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millions de francs en 1859 et 145 en

nous pouvons conclure que l'ensemble des importations, en somme, n'était pas désavantageux à l'industrie.

Les résultats de l'exportation n'étaient pas non plus alarmants. Ils étaient, au commerce spécial, de 417 millions en 1852, de 863 millions en 1859, de 1 milliard 435 millions en 1869 pour les produits naturels, de 840 millions, de 1 milliard 403 millions et de 1 milliard 640 millions pour les objets manufacturés l.

Il ne semble pas que l'agriculture ait été la branche de l'économie nationale qui eût le moins gagné depuis 1859, puisque les produits naturels avaient augmenté de 573 millions, tandis que l'industrie n'en accusait que 237. Il est vrai qu'une notable partie de ces exportations, comme la soie et la laine, étaient des réexportations ; mais des denrées notoirement nationales, les fruits de table, avaient passé de 9 à 27 millions, les œufs, de 13 à 36, le beurre, de 22 à 71. Les vins, dont l'exportation n'était que de 97 millions en 1852, figuraient pour 232 en 1859 et 261 en 1869 2.

Les plus-values de l'industrie portaient principalement sur les lissus de laine (181 millions en 1859 et 268 en 1869 .3), sur les modes et fleurs artificielles (11 et 31 millions), sur la tabletterie, la mercerie, la bimbeloterie et les meubles (102, 103 et 180 millions), sur les peaux et ouvrages en peaux (130 et 151 millions), sur les produits chimiques (33 et 46 millions). La soierie, dont l'exportation avait presque doublé de 1852 à 1859, contrariée par la maladie des vers à soie, par la guerre américaine, par la crise et la mode, n'avait pas vu se réaliser les espérances qu'elle avait conçues *\Les tissus de coton, dont la vente à l'étranger avant 1860 n'avait jamais atteint 75 millions (67 en 1859), placèrent, malgré la crise de la matière première, jusqu'à 93 millions en 1864 et en 1865 et en plaçaient encore 70 en 1869 5.

1 . En 1849, le total des exportations du commerce spécial avait été de 937 millions ; en 1859, de 2 milliards 266 millions ; en 1869, de 3 milliards 75 millions ; d'où augmentation de 1 milliard 329 millions de 1849 à 1859 et de 809 millions de 1859 à 1869. Mais l'année 1849 n'a pas été une année normale.

2. L'exportation a été de 2.519.000 hectolitres en 1859 et de 3.063.000 en 1869. Les traités avaient abaissé les droits payés à l'étranger par les vins en fût de 151 francs l'hectolitre à 27 fr. 50 en Angleterre, de 32 fr. 40 à 22 francs en Belgique, de 45 francs à 22 fr. 50 dans le Zollverein, de 47 à 23 francs en Suède.

3. L'exportation des tissus de laine avait même atteint 366 millions en 1864.

4. L'exportation de la soierie avait une valeur de 480 millions en 1852, de 500 millions en 1859, maximum de toute la période impériale ; elle était tombée à 363 en 1862, à cause de la guerre de sécession ; elle était de 447 en 1869 ; elle remonta en 1870 jusqu'à 48a millions.

5. Toutefois, si l'on prend la moyenne triennale des exportations de fils et tissus de coton en 1857-1859 et en 1867-1869, on trouve 69 millions pour la première période et 68 pour la seconde : il y a une légère diminution. L'importation de fils et tissus étrangers s'était, au contraire, élevée de 2 millions dans la première période à 32 dans la seconde.

