Voir le tableau de la page
2. 11 convient d'observer que nous calculons cette moyenne en prenant pour base l'année 1871 dont le commerce général a été inférieur de 770 millions à celui de l'année 1869.
3. Cependant l'importation et l'exportation des produits fabriqués se balançaient à peu près ; l'augmentation de 1871 à 1881 était de 308 millions pour la première et de 330 pour la seconde.
table que le développement de l'exportation fût enrayé ' ; mais l'accroissement de l'importation n'indiquait nullement un appauvrissement. Les matières premières, qui en formaient la plus grosse part, étaient, malgré les variations annuelles, à peu près au même niveau au commencement et à la fin de la période; les denrées alimentaires, dont l'importation s'était élevée de 800 à 1.500 millions, avaient préservé la population française d'une famine en 1879-1880 et compensaient l'insuffisance de nos vignobles détruits par le phylloxéra. D'autre part, il est vrai, l'entrée des produits manufacturés en France avait augmenté d'environ 200 millions \
Seconde période (1881-1895), état stationnaire ou rétrograde. — A partir de 1881 l'orientation de la politique commerciale changea, et, quoique le tarif de 1881 restât en partie fondé sur la base des taxes conventionnelles, l'influence protectionniste se faisait sentir dans ce tarif et dans le renouvellement des traités de commerce. C'est une période de transition entre le système libéral de 1860 et le système protectionniste de 1892. C'est loin d'être une période d'accroissement ; car, de 1881 à 1885 9, le commerce général a diminué de 1.834 millions et le commerce spécial de 1.249 millions: énorme diminution qu'expliquent la crise de 1882 et la langueur des affaires pendant les années suivantes.
Il est juste d'ajouter que cette dépression commerciale se produisait en même temps, à des degrés divers, en Angleterre, en Belgique, en Autriche, en Russie, aux Etats-Unis, quelque peu en Allemagne. Une grande baisse des prix de gros sur tous les marchés en était la conséquence et contribuait à cet abaissement du chiffre des échanges.
Le commerce se releva après les années 1886-1887, si bien qu'en 1891 ,
1. En 1872 l'exportation comprenait 1.856 millions de denrées alimentaires et de matières nécessaires à l'industrie et 1.905 millions d'objels fabriqués ; en 1881 elle comprenait 863 millions de denrées alimentaires, 824 de matières nécessaires à l'industrie et 1.874 de produits manufacturés. Le total de l'exportation (commerce spécial) était de 3.873 millions en 1875 ; il tomba à 3.180 en 1878 et à 3.088 en 1885.
2. En 1872 l'importation comprenait 987 millions d'objets d'alimentation, 2.330 de matières nécessaires à l'industrie, 452 millions d'objets fabriqués ; en 1881, 1.687 millions en objets d'alimentation, 2.493 millions en matières nécessaires à l'industrie, 683 millions en objets fabriqués.
L'industrie du coton était une de. celles qui accusaient les traités de commerce de lesavoir ruinées. Cependant le nombre des chevaux-vapeur qu'elle employait a été de 29.492 en 1859 et de 88. 520 en 1879 ; son exportation a été de 143 millions en moyenne en 1854-1859 et de 306 millions en 1876-1879. La métallurgie se plaignait aussi ; cependant la production de la fonte s'était élevée de 856.000 tonnes en 1859 à 1.733.000 en 1880.
Commerce général Commerce spécial
Différence 1.834 1.249
la slalislique enregistrait 10.669 millions au commerce général et 8.338 millions au commerce spécial '.
L'importation des céréales, qui avait baissé à la suite du vote du droit de douane de 3 francs, puis de b francs par quintal de blé remonta, surtout en 1891 et 1892, à raison de la mauvaise récolte de 1891 *; celle des vins continua à augmenter, la cause des achats à l'étranger subsistant* ; celle des matières premières baissa à cause de la stagnation de 1 industrie4 ; l'importation des produits fabriqués baissa beaucoup aussi, bien qu'elle se soit à peu près relevée la dernière année3.
L'exportation des denrées agricoles et celle des matières nécessaires à l'industrie sont revenues en 1890 à peu près au niveau de 1881 ; celle des produits fabriqués a gagné en dernier lieu environ 125 millions.
Par le tarif de 1892 la France s'étant placée décidément dans le groupe des Etats à tarif protecteur, quel changement en est-il résulté tout d'abord pour le commerce extérieur?
En 1892 6 le commerce général a été de 9.687 millions, le commerce spécial de 7.649 millions. De 1891 à 1895 a continué la série descendante pour le commerce général et pour le commerce spécial, à l'exportation comme à l'importation. Dans le même temps on constatait une baisse continue des prix de gros.
Troisième période (depuis 1896), accroissement. — Depuis 1896 le commerce a repris de nouveau en France, comme dans les autres pays, une allure progressive que les protectionnistes se sont plu à citer dans la discussion du tarif de 1910 comme un résultat du tarif de 1892, tandis qu'elle est en réalité le résultat d'un mouvement général des affaires dans le monde, auquel l'énorme production de l'or n'est probablement pas étrangère.
Dans le même temps se produisait un relèvement sensible de prix de la plupart des marchandises en gros, qui a eu naturellement une influence sur la valeur des importations et des exportations. La douane
1. Il est vrai que cette année (1891) l'importation a été exagérée en prévision du futur tarif.
2. Importation des céréales, 519 raillions de francs en 1881, 202 en 1883, 532 millions en 1891.
3. L'importation des vins avait été de 19 millions en 1872, de 364 millions en 1881, de 349 millions en 1890.
r 4. L'importation des matières premières a été de 2.493 millions en 1881 ; elle est descendue à 2.023 millions en 1885 et elle est revenue à 2.377 millions en 1890.
5. — 683 millions en 1881, 572 en"1889 (minimum), 619 en 1890.
6. Nous ne prenons pas pour point de départ les chiffres de 1891 (10-669 millions au commerce général et 8.338 millions au commerce spécial), qui sont grossis par l'empressement des négociants à régler leurs affaires avant l'application du nouveau tarif.