‹ Histoire du commerce canadien-français de Montréal 1535-1893 [microforme]Chapitre 68 sur 153 · HORMISDAS LAPORTE · texte numérisé non relu

HORMISDAS LAPORTE

M. Horuispas LAPORTE, de la maison Laporte, Martin & Cie, épiciers en gros, est né dans la paroisse de Lachine, le 3 Novembre 1830. Son père, Jean-Baptiste Laporte, qui était meunier, alla résider l’année suivante au Sault-au-Récollet ; et c'est là que le jeune Laporte reçut sa première éducation. A l'âge de quatorze ans il vint à Montréal et commença à gagner sa vie en travaillant dans une manufacture de clous. Pendant quatre ans il resta attaché à cet emploi, profitant de tous ses loisirs pour ajouter à son éducation. Désireux de se lancer dans le commerce, il laissa en 1870 la manufacture de clou pour entrer au service d’un épicier de la rue St-Joseph. Il ne tarda pas à se faire remarquer par ses aptitudes pour le commerce ; et au bout de quelques mois il se lança dans les affaires pour son propre compte au coin des rues St-Jacques et St-Martin. L'énergie, l’activité et l'honnêteté conduisent toujours au succès; ce fut le cas pour M. Laporte. En 1881, il renonçait au commerce de détail pour se consacrer à celui du gros, et en 1888 il forma la société dont il est actuellement le chef avec M. J. B. A. Martin, qui avait été pendant plusieurs années avec la maison N. Quintal & fils, et M. J. O. Boucher, son premier commis. Sous la nouvelle raison so- ciale, les affaires ne cessè-

rent pas de prospérer, et au coin des rues Notre Dame que édifice, qu'elle occupait feu il y a quelques semaines.

seul instant par ce désastre, ouvert un magasin temporaipare actuellement à rebâtir le. MM. Laporte, Martin & des premiers rangs dans leurs relations s'étendent à le chiffre de leurs affaires va Ils ont toujours un fonds ses, et on dit généralement

bientôt la maison fit ériger et des Seigneurs, le magnifilorsqu'il a ét: détruit par le Sans se laisser abattre un M. Laporte a immédiatement re,rue Saint-Pierre, etilse prédans une localité plus centra- Cie vccupent aujourd'hui un cette branche du commerce; toutes les parties du pays et chaque année grossissant, considérable de marchandidans le commerce qu'il n'y a

pas une maison où on soit l'instant l’article voulu.

Un homme de la valeur de M. Laporte devait prendre un intérêt considérable dans tous les mouvements pour l'avancement du commerce et de nos intérêts nationaux. En effet dans la Chambre du Commerce du district de Montréal, au Bourd of Trade et dans l'Association des Epiciers en gros, il a toujours été noté comime un des membres les plus précieux. Après avoir été pendant deux ans vice-président de la Chambre de Commerce, il en a été élu président par acclamation aux dernières élections, et le commencement de son administration à été signalé par l'entrée d'un grand nombre de nouveaux membres. Il a aussi porté un intérêt patriotique à l'Association Saint- Jean-Baptiste ; il en a été le trésorier et le président pour la section Saint-Joseph. Ancien président de l’Union Saint-Vincent, il a aussi fait beaucoup pour cette excellente société.

M. Laporte a été un des initiateurs du mouvement qui a amené la fondation de l'Alliance Nationale, incorporée par la législature à sa dernière session, et dont il a été élu le premier président. Cette association de bienfaisance et d'assurance mutuelle s’est tracé un large programme patriotique, qu'elle ne manquera pas de réaliser sous la direction des hommes énergiques qui sont à sa tête. M. Laporte est encore directeur de la Cie d'Assurance Mutuelle contre le feu et de la Société de Construction Mutuelle Nationale, juge d: paix, et conseiller de la municipalité de Dorionville, comté de Vaudreuil, où il a une résidence d'été.

C'est assez dire que M. Laporte est un de ces hommes généreux et dévoués qui se rencontrent partout où il y a une honne œuvre à encourager, et les honneurs qui lui ont été conférés, tout en étant une marque de la confiance et de l'estime qu'on lui porte partout, ne sont que la récompense des services qu'il a rendus. En somme, la carrière de M. Laporte, qui s'est élevé par le travail de la position la plus modeste au premier rang dans le monde commercial, est un bel exemple des occasions que notre pays offre aux jeunes gens qui aspirent à réussir par des moyens légitimes.

