IV OBSERVATIONS PRELIMINAIRES
vérité absolue pour tous les esprits droits et non prévenus. On peut discuter sur des détails, réclamer des ménagements pour lés conséquences anciennes d'une mauvaise direction ; mais le temps et Texpérience ont parlé : on ne peut plus contester le principe ; le nouveau traité de commerce qui le consacre sera Tun des actes les plus féconds de notre époque. Comment Thistorien du commerce de Bordeaux pourrait-il avoir un autre sentiment ? — Notre port n'a-t-il pas été le défenseur le plus vigoureux de cette doctrine économique qui va changer la face du commerjce et sera désormais la base des rapports du monde? — Ne devons-nous pas en trouver la démonstration dans toutes les parties du tableau que nous essayons d'esquisser?
C'est donc à ce point de vue que nous nous sommes trouvé naturellement placé pour étudier et écrire Tbistoire du commerce de Bordeaux ; toutefois, il faut le dire, nous discutons rarement, et cela doit être. L'histoire n'est, selon nous, qu'un rapport fidèle dont l'objet est de préparer, mais non d'imposer un jugement. Le récit calme a été notre tâche ; nous sommes d'ailleurs certain de n'avoir manqué ni de modération ni d'impartialité envers toutes les opinions.
Ajoutons une explication bien simple quant au plan de notre travail :
Il est facile de reconnaître du premier coup d'œil que Bordeaux a pour base de son commerce trois éléments principaux : les riches produits de son sol, qui en ont fait de tout temps un des plus grands marchés de l'Europe ; — sa position géographique reconnue depuis dixhuit siècles comme l'étape la plus heureusement située pour les rapports commerciaux du levant et du couchant ;