette fois à Ste-Angèle et au Collège des Trois-Rivières.

IV — Arrivée des zouaves.

Le 8 novembre restera une date mémorable dans les fastes de l'église des Trois-Rivières. On sait cjue le dernier attentat contre le trône pontifical par le Piémont avait été consommé le 20 septembre. Au lendemain du jour où la France avait retiré ses derniers soldats de Rome, les Piémontais étaient venus mettre le siège devant cette malheureuse ville. Pie IX qui voulait épargner le sang de ses généreux défenseurs et de plus grands maux à son peuple, avait ordonné la capitulation après une résistance suffisante pour faire constater par l'Univers Catholique la violence avec laquelle on lui arrachait le dernier lambeau de son domaine pontifical. Mais l'assaut, le bombardement et la prise de Rome par le.s

soldats d'uu roi soi-disant catholique seront à jamais la houte de notre siècle. Cet attentat sacrilè^'e commis contre TEorlise et contre son Immortel Pontife, au mépris de toutes les lois et de tous les droits, mettait le comble à toutes les infamies et à toutes les spoliations de Victor-Emmanuel. La révolution, assise avec lui sur le trône d'Italie, se croyait assez forte pour braver les catholiques de l'univers entier, en leur volant leur capitale et en tentant d'asservir l'Eglise. Elle ne se trompait pas absolument, puisque l'apathie ou la connivence de tous les gouvernements la laisse rég'uer en maîtresse et en tyran sur Rome et sur l'Italie depuis bientôt trois lustres. Cependant le Canada catholique avait protesté contre cette invasion sacrilège par la voix du sang de ses zouaves qui avaient soutenus jusqu'au bout l'honneur des soldats du Christ et protégé de leurs nobles poitrines le trône éternel du Pontife-Roi. C'étaient ces glorieux vaincus dont le Canada fêtait le retour, et l'Eglise des Trois-Rivières pour sa part tenait à honneur de recevoir triomphalement ses quarante enfants qui arrivaient aujourd'hui de Rome. Il était vraiment touchant de voir ces braves d'entre les braves, insensibles en quelque sorte au bonheur de revoir leur patrie et leurs parents bien-aimés, indifférents en apparence à tous les témoignages de sympathie qu'ils rencontrent partout, n'éprouver qu'un regret, celui de n'être pas tombés glorieux au champ de l'honneur. On lisait sur toutes les ligures, les pénibles sacrifices de la capitulation, les poignants adieux au Saint Vieillard du Vatican, les ennuis de la captivité, les souffrances et les horreurs d'une traversée sans précédent par la violence et la durée des tempêtes. Mais s'ils ne pouvaient se réjouir au milieu de l'allégresse générale, ils avaient du moins la consolation de voir que la cause pour la défense de laquelle ils avaient offert si généreusement leur vie, était justement appréciée par leurs compatriotes. Ces démonstrations dont ils étaient l'objet en était un éclatant témoignage.

Arrivés vers Y heures du matin sur un petit vaisseau spécialement nolisé pour les amener de Montréal, ils furent reçus aux acclamations d'une foule de cinq mille personnes,

et couduits eu triomphe à la cathédrale où une adresse de bienveuue leur lut présentée par le x)ro-niaire de la cité, M. N. Djuoncourt. Ce fut le sjrgeut-major Prendergast qui répondit à cette adress3 en rem^roiant cordialemint Jes citoyens de leur sympathie ; mais aussitôt le souvenir et le nom vénéré de Pie IX vint se poser sur ses lèvres et l'émotion donnait à sa voix un accent d'irrésistible conviction quand il déclara être encore prêts, lui et ses compagnons, à voler au secours du Saint-Père si les circonstances l'exigeaient On entra à la cathédrale, et là, après un chant de circonstance exécuté par le chœur des élèves, Mgr Laflèche adressa une courte mais bien éloquente allocution à ses chers zouaves, puis donna lui-même la bénédiction solennelle du S. Sacrement, qui finit par un Te Detim solennel comme les voûtes de la cathédrale n'en ont pas souvent entendu.

