‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 186 sur 266 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Sommaire. — Première période (1871-1881), accroissement (615). — Seconde période (1881-1895), état stationnaire ou rétrograde (616). — Troisième période (depuis 1896), accroissement (617). — La rectification des chiffres du commerce spécial (619). — Le commerce par pays de provenance et de destination (620). — Le commerce par espèces de marchandises (630). — Le poids et la valeur (632). — La recette des douanes (633j. — La marine et la navigation maritime (G34). — L'importation et l'exportation des métaux précieux (636).

Première période (Î871-188Î). accroissement. — Au début delà troisième République, la guerre avec l'Allemagne fut un effondrement : le commerce général en 1870 tomba à 6.954 millions, le commerce spécial tomba de 6.228 millions en 1869 à 5.669 millions en 1870. Une reprise subite des affaires se produisit après la conclusion de la paix. Elle fut si rapide qu'elle étonna, éblouit même un peu les contemporains ; le commerce spécial de l'année 1873 (7.342 millions) a dépassé de plus de 1.100 millions celui de 1869. La crise qui éclata en 1873 le réduisit de 130 millions,en 1874. Cependant la somme totale des échanges continua à grossir jusqu'à 10 725 raillions au commerce général et à 8.501 millions au commerce spécial, en 1880. De 1871 (7.231 millions au commerce général) à 1881 (10.725 millions), l'augmentation moyenne annuelle s'est trouvée être plus forte encore (348 millions) qu'elle n'avait été dans les deux périodes impériales2. La France continuait à être sous le régime des tarifs conventionnels.

Il est vrai que l'augmentation du commerce était due à l'importation. En effet, si l'on prend pour terme de comparaison les deux années 1872 et 1881, on trouve (commerce spécial) pour la première 3.570 millions à l'importation et 3.762 à l'exportation et pour la seconde 4.863 millions et 3.562 millions ; l'exportation a donc fléchi surtout de 1875 (3.873 millions) à 1888 et de 1890 à 1894 (3.078 millions en 1894), pendant que l'importation grossissait d'environ 1.300 millions ; c'était là un des griefs des protectionnistes3. Sans doute, il était très regret-

Page 1