LE COMMERCE DURANT LA PÉRIODE FRANQUE
La frappe des monnaies avait continué pendant un certain temps dans les ateliers impériaux. Elle avait cessé à Trêves après le sac de la ville par les barbares ; à ArleS et à Lyon elle paraît avoir duré jusqu'au vu^ siècle '. Ces monnaies, rares d'ailleurs dans les musées, portaient l'effigie impériale, comme au temps de l'administration romaine. Théodebert 1*"" est probablement le premier roi franc qui ait fait frapper des pièces d'or à son effigie. Procope nous apprend que depuis .Instinien les rois germains avaient occupé Marseille et avaient frappé « avec l'or de la Gaule des sous sur lesquels ils ont placé, non la tf^le «ll^empereur romain, mais leur propre effigie ». Sigebert, Gontran, ^W^irell surtout et d'autres rois ont fait fabriquer dans leur palais à Paris et en d'autres lieux, même en campagne dans leur camp, des pièces de ce genre. Le rois mérovingiens consacrèrent le jus monelse des empereurs, tout en concédant la frappe à d'autres qu'à leurs agents.
Après la fermeture des ateliers impériaux, les monétaires continuèrent sans doute à fabriquer eux-mêmes des pièces, soit comme agents des officiers royaux qui envoyaient au roi sous forme d'espèces monnayées le tribut des provinces, soit comme orfèvres et entrepreneurs privés pour les besoins de la localité et surtout des marchés. Le monnayage devint pour ainsi dire une industrie privée, tout en restant sous la surveillance des comtes, représentants du pouvoir royal. Beaucoup d'églises reçurent l'autorisation de frapper de la monnaie. Très nombreuses sont les pièces d'or et d'argent qui ne portent que la signature du monétaire. C'étaient en général de petites monnaies. Barthélémy a donné une liste de 884 localités, villes, bourgs ou places connues ou inconnues, dans lesquelles ont été frappées des monnaies sous les Mérovingiens.
Celte dissémination de la frappe eut pour conséquence de grandes altérations du poids et du titre des pièces et facilitèrent le faux monnayage. Les triens que possèdent les musées contiennent souvent une forte proportion d'argent et souvent aussi il se trouve des pièces fourrées, même parmi les pièces à effigie royale.
Le désordre des monnaies dut contribuer à rendre le commerce aléatoire et difficile. Comme la Gaule tirait alors des marchandises de l'Orient et n'avait elle-même que peu des marchandises à y envoyer, l'appoint se soldait en or ; car l'Orient ne recherchait pas l'argent' Lor que la Gaule extrayait du lavage des sables ou des mines dut très vraisemblablement être exporté en grande partie ; c'est, avec l'enfouissement des trésors par crainte du pillage, une raison pour que la monnaie d'or se soit très raréfiée vers la fin de la période mérovingienne.
Les premiers Carlovingiens réagirent contre la promiscuité moné-
1. Kt môme jusqu'au commencement du vtii" siôcle h Mfirseille.