Au sortir de l'église, ceux des zouaves qui n'avaient pas leurs parents en ville furent invités à venir prendre le déjeuner au Collège. Ce qu'ils firent pour la plupart, et c'est là que nous avons pu recueillir de leurs propres bouches,le récit des situations plus ou moins critiques dans lesquelles chacun s'était trouvé durant les derniers événements d'Italie, et les impressions diverses qu'ils avaient éprouvées au cours de ces événements Récits pleins de charmes respirant toujours le plus sincère dévouement et l'amour le plus tendre pour Pie IX.

V — Exécution d'une classe.

Les scènes si riantes et si gracieuses de l'arrivée des zouaves ne furent pas sans charmes pour les élèves trifluviens : mais elles furent bientôt suivies d'un de ces coups de théâtre extraordinaires qui laissent d'ineffaçables impressions.

Demandons-le plutôt aux élèves de Rhétorique de cette année-là. Après un essai de près de trois mois, M. le préfet des études, peu satisfait du travail de ces élèves et entièrement désespéré de leurs succè^^, au moins pour d'eux d'entre eux, résolut, du consentement de ses collègues de fermer la classe de Rhétorique et d'envoyer ces élèves en Belles-Lettres.

Cette résolutiou fortemeut appuyée, quoique d'une manière indirecte, sur l'inutilité des sacrifices que faisait la maison pour maintenir un professeur dans une classe dont un seul élère pouvait profiter était peut-être, malgré tout, un peu radicale et il eu coûta beaucoup à M, le directeur pour y donner son assentiment. Il prévoyait les graves difficultés qu'il aurait à rencontrer pour concilier tous les intérêts en jeu. Deux des élèves acceptèrent d'assez bonne grâce la décision de leurs supérieurs, les deux autres se crurent assez forts pour tenter fortune ailleurs. Voyant que, malgré toutes les bonnes raisons qu'il faisait valoir pour engager le plus capable de ces élèves à recommencer ses Belles-Lettres, celui-ci persistait à ne pas vouloir le faire, M. le directeur alors favorisa l'entrée de cet élève au Séminaire de Québec où, en effet, il soutint un ri no; honorable parmi ses nouveaux confrères de la Rhétorique.

Les graves conséquences de cette décision firent comprendre aux élèves des classes inférieures la nécessité qu'il y avait pour eux de bien travailler, pour s'assurer du succès dans leurs classes respectives.

Les dernières semaines de l'année 1870 n'amenèrent point d'autres variétés aux exercices scolaires de chaque jour et de chaque semaine que les fêtes religieuses de l'Immaculée Conception et de Noël. Les congréganistes célébrèrent leur fête patronale et le premier anniversaire de l'inauguration de leur société avec une grande pompe. Le sermon de circonstance fut donné par M. .1. Cooke, alors vicaire à Grentilly.

VI — Le premier de l'an 1871.

n avait été décrété par les autorités collégiales que l'on n'accorderait plus aux élères la petite vacance du premier de Tan. Le souvenir des inconvénients des précédentes années était en< ore trop vivace dans l'âme de tous les anciens élèves pour qu'ils songeassent à exprimer un murmure ou une plainte. On vit donc, cette année, revivre toutes les scènes pitto- Tesques qW ce jour ramène au sein d'une communauté

Souhaits de bonno année de chacun à tout le monde et de tout le monde à chacun, visite des élèves de chacjue classe à leurs professeurs, réception du directeur à la salle des exerciites et sa bénédiction comme père de la famille et comme prêtre. Le jour de l'an et le congé qui suivit furent donc passés au Collège au milieu des divertissements de toutes sQrtes que M. le directeur et ses dignes coopérateurs s'ingéniaient à varier le plus possible, afin de faire oublier aux jeunes élèves l'éloignement de la famille et les jouissances du foyer paternel.

Le trois janvier, Mgr Laflèche à qui cette décision des directeurs du Collège relativement au congé du jour dv l'an avait été particulièrement agréable, vint veiller avec les élèves pour les entretenir de ses voyages, de ses missions, etc., etc. Nul besoin de dire que l'éminent conférencier sut intéresser au plus haut point, son jeune auditoire et Cju'il contribua plus que tout autre à achever de dissiper le nuage de tristesse et de regrets, qui était passé sur l'horizon de quelques jeunes élèves.

