‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 154 sur 266 · Le transit n'est pas compris dans ces chiffres · texte numérisé non relu

Le transit n'est pas compris dans ces chiffres

les auteurs du projet l'estiment ; les navires de long- cours dont le tonnage va toujours en augmentant pourraient-ils s'engager dans les méandres du fleuve et, si un transbordement reste nécessaire au Havre, l'avantage sera bien amoindri. Il est certain que le port de Paris, le plus fréquenté de France, a besoin d'aménagements plus amples. Mais lesquels? Adhuc sub j'udice lis est.

Nous n'entrerons pas dans le détail des consommations de Paris ; nous nous bornerons à quelques chiffres. Dans son ouvrage sur Les consommations de Paris, M. Husson a donné comme total delà viande de boucherie vendue à Paris en 1872-1873, 112 millions 1/2 de kilogrammes; l'Annuaire statistique de Paris donne, pour l'année 1908, 195 millions l.

Le commerce des bestiaux a une organisation toute spéciale. Les animaux vivants sont amenés à l'abattoir de la Villette ou de Vaugirard par des commissionnaires agissant pour le compte des cultivateurs ; ils sont achetés par les « chevillards », bouchers en gros, qui les font abattre, débitent la viande et la vendent aux bouchers détaillants. Quelques grandes épiceries, la maison Potin, par exemple, ont annexé à leur commerce celui de la viande de boucherie, de la volaille, du gibier et du poisson, et font pour ces articles, comme pour ceux de l'épicerie, une rude concurrence aux détaillants.

L'introduction à Paris en 1908 de la triperie a été de 10 millions 1/2 de kilos ; celle de la volaille et du gibier a été de 23 millions de kilos ; celle du poisson et des coquillages, de 50 millions de kilos, nombre dans lequel ne sont pas compris les huîtres (394.000 centaines) ; celle des fruits et légumes, de 41 millions de kilos ; celle du beurre, de 13 millions 1/2 de kilos ; celle des œufs, de 18 millions 1/2 de kilos ; celle des fromages, de 14 millions 1/2 de kilos.

On évalue, en outre, approximativement les ventes de légumes, fruits, fleurs, poissons,denrées diverses faites sur le « carreau forain », c'est-à-dire par les petits marchands, abonnés ou non, qui stationnent aux abords des halles, à un poids de 267 millions de kilos en 1908.

En additionnant toutes ces quantités (y compris les 51 millions de kilos de viande), on trouve un total de 490 millions de kilogrammes de denrées alimentaires débitées aux Halles et aux abords des Halles dans le cours de l'année 1908. Ce chiffre donne une idée de l'énorme commerce de denrées alimentaires que nécessite la consommation de Paris et pourtant ce chiffre est loin de comprendre toute l'alimentation. Les 319 millions de litres de lait qui ont été consommés en 1908 n'y figurent pas, non plus que les 790.000 kilos de pain que cuisent jour-

1 . Sortie des abattoirs (breufs, veaux, moutons, porcs) pour l'intérieur de Paris : 14'i millions de kilos, plus 37 millions pour la banlieue de Paris ; introduit aux Halles, 51 millions de kilos.

nellement les 2.117 boulangeries de Paris, et bien d'autres produits, tels que ceux de l'épicerie et ceux des débitants de boissons*.

L'alimentation est une des branches les plus importantes, la plus importante peut-être, mais n'est qu'une des branches infiniment nombreuses et diverses du commerce parisien.

1. En 1908, la consommation de l'aris en \ins (introduction directe chez le consommateur et sortie des entrepôts de Taris) a été de 6 millions 1/2 d'hectolitres ; la consommation du cidre de 48.000 hectolitres.

Page 1