‹ Histoire du commerce canadien-français de Montréal 1535-1893 [microforme]Chapitre 119 sur 153 · EDMOND-LOUIS ETHIER · texte numérisé non relu

EDMOND-LOUIS ETHIER

M. EpMonp-Louis ETHIER, manufacturier de billards, citoyen bien connu de Montréal, est né le 17 septembre 1840, à Sciota, Champlain, comté de Clinton, New-York.

Son père, M. Louis Ethier dit Dragon de Saint- Valentin, fut un des plus actifs patriotes de 1837 et 1838. Lorsque Colborne inaugura le règne de la terreur, il fut obligé de s’exiler aux Etats-Unis pour échapper à l'échafaud. Ce vénérable vieillard, maintenant âgé de quatre-vingt-douze ans, vit encore et demeure avec son fils, M. Edmond Ethier.

Ce dernier naquit avec le goût des voyages dans les veines. Il n’était pas encore vieux, qu’il partait pour la Californie, qui remplissait alors le monde de la renommée de ses mines d'or. Pendant plusieurs années il demeura à San Francisco. Il avait apporté dans cette lointaine contrée les sentiments patriotiques qui animaient son père. Il prit part à tous les mouvements pour unir les fils de la France qui habitaient la Californie, et il contribua notamment à l'établissement de l'hôpital français et d’une Société Saint-Jean-Baptiste dans San Francisco.

M. Ethier voyagea ensuite dans l'Amérique du Sud et les Indes Occidentales.

Mais nul part il ne trouva fin, en 1870, n'ayant pas ouvint s'établir à Montréal.

fut aubergiste. En cette ment à fonder l'Association pour relever le niveau moral téger les hoteliers dans leurs leur réputation.

Aujourd’hui M. Ethier Il tient aussi un magasin de de tous les accessoires nécesson application aux affaires, mier rang dans ce genre de billards sont avantageusemanufactures les plus célè-

l'existence qu'il rêvait. Enblié qu'il était Canadien, il Pendant plusieurs années il qualité, il contribua puissamdes Hoteliers, qui à tant fait de ce commerce, et pour prodroits légitimes comme dans

est manufacturier de billards.

tables de billards ainsi que saires pour ce jeu. Grâce à il a placé sa maison au precommerce. Ses tables de ment comparées à celles des bres. M. Ethier fait partie

de la Chambre de Commerce du district de Montréal depuis 1889. Ilest très popu- laire parmi tous ceux qui ont le plaisir d’avoir fait sa connaissance. Il reçoit chez lui plusieurs des principaux citoyens de Montréal qui l’honorent de leur amitié.

Pour faire l'honneur de sa maison, comme aussi du reste dans la direction de ses affaires, M. Ethier est habilement secondé par son aimable femme, qui est aujourd’hui bien connue dans toute la province de Québec en rapport avec ‘‘l’Académie de Coupe de Robes ” qu'elle a fondée dernièrement. Cette institution dont l'utilité est incontestable et dont le succès très rapide a prouvé le besoin qui en existait, est une œuvre qui mérite de la reconnaissance de la part de nos familles. En apprenant ce système de coupe, les mères de familles pourront confectionner leurs vêtements et ceux de leurs enfants. Les jeunes filles auront aussi l’avantage de commander des appointements plus élevés ou de s'établir à leur propre compte. Plus de deux mille élèves qui ont déjà passé par cette école, sont prêtes à prouver que ce système est le plus simple et donne la satisfaction la plus parfaite. Vu le grand succès déjà réalisé, madame Ethier s'est vu dans la nécessité d'organiser un système de conférences et d'exposition, dans ses salles, No. 62 rue Saint-Denis. Ainsi, le premier lundi de chaque mois, il y a une conférence ; et au mois de septembre de chaque année le public est invité à une exposition des articles confectionnés par les élèves de ‘l'Académie de Coupe de Robes.” Les cours comprennent le dessin des patrons, l'essayarye, l'assemblage, l'ajustage, la jupe, le manteau et le dolman. Le tout s'apprend en que'ques jours.

Madame Ethier, qui doit tout son succès à son activité et à son esprit innovateur, à droit d’être fière des résultats qu'elle a obtenus. La confection est une industrie et un art dans lequel toutes les femmes devraient être versées ; en en propageant la connaissance d'une manière aussi efficace, Madame Ethier rend un service signalé à la société et mérite sa reconnaissance,

ARTHUR DÉCARY.

M. ARTHUR DÉCaRyY s'est établi tout récemment dans le quatier Saint-Jacques, et moins de deux années lui ont suffi pour se former une réputation de pharmacien sans rival, et pour se faire une clientèle considérable et des mieux choisies. Aussi, faut-il dire qu'il n’a

rien négligé pour en arriver à ce résultat.

suffit pour révéler le soin mila distribution des marchantion de ses clients. De nétrer l'air à profusion dans l'on trouve tous les produits ques les plus purs, et les fumerie les plus variés. M.

lement de la préparation des médecins auxquelles il donne nécessaires. M. Décary a supérieur de son établisse- Microbiologie générale et matériel scientifique de ce direction immédiate, permet exactitude, les analyses médi-

Un coup d'œil jeté sur le local qu'il occupe

nutieux qu'il a apporté dans dises qu'il tient à la disposigrandes vitrines laissent pél'intérieur du magasin, où chimiques et pharmaceutiarticles de toilette et de par- Décary s'occupe tout spéciaordonnances de MM. les tout le soin et l'attention également installé à l'étage ment, un laboratoire de d’Analyses Médicales. Le laboratoire qui est sous sa de faire avec la plus grande cales et les recherches miest né à Montréal le 2 décem-

croscopiques. M. Décary

bre 1863. Après avoir fait son éducation au Collège de Montréal et à l'Ecole Normale, il embrassa la profession de pharmacien et alla en 1888, compléter ses études à Paris. Il revint donc au Canada, préparé comme bien peu d'hommes ont le bonheur de l'être, pour la carrière qu'il s'était choisie. M. Décary a donné des preuves concluantes qu'il entend rester à la tête du progrès dans son genre d'affaires.

Page 1