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NAPOLEON- ARTHUR HURTEAU.

M. NAPOLÉON-ARTHUR HURTEAU, échevin de la cité de Montréal et marchand de bois, est né Longueil en 1847. Il vint s'établir à Montréal à l'âge de vingt-cinq ans, après avoir reçu une bonne éducation dans son village natal; et il entra aussitôt comme commis à l'emploi d'une des meiileures maisons faisant alors le commerce de bois dans la ville. M. Hurteau avait heureusement trouvé le genre d'affaires qui convenait à ses goûts, et il ne

tarda pas de s'initier à tous les détails de ce commerce.

Deux ans plus tard il se lançait

dans les affaires pour son propre compte, et en 1889, il formait la société qui existe encore avec son frère. De toutes les industries naturelles du Canada, il n’en est pas où la suprématie de notre pays soit plus incontestable que dans la production du bois. C'est depuis un demi siècle, l'article le plus important de notre commerce. M. Hurteau avait donc un vaste champ à exploiter, et il l'a fait avec beaucoup de succès. Par son énergie et son habilité, il a étendu ses opérations à toutes les parties du pays, et a conquis une des premiè-

res places dans cette branche de commerce.

En 1888, M. Hurteau a été élu pour la pre-

mière fois pour représenter le quartier Saint-Jacques au conseil de ville, et il a toujours été

reélu depuis. Dès son entrée une des têtes dirigeantes ; et nées déjà partie du comité été élu le président en 1892.

part active dans la négociade la ville. Il s'est montrer deniers publics qu'il l'a été de teau, jouit dans le monde des général d'une réputation irment été l'objet des accusafait pleuvoir à tort et à traconseil de ville indistincte-

au conseil, il en est devenu il faisait depuis plusieurs andes finances, lorsqu'il en a En cette qualité, il a pris une tion des derniers emprunts aussi bon administrateur des ses propres affaires. M. Huraffaires et dans le public en réprochable. Il a naturelletions qu'une certaine école vers sur tous les membres du ment. On profita même, il

reur d’un commis de M. Hursa démission ; mais les élecques le vengèrent de cette persécution en le reélisant par acclamation. Sa réputation avait si peu souffert que lors des dernières élections provinciales, le parti conservateur, qui voulait mettre en campagne partout les plus forts candidats possibles, le solicita vivement de se laisser mettre en nomination dans le quartier Saint-Jacques Sa santé ne lui permit pas d'accepter cet honneur. Au printemps de 1892 M. Hurteau fut aussi choisi pour être le candidat à la mairie par une importante convention composée de délégués des différents quartiers de la ville, mais cette fois encore, tout en reconnaissant l'honneur qu'on lui faisait, M. Hurteau déclina pour des raïsons de santé. Mais c’est au printemps de 1894 que M. Hurteau a remporté le succès peut-être le plus flatteur de sa vie. L'état de sa santé l'ayant forcé à se rendre en Afrique avec sa famille, au commencement de l'hiver, les élections municipales se firent durant son absence. Cependant, malgré la guerre organisée contre le conseil de ville et ses anciens membres personne ne se présenta pour lui faire d'opposition dans le quartier canadien-français le plus important de la ville, et il fut de nouveau r élu par acclamation, Un fait analogue se passa lorsqu'il fut question de former les comités du conseil de ville après les élections. On avait annoncé à son de trompe dans certains journaux, que l'échevin Hurteau devait être remplacé comme président du comité des finances. Cependant le moment venu, il fut de nouveau élu à cette position, la plus importante dans le conseil, à l'unanimité. L'élection de M. J. O. Villeneuve à la mairie ayant créé une vacance dans la Commission du Havre le printemps dernier, M. Hurteau a été nommé par le gouvernement fédéral pour la remplir. Il a signalé son entrée dans ce corps important en lui faisant adopter un projet pour la création d’un bassin à Maisonneuve, ce qui aura pour effet non seulement de mettre le havre de Montréal en état de satisfaire tous les besoins du commerce, maïs aussi de donner à la partie Est l'extension à laquelle elle avait droit. M. Hurteau fait partie de la Chambre de Commerce et du Board of Trade depuis plusieurs années, et il est aussi un des membres les plus actifs de l'Association Saint-Jean-Baptiste et de l'Association des Commis-voyageurs.

y a quelques années de l’erteau pour le forcer à donner teurs du quartier Saint-Jac-

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