‹ Histoire du commerce canadien-français de Montréal 1535-1893 [microforme]Chapitre 88 sur 153 · JOSEPH BRUNET · texte numérisé non relu

JOSEPH BRUNET

M. JosePn BRUNET, échevin de la cité de Montréal pour le quartier Saint-Jacques et manufacturier de briques, est ni le 26 octobre 1834, à Saint-Vincent de Paul. Il reçut dans sa jeunesse une bonne éducation élémentaire, et à l’âge de dix-huit ans, en 1832, il vint s'établir à Montréal comme entrepreneur de constructions. En 1870 il commencuit la fabrication de la brique, qu'il continue encore aujourd'hui sur une si grande échelle. Durant sa longue carrière comme industriel, M. Brunet n'a pas toujours eu que des succès ; mais sa réputation d'honnête homme n'a jamais souffert du moindre soupçon ; et il a su réparer tous les coups de l'adversité par le travail, qu'il a poursuivi avec une éner-

gie incessante, par l'esprit d'ordre et par une sage économie, Ceci ne l'a pas empêché d'encourager avec une libéralité peu ordinaire toutes les œuvres et tous les hommes dignes de l'être ; et sa générosité est bien connue de toute la population de Montréal-Est. Aussi jouit-il dans tous les rangs de la société d'une popularité très grande. En dehors des affaires considérables qu'il conduit sous son propre nom, M. Brunet est aussi intéressé

dans une foule d'entreprises commerciales et industrielles.

pagnie d'exposition de Monsociétés de construction et

Tout dévoué aux intérêts surtout occupé des chemins l'exploitation des riches con- C'est dans ce but patriotique gnie pour la construction du dont il a été le président pentravaux de ce chemin ont été bientôt une des régions les vera ainsi munie de moyens avec les autres parties du occupé de la construction de

Il a été directeur de la Comtréal, ainsi que de plusieurs compagnies de chemin de fer.

de notre nationalité il s’est de fer pour la colonisation et trées du Nord de la province.

qu'il a organisé une compachemin de fer de Montford, dant plusieurs années. Les poussées avec activité, et plus fertiles du pays se troude communication rapide pays. Il s'est également la compagnie du chemin de

fer de Saint-Gabriel de Branteur; et il s'intéresse d’une peut aider à la grande œuvre de la colonisation. Il fait partie de la Chambre de Commerce du district de Montréal depuis 1891, et il est un des principaux membres de l'association des entrepreneurs. [Il appartient aussi à l'Union Saint-Pierre et à l’Union Saint-Joseph.

Durant toute sa carrière il a trouvé le temps de s'occuper de la chose publique. Dès 1872 il était élu pour représenter le quartier Saint-Louis au conseil-de-ville. 11 garda ce siège jusqu’en 1878. S'étant retiré alors, il fut élu cinq ans plus tard, en 1883, pour représenter le quartier Saint Jacques, qui l’a toujours honoré de sa confiance depuis. Il est un des membres les plus assidus du conseil. (Comme membre du comité des chemins et du comité de santé il a rendu à son quartier des services importants, et les électeurs lui ont prouvé leur reconnaissance aussi bien que la confiance qu'ils ont en lui, en le reélissni, aux élections de 1894, par la plus grande majorité qui ait été donnée à aucun des candidats. De leur côté ses confrères du conseil-de-ville ont su apprécier son mérite et lui ont témoigné leur estime en l’élisant pour les représenter dans le bureau des commissaires des écoles catholiques. D'un autre côté M. Brunet est un libéral convaincu qui a rendu de très grands services à son parti. De 1890 à 1892 il a représenté le quartier Saint-Jacques dans la législature provinciale de Québec. Dans sa vie publique comme dans sa vie privée M. Brunet a toujours commandé le respect de ses adversaires, et même dans les luttes les plus acharnées on n’a jamais pu formuler une accusation contre lui. Sans être un orateur, M. Brunet possède le don d'exprimer sa pensée avec beaucoup de concision et de claireté. Toujours sobre de ses paroles, on l'écoute avec attention, et il ne manque jamais d'exercer une influence considérable sur ceux qui l'entendent. Affable, pardessus tout, franc et gai, M. Brunet est une des figures qui seront le plus regrettées quand elles disparaîtront. Nous avons dans la directions des affaires publiques trop de théoriciens échappés du collège et pas assez de ces hommes d'expérienae qui peuvent juger et servir le monde tel qu'il est.

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