ILES DE FRANGE ET DE LA RÉUNION, INDES
» Depuis 1767, époque où le commerce des Indes était redevenu libre, les armateurs de Bordeaux avaient commencé à s adonner à ce commerce, et il serait devenu très-considérable; mais il fut à peu près abandonné par noire place, en 1786, lorsque le privilège exclusif de ce commerce lointain fut accordé de nouveau à une compagnie.
» ÉTATS-UNIS d'ASIÉRIQUE.
» Depuis rindépendance de l'Amérique anglaise, la ville de Bordeaux avait établi des liaisons de commerce avec les États-Unis; elle y trouvait un
débouché de ses vins , de ses eaux-de-vie , de ses prunes, de ses liqueurs cl de ses confits; ce pays était déjà un entrepôt considérable des fabriques de France ; nous recevions en échange -des riz , des tabacs, des colons, des merrains et des farines. Celte navigation devint florissante, et eontinua à YéXre pendant les prenaières années de la guerre. Ces rapports nous procuraient même Tavantage de faire avec sécurité un commerce indirect avec nos colonies; nos navires ne faisaient, en effet, que toucher à New- York, à Boston, à Charleston, à Baltimore, à Philadelphie, où ils changeaient leurs expéditions; et de là, faisant>oute pour nos colonies, ils en revenaient avec une cargaison de retour, se rendaient dans les mêmes ports des Étas-Unis, et y prenaient de nouvelles expéditions pour les ports de France. Malheureusement,, cette situation ne put durer après la déclaration de guerre faite par la France aux Anglais en 1793; plusieurs de nos corsaires coururent sur les Américains et leur firent beaucoup de prises, ce qui donna lieu à de nombreuses réclamations; les gouvernements ne purent s'entendre, et il en résulta une proclamation, par laquelle le président dés États- Unis défendit de délivrer des expéditions, pour aucun port de France, à dater du 1^' juillet 1798.
» VINS
» On peut évaluer à 200,000 tonneaux ce qui se recueillait de vin, en 1790, dans la sénéchaussée de Bordeaux. En voici à peu près la distribution :
30,000 tonneaux pour les colonies, la côte d'Afrique, les iles
de France et de la Réunion , et rinde , à350nr 40,500,000 liv.
50,000 — pour l'étranger, à 200 fr. 1 0,000,000 îyOOO — vins fins pour FAngle-
tçrre et l'Irlande, à
4,500 fr 3,000,000
8,000 — pour le Nord , à 350 fr. 2,800,000
25,000 — pour les ports de France,
à300 1iv 7,500,000
5,000 — en vins plus fins , à 500
livres 2,500,000
75,000 — pour la consommation de
Bordeaux et ses environs, à 200 liv. . . . 15,000,000
195,000 tonneaux, qui produisaient aux
propriétaires 51,300,000 liv.
5,000 tonneaux, évaporation et houillage dans les chais.
200,000 tonneaux.
» Ces S00,000 tonneaux étaient recueillis sur 40,000 journaux, ou environ 13,300 hectares.
» Les premiers crûs se vendaient alors de 1,600 à 2,400 liv.; les deuxièmes, de 1,300 à 2,100 liv.; les troisièmes, de 900 à 1,400 liv.; les quatrièmes,de 600 à 850 liv.; les vins ordinaires Médoc, de 400 à 500 liv. ; les Queyries et Monlferrand , de 300 à 450 liv.; les palus ordinaires, de 200 à 280 et 300 liv.; les bas crûs, tels que Saint-Macaire, de 150 à 160 liv.; les petits vins rouges de côtes , de
I 50 à^OO et 250 liv. ; les petits vins blancs, de 150 à 180 et 200 liv.