TANNERIES
» Cette fabrication élait autrefois très-importante à Bordeaux, et ses produits très-recherchés, même chez l'étranger; mais les droits exorbitants dont cette industrie fut frappée en 1759, lui portèrent un coup mortel; cependant on comptait encore en 1760, dans le déparlement, 91 tanneries, 49 mégisseries et 5 ou 6 chamoiseries , distinction un peu arbitraire, le même établissement faisant quelquefois les trois par-
lies. Celte industrie décrût ensuite rapidement dans la proportion de 15 à 3; cinq fabricants et noncibre d ouvriers passèrent à 1 étranger; beaucoup de mai-sons ne purent suffire à leurs engagements. D'année en année, le nombre des tanneries diminua; celles de Bordeaux furent réduites de 25 à 4 ; dans le quartier Fondaudège, de 120 pelins, qui recevaient chacun 40 cuirs, il n'en resta qu'un qui recevait à peine
20 cuirs; rue Causserouge, en ville, 9 grandes
tanneries, ayant ensemble 119 fosses, chacune de la contenance de 60 à 100 cuirs, furent abandonnées; de 15 moulins à tan, il n'en resta qu'un qui cessa bientôt de travailler.
» Bordeaux tirait ses cuirs verts de ses boucheries, et ses cuirs secs de Montevideo. Les autres tanneries s'approvisionnaient dans les communes ou à Bordeaux .