Telle avait fini l'année 1870, telle commença l'année 187L Le calme le plus profond, précursetir de quelque nouvelle temi^ête, marqua toute la durée des mois de janvier, de février et de mars. Ce ftit pendant les loisirs de cette trêve à nos luttes et à nos épreuves que les directeurs dti Collège s'appliquèrent à étudier les programmes d'études dans lesquels il est fait une plus large part aux matières commerciales, et préparèrent les princi^Dales lignes de celui qu'ils se proposaient d'adopter pour l'institution. Quant aux rapports cjtie uotis avons dû avoir avec messieurs les directeurs des Collèges de Ste-Anne et de 'Terrebonne, au sujet de leurs programmes d'études, nous n'avons qu'à nous féliciter de la courtoisie et de la bienveillance que nous avons rencontrée chez eux. et c'est pour nous un devoir bien doux à remplir, de leur en témoigner de notiveau ici notre profonde gratitude. D'autaat pltis qu'ils ne sauraient jamais ètr? assîz rem ^rjiés djs services qti'ils ont rendus à leur patrie, en inaugurant les pre-

miers uu système d'études si parfaitement approprié aux besoins de notre société.

Les examens du premier semestre furent faits vers le premier de janvier et ils donnèrent un résultat tout à fait satisfaisant. Mais en dehors de la variété assez peu sensible que les examens apportent à la règle, il faut se rendre au six mars pour rencontrer un incident dig'ue de remarque. Ce jour-là, Mgr Laflèche daigna de nouveau faire la visite de nos classes et le lendemain soir il venait présider une gi-ande séance littéraire que nos académiciens donnaient en l'honneur de leur patron, IS. Thomas d'Aquiu.

Outre Sa Grandeur, étaient présents à cette séance, M. Noiseux curé de Ste-Geneviève, les messieurs de l'évêché, les Frères des Ecoles Chrétiennes, les membres de la corporation du Collège et plusieurs citoyens de cette ville.

La séance fut ouverte par une petite adresse de bienvenue à Sa Grandeur par M. J. Jacques, élève de Versification. Puis vint le panégyrique de S. Thomas d'Aquiu par le président de l'académie, M. Léopold St-Arnaud. Dans un style pur, clair et naturel, ce jeune orateur fit ressortir les éminentes A'ertus et la science prodigieuse du Docteur Angélique. Après cet intéressant discours qui fut religieusement écouté, les élèves chantèrent " L hymne à Pie /AV composition fort remarquable de Gounod.

On a ensuite représenté la scène historicjue de Pierre r Ermite prêchant la croisade au concile de Clermont en présence du pape Urbain IL Les discours de Pierre l'Ermite par Olivier Savoie, de l'ambassadeur grec par Prosper Cloutier et du pape Urbain II par G. Brunelle, vice-président de l'académie furent rendus avec le caractère particulier à chaque personnage.

Cette scène si belle et si grande par ses souvenirs historiques fut couronnée par la " Grande marche dem Croisés " de Félix Clément.

Mgr Laflèche daigna clore lui-même la séance par de.s

félicitations aux académicions et par de chaleureux encourag-ements à imiter leur illustre Patron.

La fête de S. Joseph eut, cette année, un caractère plus particulièrement religieux. Ea effet. Pie IX, venant par un •décret en date du 8 décembre 1870 de nommer S. Joseph Patron de f Eg'/àe Universelle : ce fut pour les élèves du Collège -des Trois-llivières un nouve au motif pour honorer leur Saint Protecteur par une solennité plus grande encore que de coutume.

TU — AXXONCE DE LA VENTE DU PlATON".

Vers la mi-avril, une lettre de M. E. Parent, sous-secrétaire d'Etat, informait les autorités collégiales que le " Platon " allait être mis eu vente au mois de septembre suivant, et qu'elles eussent à prendre leurs mesures eu conséquence. C'était bien là cette nouvelle tempête, présagée depuis longtemps, qui éclatait tout à coup sur l'institution, et qui lui venait d'un côté d'où elle ne l'atten dait nullement. Mais le bail passé entre le gouvernement et feu M. Turcotte venait d'expirer, les ennemis du Collège en profitaient pour lui susciter de nouveaux embarras.

