‹ Histoire du commerce canadien-français de Montréal 1535-1893 [microforme]Chapitre 69 sur 153 · LOUIS-EDOUARD M · texte numérisé non relu

LOUIS-EDOUARD M

M. Louis-Epouarp Mori, ex-maire de Longueuil, ex-président de la Société St-Jean- M. Mor Baptiste de Longueuil, président de la Chambre de Commerce du district de Montréal, et Gasette négociant, est né à Montréal le 10 septembre 1830. La famille Morin émigra de St-Jacques mes d'a de Bassange, évêché de Poitiers, à Québec, vers 1670 ; et depuis deux siècles ses membres faveur ont occupé une foule de positions honorables en ce pays. M. Louis Morin, le père du sujet tion de de cette notice, était un citoyen bien connu dans Montréal et lors des troubles politiques de même nd 1837, il partagea avec beaucoup d'autres patriotes l'honneur d’être jeté en prison pour avoir Pacifiqu porte ombrage aux tyrans. S'il aimait son pays et la liberté, M. Morin n’en était pas Cet moins un homme qui se rendait compte de la véritable situation de notre nationalité et de s'intéres limportance qu'il y avait pour nous d'apprendre la langue de nos adversaires. Aussi plaça- fruits de t-il son fils tout d’abord dans une école primaire anglaise, et ensuite à l'école Workman, construc alors une des mailleures institutions d'éducation protestantes. Disons toutefois qu’à cette maire pc époque, il n'existait pas d'école des Frères des Ecoles Chrétiennes, et que les institutions déclina 1 protestantes accordaient toute la latitude nécessaire à leurs élèves catholiques pour leur de la m permettre d’apprendre le cathéchisme et de faire leur première communion. A douze ans regretté

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le jeune Morin fut placé au collège de Montréal pour y faire un cours classique ; mais des revers de fortune qui frappèrent son père l'empêchèrent de terminer ses études. Il avait du reste peu de dispositions pour le droit ou la médecine ; il se décida donc à entrer au service de la maison Cuvillier, qui faisait un commerce général, et dont le chef était le citoyen éminent qui fut président de la Chambre d'Assemblée et qui porta au pied du trône les célèbres quatre-vingt-douze résolutions. C'était alors un dur apprentissage que celui du commerce, et pour mériter le certificat qui souvent ouvrait les portes du temple de la fortune, il fallait à un jeune homme autant d'énergie que d’aptitudes pour les affaires M. Morin soutint l'épreuve pendant cinq années, au bout desquelles il songea à s'établir pour son propre compte. Comme tous les hommes qui pensent et qui observent, il ne tarda pas à constater qu'il avait encore à apprendre beaucoup de choses qui lui seraient extrêmement utiles et même nécessaires pour faire son chemin dans le monde. L'Institut Canadien ouvrait alors ses portes à la jeunesse studieuse de Montréal. M. Morin se hâta de tirer profit des avantages qu'il offrait et tout en s’instruisant, il prit une part active aux divers moüvements patriotiques lancés par l’Institut. Ce fut ‘# lui, notamment, qui dirigea le voyage de plaisir à Québec, donné pour pré-

4 lever les fonds nécessaires au parachèvement du monument des Patriotes. Le 10 janvier monde p À 1853. M. Morin épousa mademoiselle Mathilde Parent, et désormais il dut se consacrer plus senter le 4 exclusivement à ses affaires. Néanmoins il était trop patriote pour ne pas se sentir humilié diatemer k par la position d’intériorité dans laquelle le commerce canadien-français était maintenu par Chambre la haute influence du Board of Trade, dont la direction était gardée toute entière par les Hâvre di Anglais. En même temps il lui fallait constater que l’apathie de nos compatriotes était On! ; pour beaucoup dans cet état de chose regrettable. Comme premier remède, il songea donc qui ne pé $ à faire entrer les marchands canadiens-français dans le Board of Trade. Comme deuxième soixante remède il commença, de concours avec M. C. Beausoleil, la publication du Wégociant Cana- pas enco ‘al dien, le premier journal commercial qui ait été publié en français dans la province de Qu:- reposer « DE ! bec. Cette feuille fut très bien reçue ; et pendant plusieurs années elle continua à revendi- son pays * quer les droits de nos compatriotes, tout en les tenant au courant des opérations En « commerciales. Dès les premiers numéros elle publia une série d'articles qui amenèrent la fils, apré formation de Chambres de Commerce dans presque toutes les villes de la province de nommé : Québec ; et lorsque l'honorable John Young forma la Chambre de Commerce de la Puis- vu à l’œ sance, nos compatriotes, purent, grâce à ce mouvement, y faire bonne figure. On peut qu'effica. dire que c’est de cette époque que date l'ère de progrès, durant laquelle le commerce des Auguste épices, des vins, des spiritueux, du pétrole, des mélasses et de la farine est en grande par- tenant d Li tie passé aux mains de nos compatriotes. Le Végociant Canadien fut encore la première dans la nl publication qui préconisa l'établissement de fromageries et de beurreries ainsi que l’expor- sion à À tation du foin, deux industries qui ont été le salut de l’agriculture dans la province de Québec. Sœurs C à | TD

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