Les principaux articles de l'importation (commerce spécial) étaient: la soie et bourre de soie (412 millions) qui avait quintuplé depuis 1846, le coton en laine (331 millions) qui avait triplé, les laines en masse (206 millions) qui avaient quintuplé, les bois communs (189 millions) qui avaient plus que triplé, les bestiaux (145 millions) dont le commerce international n'avait d'importance que depuis les traités de commerce, les peaux brutes et pelleteries (130 millions) qui avaient quintuplé, la houille crue et carbonisée (119 millions) qui avait quadruplé, le lin (76 millions) dont l'imporlalion remplaçait la culture nationale, le café (74 millions), le sucre étranger (73 millions), les graines oléagineuses (66 millions) dont l'industrie française faisait un plus grand emploi, les tissus de laine (64 millions), le plus important des produits fabriqués, le sucre des colonies françaises (62 millions), les céréales (56 millions), les fruits oléagineux (arachides, etc.) (38 millions), le suif brut et le saindoux (38 millions), le guano et autres engrais (34 millions), le cuivre (34 millions), l'indigo (34 millions), l'huile d'olive (32 millions), les graines à ensemencer (32 millions), les fromages et le beurre (32 millions), les tissus de soie (28 millions), les tissus de coton (23 millions), les fruits de table (22 millions). Puis venaient entre 20 et 10 millions les minerais divers, le zinc, les bois exotiques, le plomb, le tabac en feuilles, les tissus de lin ou de chanvre, le riz, les machines et mécaniques, les œufs de ver à soie, les poissons de mer, les fils de coton, les chevaux, les eauxde-vie et esprits, le cacao, les fils de laine, le chanvre, l'étain, le safran, etc.

Les principaux articles de l'exportation (commerce spécial) étaient les tissus de soie et de fleuret (447 millions), exportation qui avait triplé depuis 1846, les tissus de laine (268 millions) qui avaient plus que doublé, mais qui subissaient alors une crise, les vins (261 millions) qui avaient quintuplé, la tabletterie, bimbeloterie, mercerie (180 millions), les soies (156 millions), les peaux ouvrées (99 millions), la lingerie et autres confections (83 millions), les peaux tannées, corroyées, mégissées ou maroquinées (81 millions), le sucre raffiné (81 millions), les fromages et le beurre (78 millions), le coton en laine (75 millions), les tissus de colon (70 millions), les céréales (69 millions), les eaux-devie et esprits (56 millions), les chevaux, mules, mulets et bestiaux (53 millions), les produits chimiques (46 millions), les laines (45 millions), le papier et ses applications (42 millions), la poterie, verres et cristaux (40 millions), les bois communs (38 millions), les outils et ouvrages en métaux (38 millions), les œufs de volaille et de gibier (36 millions), les fils de coton et fils de laine (31 millions), les modes et fleurs artificielles (31 millions), les fruits de table (27 millions), les peaux brutes et pelleteries (24 millions), les graines à ensemencer (20 millions), l'orfèvrerie et bijouterie (20 millions). Puis venaient

les tissus de lin et de chanvre, la parfumerie, les poissons de mer et poissons marines, les graisses de toute sorte, les graines et fruits oléagineux, les médicaments composés, etc.

Le transit et les entrepôts. — Les admissions temporaires, qui consistaient surtout en blé, fonte et fer, graines oléagineuses, ont eu en 1869 une valeur de 116 millions à l'entrée et de 182 après avoir été manufacturées en France.

Le transit, dont la valeur totale s'est élevée à 667 millions, plus du triple de 1846, a porté principalement sur les tissus de soie, de laine, de colon, les soies, l'horlogerie, le coton en laine. Il a eu lieu principalement, comme en 1846, avec la Suisse (270 millions), l'Association douanière allemande, l'Angleterre et la Belgique. La plus grande partie était à destination de l'Angleterre (222 millions) et des Etats-Unis . (87 millions).

Les entrepôts avaient renfermé dans le courant de Tannée une valeur de 441 millions consistant en café, cacao et poivre (135 millions), céréales, sucres étrangers et coloniaux, huile d'olive, tabac. La mise en entrepôt était très inférieure à celle de 1846 parce que beaucoup de marchandises, exemptées de droit par la réforme douanière, n'avaient plus besoin d'être entreposées.

Le commerce par terre et par mer. — Le commerce par mer en 1869 représentait une valeur de 5.454 millions, tandis que le commerce par terre ne représentait que 2.548 millions. La même supériorité existait à l'exportation comme à l'importation.

