SPÉCIAL
de francs
EXPORTATIONS
Les protectionnistes qui se plaçaient au point de vue de la balance du commerce n'avaient pas lieu de s'alarmer des résultats de la réforme douanière de 1860 et années suivantes ; les économistes, qui en général voyaient un progrès dans la multiplication des échanges, avaient satisfaction.
Il y avait particulièrement matière à satisfaction quand on considérait la nature des marchandises.
L'importation des matières nécessaires à l'industrie (commerce spécial) était de 777 millions en 1852, de 1 milliard 205 millions en 1859, de 2 milliards 174 millions en 1869. Ce milliard (exactement 969 millions) d'accroissement d'importation durant la dernière décade témoignait d'une activité croissante de la fabrication française. La houille, dont la taxe avait été rendue uniforme et réduite à 1 fr. 20 la tonne,
figurait dans cet accroissement pour 25 millions ', la laine pour 80 % la soie pour 201 3, les peaux pour 54 *, les graines et fruits oléagineux pour 62 5, les bois pour 91 6, le coton pour 177 \ le bitume, pétrole et huiles de schiste, matière nouvelle, pour une dizaine de millions 8, les produits chimiques pour 14 millions 9, les métaux communs autres que le fer pour 13 millions l0.
L'importation des céréales et farines, qui après la suppression de l'échelle mobile avait été considérable pendant les années de disette 1861-1862 et 1867-1868, rendant alors un service éminentà la population française, n'avait pas dépassé une cinquantaine de millions les autres années ".
L'importation des bestiaux avait beaucoup augmenté, mais c'est en partie au profit de l'agriculture qui avait amélioré son cheptel '*.
La fonte, le fer et l'acier pouvaient être considérés comme matière première ou comme produit; on en importait pour une valeur de 7 millions 1/2 de francs en 1859 et de 8 millions en 1869 : il n'y avait pas lieu de crier à l'inondation. L'importation des peaux préparées avait passé de 1 million à 13 millions ; mais c'était aussi en grande partie une matière première. On pouvait en dire autant des machines et mécaniques, qui figuraient sur les tableaux de la douane pour 4 millions en 1859 et pour 14 en 1869. Les fils figuraient pour 10 millions en 1859 et pour 60 en 1869 ; c'était pour la plus grande partie une matière mise en œuvre dans les fabriques.
Les tissus figuraient pour 20 millions en 1859 et pour 115 en 1869; c'était de beaucoup la plus considérable des importations manufacturières. Mais la France ne pouvait pas se flatter de placer à l'étranger le produit de ses fabriques sans laisser entrer chez elle des produits de fabrique étrangère. D'ailleurs ces tissus servaient pour la plupart au travail national, qui les confectionnait en ameublements et vêtements.
Sans faire entrer en ligne de compte dans cette énumération statistique les consommateurs, considération de premier ordre pourtant,
1. — 5. 700. 000 tonnes valant 91 millions en 1859; 8.300.000 tonnes valant H9 millions en 1869, année de faible importation; car, en 1867, il avait été importé pour 147 millions de houille.