‹ Histoire du commerce de Bordeaux depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 32 sur 86 · OBSERVATIONS SUR LE COMMERCE DES ILES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUR LE COMMERCE DES ILES

» 1®*Ce commerce des îles attire les négociants depuis que la compagnie des Indes a pris ce qu'il y

avait (le meillçur dans le commerce général; de là vient que la province de Guyenne se tourne presque entièrement vers l'Amérique et qu elle y envoie un si grand nombre de vaisseaux ; mais comme tous ont la même vue sur les mêmes denrées, il arrive souvent que les marchands se trompent et se croisent les uns les autres; de là le désordre du négoce et les chutes trop fréquentes des négociants.

» S"" On s*est plaint quelque temps des entrepôts qu'on faisait dans les îles, en contrebande , ce qui frustrait les armateurs de la vente de leurs farines, de leur bœuf salé et des autres marchandises; mais aujourd'hui les armateurs en portent assez pour faire tomber les entrepôts, puisque, pour dix à douze vaisseaux qui allaient ci-devant aux îles , il en va aujourd'hui plus de cent quarante des bords de la Garonne.

» 3® Quant aux contrebandes, la chambre de commerce de Bordeaux a envoyé à M. de Maupas un mémoire assez détaillé contre ceux qui ne tiennent pas la main à les empêcher; mais ce mémoire, pour être trop découvert, ne fut pas du goût du supérieur des îles, et il est difficile d'empêcher les contrebandes si elles sont favorisées.

» 4® Une autre plainte des armateurs est contre les commissaires de la marine , qui leur ôtent la liberté de choisir leurs officiers et leurs pilotins, et qui veulent leur en donner d'inconnus; d'où il suit que le commerçant n'ose leur confier son bien, et n'est plus disposé à faire élever ses enfants polir la marine, et

perd toute conQance. Le commissaire /le la marîoc devrait se tenir dans les termes de lordonnancc et laisser les négoc^iants agir librement.

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