La navigation avec les colonies françaises (Réunion, Guyane, Martinique, Guadeloupe) a porté sur 123 millions au commerce général, avec les autres possessions françaises sur 259 millions ; la grande pêche a représenté 28 millions ; total : 410 millions.

Comme toujours le commerce par mer était plus considérable que le commerce par terre ; il représentait à l'exportation comme à l'importation environ 71 p. 100 des valeurs du commerce général.

La navigation des colonies et possessions françaises était réservée à la marine française. Elle figurait à raison de 16 p. 100 dans la valeur totale des marchandises du commerce général.

Dans le commerce de concurrence, la part du pavillon français était de 31 p. 100 de cette valeur.

Les pavillons étrangers convoyaient le reste, soit 53 p. 100 de la valeur totale du commerce général.

La navigation maritime. — La navigation réservée a occupé dans l'année 3.667 bâtiments chargés d'un tonnage de 538.000 tonneaux.

A la navigation de concurrence ont pris part 10.112 bâtiments français chargés jaugeant 997.000 tonneaux.

D'autre part, les pavillons étrangers ont été représentés dans cette navigation par 18.736 bâtiments de 2.390.000 tonneaux.

Au total 32.515 bâtiments et 3.925.000 tonneaux.

Dans ce total figuraient 5.812 navires à vapeur jaugeant 852.000 tonneaux.

Dans la navigation de concurrence, la part du pavillon français a été de 1.904 millions au commerce général.

La part des pavillons étrangers a été de 3.139 millions (1.500 millions à l'importation et 1.639 à l'exportation).

Dans le mouvement de la navigation maritime, la part du pavillon français a été de 38 p. 100 du tonnage total. Si l'on distingue la voile et la vapeur, cette part a été de 38,5 pour la voile et de 37.5 pour la vapeur.

Relativement aux pays avec lesquels ce mouvement a eu lieu, l'Angleterre se place bien en avant avec 3.810.000 tonneaux ; au second rang l'Italie avec 1.079.000; puis la Turquie, les États-Unis, l'Espagne, etc.

Le mouvement des métaux précieux. — La douane enregistre l'entrée et la sortie des métaux précieux, espèces et lingots, qui lui sont déclarés. Mais cet enregistrement est très imparfait ; beaucoup d'envois ne lui sont pas déclarés ou ne le sont pas exactement; l'argent de poche des voyageurs ne l'est jamais. Cependant il n'est pas sans intérêt de reproduire sommairement les chiffres de la douane afin de donner une idée approximative du mouvement d'importation et d'exportation qui a pris sous le second Empire une importance beaucoup plus grande qu'auparavant.

Voici en effet les moyennes décennales depuis la fin de la Restauration :

Périodes Importations Exportations Balance

(par millions de francs)

Avant 1848 (en 1837-1846), les métaux précieux étaient importés principalement d'Angleterre et des possessions anglaises dans la Méditerranée, des Pays-Bas, du Mexique, d'Italie; ils étaient exportés pour l'Angleterre et les possessions anglaises delà Méditerranée, pour l'Espagne et lTtalie. En 1867-1876, ils ont été importés d'Angleterre, d'Italie, des Pays-Bas, de Belgique, d'Allemagne, du Mexique, d'Espagne et exportés pour l'Allemagne \ l'Angleterre et ses possessions

1 .L'imperfection des documents ressort du chiffre moyen pour l'Alleraagne,qui n'est

dans la Méditerranée, l'Espagne, l'Egypte, la Suisse, la Belgique. Nous avons montré dans un autre chapitre comment la grande abondance de l'or depuis 1843 avait, d'une part, fait affluer l'or en France et, d'autre part, avait changé le rapport commercial des deux mélaux et par suite fait exporter une telle quantité d'argent qu'il a fallu diminuer le poids d'argent fin dans les monnaies divisionnaires pour les retenir en France.

que de 60 millions à l'exportation, tandis que le gouvernement de Thiers a donné pour la rançon 512 millions de francs en espèces.

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