La lettre de M. Parent fut comme un coup de foudre pour les membres de la corporation. Ceux-ci toutefois se montrèrent aussitôt à la hauteur de leur position et, dans une assemblée tenue le 20 avril, ils décidèrent unanimement " que " puisque le gouvernement d'Ottawa voulait vendre le Pla- " ton, la corporation du Collège devait immédiatement faire "' les démarches nécessaires pour l'acheter, coûte que coûte ; "'■ afin de ne pas compromettre l'existence de la maison. "

Sans retard. Monsieur W. McDougall, membre des communes pour la ville Trois-Rivières, fut chargé de faire savoir au gouvernement les intentions des directeurs du Collège, et il fut mis en demeure d'user de toute son influence pour leur faciliter l'achat en bloc des terrains de l'Ordonnance aux Trois-Rivières. Que M. McDougall ait fait, dans cette cir-

constance, tous ses efforts pour servir les intérêts de ses électeurs catholiques des Trois-Rivières, si grandement engagés dans l'existence et la prospérité du Collège, c'est ce que plusieurs ont toujours révoqué en doute. Quoiqu'il en soit, le résultat de ses premières démarches communiquées à la corporation dans une assemblée tenua le 3 mai, allait à faire croiri' que le gouvernement n'entrerait en pourparler avec la corporation qu'à la condition que celle-ci lui fasse des propositions d'achat en lui offrant le montant réel dd la valeur de la propriété. En conséquence les membres de la corporation considérant que, eu égard à la valeur actuelle de la propriété aux Trois-Rivières, la somme de huit mille piastres représentait la valeur absolue du Platon, résolurent d'olfrir cette somme et chargèrent M. McDougall d'agir, pour et au nom de la corporation pour transiger cette aifiire et parfaire le marché, si le gouvernunent acceptait ces propositions. L'affaire, conduite avec faiblesse, pour ne rien dire déplus, traîna en langueur. Finalement, la corporation dut agir directement auprès du chef bas-canadien. Sir Gr. E. Cartier. Elle le lit par une note eu date du 21 juillet. Mais le 25 octobre suivant, elle reçut de l'Honorable secrétaire d'Etat une réponse négative à ses propositions.

Les retards apportés au règlement de cette affaire, causèrent beaucoup d'ennuis aux membres de la corporation et aux directeurs du Collège, et n'eut été la ferme confiance que l'on avait dans la Providence, cette fois encore, l'on aurait été tenté de se décourager et d'abandonner la barque au jouet des tempêtes. Mais St. Joseph veillait toujours sur le Collège et les difficultés nouvelles qu'il lui ménageait en cette circonstance allaient justement devenir une des principales raisons de hâter la construction du nouveau Séminaire sur lequel il voulait surtout manifester sa protection. Si le gouvernement eut alors accédé à nos désirs, cette construction eut été ajournée indéfiniment ; peut-être, eussions-nous travaillé à fixer définitivement l'institution sur le Platon et cela aurait été un grand malheur. Placée là, elle n'aurait certainement pas été dans un milieu convenable à son développe-

mont et à rimiv)rtan(<' qu'elle riait appelée à prendre plus tnrd sous Tim pulsion et la haute direction du nouveau titulaire du diocèse.

Vin — Les FETEr> DU MOIS DE .TUIX.

Le trois juiii, premier anniversaire de la prise de possession du siège épiscopal des Trois-Kivières par Mgr Laflèche, fut célébré selon le cérémonial voulu par les saints canons, c'est-à-dire, par une messe solennelle suivie du chaut du Te Deinn. Les élèves du Collège allèrent aussi, en cette circonstance, présenter leurs hommages à leur bien-aimé Pasteur. Ce fut Mr Léopold St- Arnaud qui porta la parole au nom de ses confrères, et il s'acquitta de sa tâche avec beaucoup de bonheur. La fanfare était là, elle aussi pour exprimer à sa manière l'enthousiasme et la joie des jeunes écoliers, et donner à la fête un caractère plus solennel et pltis joyeux.

