‹ Histoire du commerce canadien-français de Montréal 1535-1893 [microforme]Chapitre 89 sur 153 · JEAN-BAPTISTE-ALBERT MARTIN · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE-ALBERT MARTIN

Il n'est pas de carrière qui atteste d’une manière plus certaine la valeur d'un homme que celle de celui qui est monté en passant par tous les dégrés de l'échelle jusqu'à une des premières positions dans le monde commercial. En politique, en littérature même, le succès arrive souvent par un caprice dé la faveur populaire, par des influences de familles ou de partie ; mais en affaires un homme ne saurait monter continuellemeut et grandir dans l'estime de ceux qui traitent avec lui s'il ne possède à la foi l’habileté et l'honorabilité, l'amour du travail et l'esprit d'initiative. Jugé d’après cette mesure, dont on ne saurait discuter la justesse, la carrière de celui dont le nom figure en tête de cette notice est des plus éloquentes. M. JEAN-BaPriSTE-ALBERT MARTIN, qui est le fils de J. B. Martin, cordonnier, et d'Adéline Rabeau, est né le 9 décembre 1830, à Sainte-Geneviève. Ses parentlui firent donner une éducation commerciale, d'abord à l'école de son village, puis à l’école anglaise de Lachine, et finalement chez les Frères des Ecoles Chrétiennes de Montréal, Comme M. Martin attestait dès lors les qualités qui l'ont distingué depuis, il sortit de l’école muni des principales connaissances nécessaires à l’homme d'affaire. Il débuta dans la vie com-

merciale modestementcomme trois mois il devenait commis marchand général de la pa- Ce ne fut qu'en 1868, que M.

le fils de son patron, dont et la confiance. Il entra alors cher & Telmosse qui venait il passa chez M. L. O. Turil obtint la position responsachez M. N. Quintal, subsé- Après avoir rempli cette char- Martin fut invité à entrer en qui désirait l'aide de bons asoffre flatteur et en 1888 il de-

messager ; mais au bout de chez M. G. G. Gaucher, alors roisse de Sainte-Geneviève.

Martin revint à Montréal avec il avait su se gagner l'estime au service de la maison Gaud'ouvrir ses portes. De là geon, et finalement en 1873, ble de comptable et gérant quemment N. Quintal & fils.

ge pendant treize ans, M.

société avec M. H Laporte, sociés. M. Martin accepta cet vint membre de la société La-

porte, Martin & Cie, aujour- d'hui, si avantageusement connue dans tout le Canada. Arrivé ainsi au couronnement logique d’une carrière de vingt-cinq années de travail et d'honneur, M. Martin ne songe pas à se reposer. Ilest encore du matin au soir au magasin, et il n’y a pas de commis qui s'occupent des affaires de la maison avec plus d'assiduité que lui. Sa carrière peut être citée à bon droit comme un exemple du succès que notre pays reserve à la jeunesse qui sait travailler et persévérer, aussi bien que de la récompense qui est toujours rendue en définitive à l'intégrité secondée par l'intelligence. Malgré l'application qu'il a toujours apportée à ses affaires, M. Martin trouve le temps de rendre de précieux services à presque toutes les sociétés nationales, commerciales et de bienfaisance de la ville. Il a été président de l'Association Saint-Jean-Baptiste, section Saint- Joseph, président de l’Union Saint-Joseph, et vice-président de la Société des Artisans Canadiens-français, et il est actuellement président du Cercle Saint-Joseph, de l'Alliance Nationale et directeur de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Il fait aussi partie de l'Union Saint-Pierre, de l'Union Saint-Vincent, de l'ordre Indépendant des Forestiers et de la Montréal Amateur Athtleic Association. [Il a été dans le temps lieutenant au 6siime bataillon et il est porteur du certificat militaire de seconde et de première classe. Inutile d'ajouter qu'il est membre de la Chambre de Commerce et du Board of Trade. Dans toutes ces associations, comme on peut le voir, M. Martin jouit de l'estime et de la confiance général, et il en est de même parmi les hommes d’affaires qui viennent le plus souvent en contact avec lui. Ses manières affables, ses vues larges et son empressement à seconder tous les efforts méritoires en font un compagnon et un ami des plus désirables. M. Martin est trop homme d’affaires pour se lancer activement dans la politique ; mais aussi il connait trop l'influence de la politique sur les affaires pour se désintéresser des questions qui agitent le peuple et ses représentants. Partisan convaincu du parti libéral, il suit cependant tous les débats et ne perd jamais de vue les intérêts du commerce et du pays dont il est avant tout un enfant dévoué.

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