‹ Histoire du commerce canadien-français de Montréal 1535-1893 [microforme]Chapitre 104 sur 153 · ALBERT J. CORRIVEAU · texte numérisé non relu

ALBERT J. CORRIVEAU

M. ALBERT-J. CORRIVEAU, industrie et ingénieur-électricien, est né le 26 mars 1851, et par conséquent est maintenant dans sa quarante-troisième année, Il descend par son père d’une famille française et par sa mère de la race écossaise. Ayant reçu une bonne éducation commerciale et scientifique, il se lança dans le commerce à l’âge de dix-huit ans ; et dès lors il se distingua par l'originalité et la justesse de ses conceptions aussi bien que par la vigueur avec laquelle il en poursuivait la réalisation. Aussi remporta-t-il des succès qui le convinquirent que le Canada offrait un champ aussi riche que vaste pour les entreprises industrielles. Désirant se préparer plus sérieusement pour l'exploitation des idées qu'il avait déjà en tête, il passa aux Etats-Unis et se fixa à NewYork. Pendant plusieurs années il resta dans la métropole du Nouveau-Monde, travaillant avec persévérance à s’initier aux secrets de plusieurs industries qui étaient alors relativement nouvelles. Une alliance de famille avec MM. Givernaud Frères, les célèbres manufacturiers de soiries, le porta à s'occuper plus particulièrement de la fabrication de la soie. Aussi, lorsqu'il revint au Canada en 1878, plein du désir de consacrer son énergie et ses connaissances au développemert de l’industrie de son pays natal, sa première pensée fut d'établir une ma- nufacture de soirie. L'idée était hardie. C’est à peine si on avait vu au Canada quelques expériences dans ce genre d'industrie. M. Corriveau fut le premier à vouloir commencer la fabrication sur une base pra- tique. Naturellement il eut à surmonter toutes les diffi- cultés que rencontrent toujours les pionniers d’une idée. Ildut même former lui-même les premiers ouvriers, car il avait décidé de n’employer que des Canadiens. Mais il avait les rares qualités du novateur et du fondateur ; il finit par triompher. En 1882, la ‘Compagnie des Filatures de Soirie de Corri-

veau,” était formée avec un médailles d'or et de nombreux concours avec les produits attester la haute qualité des nes. La nouvelle entreprise

capital de $200,000. Quatre dplômes remportés dans des étrangers venaient peu après premières soiries canadienmarchait rapidement dans la

voie du succès, lorsque la faillite de la Banque d’Echange de Montréal fit subir des pertes considérables à la compagnie. M. Corriveau voulait lutter quand même, toujours plein de confiance, mais les actionnaires se prononçèrent pour une liquidation volontaire. C'est alors que M. Corriveau tourna son attention vers l'application de l'électricité à l'industrie, D'abord employé comme agent général de la Compagnie Royale Electrique ; il fit adopter l'éclairage par l'électricité dans plusieurs villes de la province. Il entra vers ce temps dans la National Electric Light Association,” et devenu officier peu de temps après, il engagea les membres de cette association à tenir leur convention générale de 1891 à Montréal. Il organisa pour l’occasion la plus belle exposition électrique qu’on eût encore vu, et qui a beaucoup contribué au progrès de notre province dans cette industrie. Il y a trois ans, M. Corriveau a fondé la ‘Canadian Electrical Construction, Manufacturing and Supply Company,” dont il est le président et le gérant. En cette qualité il a introduit plusieurs améliorations dans l'application de l'électricité à l'éclairage, au chauffage et comme pouvoir moteur. Mais jusqu'ici l'œuvre capitale de M. Corriveau, est la conception, et nous pouvons dire la réalisation, d'un système de chemins de fer, d'éclairage et de transmission de pouvoir par l'électricité sur toute l'île de Montréal. Associé avec plusieurs capitalistes importants de New-York et de Montréal, il a réussi, après une lutte acharnée, à obtenir les privilèges nécessaires pour la réalisation de son projet. M. Corriveau est aujourd’hui à la tête, comme officier, de la Compagnie du Parc et de l'Ile de Montréal, organisée pour l'exploitation de ces privilèges. Bon patriote toujours, M. Corriveau fut l’un des principaux organisateurs des fêtes nationales de 1884 et il s'imposa des sacrifices considérables pour faire figurer la paroisse du Sacré-Cœur dans la procession, où son fils personnifia St-Jean-Baptiste. Il a aussi pris une part active à une foule d'autres mouvements, comme membre de nos sociétés nationales, athlétiques et commerciales,

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