Le seize juin fut un jour d'allégresse pour le monde catholique, c'était le vingt-cinquième anniversaire de l'élection de Pie IX au souverain pontificat. Les élèves du Collège des Trois-Rivières voulurent prendre leur part de réjouissance en ce jour trois fois béni ; c'est ce qu'ils firent dans un beau grand congé.

C'était encore fête au Collège, le 21 juin, en l'honneur de Mr le directeur. Le petit programme d'adresses, de chant et de musique rempli dès la veille au soir, il fallait songer à passer joyeusement le congé du lendemain. En conséquence, il fut réglé que toute la romraunauté irait faire une promenade à la Pointe-du-Lac. De grand matin, tous les élèves emportant avec eux leurs provisions de voyage, prenaient passage à bord du petit vapeur Doré, et les sons cadencés d'une musique harmonieus.î réveillant les échos encore endormis de la ville, annonçaient aux citoyens la joyeuse excursion. Bien de plus poétique et de plus charmant qu'une navigation matinale sur les ondes calmes de notre grand fleuve par un beau jour du printemps et tel était ce jour de la St- Louis.

Il était sept heures et demie quand nous touchâmes le sol hospitalier de la Poiute-du-Lac. Bientôt la communauté fanfare en tête, défilait à travers le village et se rendait à l'église pour y entendre la sainte messe. Puis elle allait passer la journée sur le sable fin de la grève et sous l'ombrag-e bienfaisant des grands ormes c|ui la bordent. Il était tard le soir quand le Doré ramena les excursionnistes.

Le 22 juin, la corporation du Collège des Trois-Rivières faisait chanter à la cathédrale un sarvice solennel pour le repos de l'âme de sou bienfaiteur, M. Chs Dion, eu son vivant curé de St-Prosper. Le 26, les élèves prenaient part à la bnllante solennité de la fête nationale et l'académie donnait une grande séance publique, présidée par trois des professeurs, MM. Gr. Pager, D. Fortin et C. A. Barolet. Les orateurs qui prirent la parole à cette séance furent M. l'abbé Gr. Pager président honoraire, M. L. St- Arnaud, président actif, MM. Chs Caron, Désiré Houde et Joseph Jacques. M. le directeur dit aussi quelques mots à la gloirj d^ sjs malheureux ancêtres, les Acadiens. La corps de musicjue du Collège fournit son concours dans cette fête de famille, ainsi que le chœur des élèves.

IX — Distribution des prix.

Nous touchions au terme des travaux scolaires de l'année. Les élèves avaient subi les épreuves de leur second examen (a) et ils avaient donné pleine satisfaction à Monsieur le préfet des études. Il ne leur restait plus qu'à recevoir le prix de leurs travaux et la récompense de leurs succès. Mais je laisse la parole au " Journal des Trois-Rivières " qui va nous rendre compte du dernier exercice de l'année. Voici : " Mar- " di dernier avait lieu au Collège de cette ville la séance qui " termine les exercices scolaires de l'année. Beaucoup de " membres du clergé, les parents des élèves et les amis de " l'éducation y assistaient. Par respect et par sympathie pour

(a) N'ayant pas du rliétoiiquo cutte année, nous n'avions point do candidats pour le concours du baccalaïuéat et notis n'eûmes pas non plus à aller à Québec pour la collection des devoirs.

" les malheurs de l'auguste l'ie IX, prisonnier dans sou pro- " pre palais, les directeurs de la maison ne voulurent pas " donner à cette démonstration le caractère de pompe et d'al- " légresse qu'elle a coutume d'avoir. La société littéraire et " la société harmoniciue du Collège firent tous les frais de la " séance. "

" Après un bol air de musique exécuté par la fanfare du '• Collège, le président de l'association littéraire, M. Greorges '■ Brunel ouvrit la séance par un discours rempli des plus " belles idées, rendus dans un style riche et fleuri. Sur le " théâtre se trouvaient tous les membres de l'académie, re- '■ vêtus de leurs insignes.

