CHAPELLERIE
» Seize fabriques.
» FABRIQUE DE TOaES ET D'ÉTOFFES.
» De toul temps il a existé dans nos villes et dans nos bourgs de petites fabriques de toiles et d*étofies grossières , à 1* usage des classes peu fortunées. Cette industrie populaire, née des premiers besoins, avait pénétré dans nos campagnes; elle y existe encore. Là, souvent, le tisserand du village est-un .simple paysan qui, pendant l'hiver et dans ses moments de loisir, laissant la bêche pour la navette, utilise son temps et tisse sur son rustique métier le chanvre et plus rarement le lin filé par sa femme ou sa fille.
» Les dix-neuf vingtièmes du fil employé aux toiles fabriquées dans la Gironde, étaient de chanvre, et la laine employée aux étoffes provenait des brebis landaises. Ces étoffes étaient des droguets, des capas, des serges, des étamines. Les toiles et les étoffes se vendaient à laune; mais^les pièces n avaient rien do fixe ni pour Taunage, ni pour la laize; les prix variaient suivant la qualité. L'aune de toile de chanvre allait dans les prix de 2 liv. à 1 liv. 10 sous et a 15 sous; l'aune de toile de lin se vendait de 2 liv. 10 sous à 1 liv. 15 sous et à 1 liv. 10 sous.
» La subdélégation de Bazas fabriquait, année moyenne, 4,080 pièces, produisant en argent 150,960 fr.
A reporter 150,960 fr.
» Sainle-Foy » Blaye . . .
» Lesparre .
» Bordeaux.
Report 150,960 fr.
» Celle de La Réole fabriquait, année ■
moyenne. 80, pour valeur 3,000
7,200, pour valeur 324,000 100, pour valeur 4,500 . 150, pour valeur 5,400 1,200, pour valeur 54,000 » Les mêmes endroits présentaient , année moyenne, pour la fabrication des étoffes, les résultats suivants :
» La subdélégation de Bazas, qui fabriquait des droguets, des capas, des bures, des couvertures grossières, dans les prix de 1 liv. 10 sous à 2 liv.
1 5 sous laune , en vendait , année
moyenne, pour 4,752
» La Réole, pour 23,400
» Sainte-Foy, pour 45,600
» Libourne, pour 1,900
» Lesparre, pour 3,800
» Bordeaux (1), pour 10*800
632,112 fr.»
Tel était le commerce de Bordeaux lorsque les premiers mouvements de la révolution française se firent sentir. Les grandes commotions politiques seront toujours fatales au commerce ; celui de Bordeaux en reçut un coup mortel; un décret du 28 mai 1790
(1) Jouannet, Statistique du département de la Gironde, t. II, p. 307 et suivantes.
déclara la liberté des noir^ dans loates nos colooies , et dès Tannée suivante les anciens esclaves se soulevèrent partout à Saint-Domingue, ruinèrent les habitations et commirent les plus grandes atrocités. Les désastres occasionnés par ces événements furent immenses sur notre place. Dans cette même, année de 1791 , commencèrent les guerres continentales, qui détruisirent une grande partie de nos rapports ; enfin, le 1®' février 1793, la Convention nationale déclara à l'Angleterre cette guerre funeste qui devait tarir entièrement la source des richesses de Bordeaux, décourager sa culture, anéantir sa navigation, paralyser ses ateliers maritimes et faire disparaître tous ses moyens de prospérité.
Alors reparut, dit M. Amé, cette lutte acharnée de tarifs dont les violences devaient contribuer à la chute de ^Empire et léguer à la Restauration de graves difficultés. Le 9 octobre 1793, la Convention proscrivit du sol français toutes, les marchandises fabriquées ou manufacturées en Angleterre, en Ecosse, en Irlande et dans tous les pays soumis au gouvernement britannique; elle prononça la peine de vingt ans de fer, non-seulement contre quiconque coopérerait directement ou indirectement à l'importation ou à la vente des produits proscrits, mais encore contre les auteurs de simples affiches ou annonces portant des dénominations ou des signes anglais. Enfin, d'après l'article 4, toute personne convaincue de se servir de marchandises de la Grande-Bretagne ' devait être réputée suspecte.
Dans cette position désastreuse r le commerce de Bordeaux donna de nouvelles preuves de patriotisme et de dévoûment aux intérêts généraux. La chambre fit entendre les conseils les plus salutaires; mais il ne fallait alors que la soumission absolue et le silence; le' Gouvernement supprima lès chambres de commerce, qui ne furent rétablies que par arrêté du 3 nivêse an XI.