LIVRE 11. — CHAFITHE
taire. Pépin lo Bref ressaisit le droit de monnayage et paraîl, à quelques exceptions près, l'avoir exercé seul. Tl adopta pour unité monétaire le denier d'argent taillé à raison de 22 dans une livre, sans doute parce que l'or était devenu extrêmement rare (capitulaire de Vernon-sur-Seine, 755). L'argent fut en effet la monnaie des Carlovingiens.
Gharlemagne fit une réforme plus étendue ; il voulut établir l'unité des poids et mesures. «Que tous, dit-il dans VAdmoniiio generalis (23 mars 789), se servent de mesures égales et justes, de poids égaux et justes... ' » A la livre romaine ^il substitua (en 781 ?) une livre pesant environ 490 grammes qui était peut être déjà en usage dans quelque partie de l'empire. Il tailla les deniers d'argent ^ à raison de 240 dans cette livre, divisée elle-même en 20 sous. La livre et le sou n'étaient que des monnaies <le compte.
Il paraît que le peuple, habitué aux monnaies mérovingiennes et à leur diversité, n'accepta pas fort aisément cette réforme. Le capitulaire de Francfort de 794 contient un chapitre dont le titre est : De novis denariis ut ab omnibus in omni loco accipianlur '• et qui porte des peines très sévères contre les délinquants. Pour éviter le mauvais monnayage, Gharlemagne concentra la fabrication dans son palais. De falsis monelis quia in multis locis contra justitiam et contra edictum nostrum fiunt, volumus ut nullo alio loco moneta sit nisi in palalio noslro, nisi forte a nobis aliter fuerit ordinatum (805) ^
Les métaux précieux, très rares au temps de Pépin le Bref, devinrent relativement abondants, pour quelque temps au moins, après la prise du Ring des Avars. « Les Francs, dit Eginhard, rapportèrent de leurs guerres contre les Avars et les Huns, terminées en 799, tant d'or et tant d'argent que de pauvres qu'ils avaient été jusque-là, ils se trouvèrent regorger de richesses. » Cest peut-être ce qui facilita la réforme monétaire de Gharlemagne et ce qui motiva la réglementation des prix par plusieurs capitulaires.
Dès le règne de Louis le Débonnaire la frappe eut lieu dans nombre de cités. Gharles le Ghauve, dans un des articles du capitulaire de Pistes (864), proclama, à l'exemple de ses prédécesseurs, le principe de l'émission par le pouvoir royal seul et déclara qu'il ne serait battu de
1. Gharlemagne y revint à plusieurs reprises, parliculiôremenl dans le capitulaire de 803.