" Après que le président eut fini de parler, M. Auguste " Beaudry, élève en Belles-Lettres lut un travail sur les " combats et les espérances de l'Eglise. Ce jeune homme " s'est fait remarquer par la sûreté de doctrine, en même temps " que par la richesse d'expression avec lesquelles il a traité " son sujet, (a) Aussi reçut-il les compliments les plus flat- " teurs de la part de M le Gr. Y. C. 0. Caron qui présidait " cette séance."

" Les élèves entonnèrent ensuite " U Eglise sur la mer du " monde.''' Ce morceau de chant fut très bien rendu. M. Ar- " thur Pichette a fait admirer la souplesse et l'étendue de sa ■' voix dans l'exécution du solo qui lui avait été confié.

" Les élèves avaient fait le sacrifice de leurs prix en faveur " du St-Père. Mais les prix n'en furent pas moins proslarnés. '' tant pour récompenser le mérite des vainqueurs que pour " montrer la valeur du don que faisait chacun des élèves cou- ■' ronnés. Pour perpétuer le souvenir de cette belle a3tion, " on remit aux lauréats das cartes énuméraut les prix off'erts " par eux à l'auguste pontife qui préside aujourd'hui aux des- " tiuées de l'Eglise. Ces cartes, portant comme devise : " Dans le sacrifice honneur et vertu,'' devront être conservées " comme de précieux souvenirs pour ces élèves.

(a) Ce discours avait été composé par M. G. Pager.

L'histoire qui prend une note fidèle des nobles actions' doit consigner ici tous les noms de ses généreux écoliers : En Philosophie senior, Léo]3old St. Arnaud et Olivier Savoie ; eu Philosophie junior, Joseph Pi cher, G. Brunel et Chs Caron ; en S3conde D. Houde, P. Cloutier, Herc. Poisson, Oct. Pleau, Auir. Beaudry et Arth. Pichette ; en Troisième, Jos. Grenest, Jos. Jaccjues, Luc. Lassalle, Alex. Dugré, Jul. Richard et Ths Boucher ; en Quatrième, G-ust. Lamothe, L. D. G-renier, Ed. Méthot, Ed. Laflèche, John McDougall, Jos. Veillet, Hect. Tourigny. Ir. Pratte et Chs Bellemare; en Cinquième H. (xouin, Gr. Moreau et Chs Mailhiot ; en Sixième Elle Pager, Dan. St-Quentin, Lud. Tourigny, Moïse Coulombe, Wil, Whiteford, F. X. Lizée et Nap. Lacroix ; en Septième L. D. Héroux, Gr. Caron, Ad. Pager, Art. Duple ssis, Eug. F. Brunel. Jos. Samson, E. Tourigny, J. Jourdain, Ant. Dusse ault, Avila Grouin, Tél. Dascoteaux, Jos. Comtois. Alp Duval, Vict. Tourigny, Horm. Duval, J. Bte Grailloux. Nap. Dujliaiue, Frs Biron et Chs Milette ; eu Huitième, Gréd. Vadeboncœur, C. B. Gruillet, Ach. Dion et Ed. Balcer.

" Après la proclamation des prix, la bande joua l'intro- " duction de l'hymne à Pie IX. Puis les élèves chantèrent avec " beaucoup d'entrain et accompagnement de la fanfare " Viua Pio Nono " ! M. le directeur s'étant ensuite levé et " ayant prétendu que la séance n'avait pas été très intéres- " saute, M. le Gr. V. C. 01. Caron protesta contre cet avancé, " fit le plus bel éloge des discours c[ui venaient d'être pro- " non'?és, parla avec émotion de la générosité du sacrifice cj[ue " faisaient les élèves et les félicita des progrès qu'ils avaient " faits pendant l'année. Quiconque a assisté à cette séance " sera de l'avis de M le grand vicaire Caron.

" Nous faisons des vœux pour que cette jeune et vigou- " reuse institution qui fait tant de bien au milieu de nous, se " maintienne dans l'état de prospérité où elle se trouve ac- " tuellemént, et nous lui 80uhaiton.s uu avenir digne des " succès cj[u'elle continue de remporter tous les ans."

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