‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 189 sur 266 · SPÉCIAL · texte numérisé non relu

SPÉCIAL

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L'année 1894 avait donné pour le commerce général et pour le commerce spécial les chiffres les plus bas que la douane eût enregistrés dans les années précédentes depuis 1872, et cependant le tarif protectionniste fonctionnait depuis deux ans et demi (6.928 millions au commerce spécial en 1894 dont 3.850 à l'importation et 3.078 à l'exportation). C'est aussi le chiffre le plus bas qu'on ait enregistré durant les années suivantes jusqu'en 1909.

Cette dernière année 1909 a donné 15.338 millions au commerce général et 11.964 millions au commerce spécial (6.246 millions à l'importation et 5.718 à l'exportation). Le résultat de 1908, année qui a été affectée parla crise d'octobre 1907, avait été de 1.129 millions (commerce spécial) inférieur à celui de l'année 1907 qui a été jusque-là la plus brillante de la période ; mais le commerce a repris son mouvement ascendant dès l'année 1909,qui a donné un résultat supérieur à celui de 1907 (et l'année 1910 est supérieure à 1909, de 800 millions, malgré les barrages qu'a ajoutés au tarif de 1892 celui de 1910;. Ces barrages sont destinés à ralentir l'importation, et pourtant l'importation est restée, comme par le passé depuis 1875, supérieure à l'exportation ; en 1908 elle a été de 5.640 millions (commerce spécial) contre 5.050 millions d'exportation et, en 1909,de 6.246 millions contre 5.718 millions*.

La rectification des chiffres du commerce spécial. — H y a une part d'illusion dans l'accroissement des chiffres du commerce spécial, parce que les importations de marchandises exemptes de droit d'entrée et qui sont destinées à la réexportation immédiate (transit) ou à la réexportation après emmagasinage en France, ne sont pas déclarées comme appartenant au commerce général. Elles sont donc inscrites au commerce spécial, et la portion de ces marchandises qui est réexportée s'y trouve ainsi enregistrée indûment deux fois, une fois à l'entrée et une fois à la sortie. Tel est le cas, par exemple, de la laine, de la soie, des peaux et pelleteries brutes (bien qu'une partie de ces matières puisse être de production nationale), le jute.le caoutchouc, le coton, les fruits oléagineux ; on pourrait même ajouter à celte liste le lin el le chanvre. La valeur de ces articles forme à l'exportation du commerce spécial un total d'environ 750 millions en 1909 2. Cette valeur devrait donc être retranchée non seulement de l'importation mais aussi de l'exportation du commerce spécial ; ce qui formerait un total de 1.500 millions, lequel devrait être reporté au compte du commerce général comme transit. Le transit est un facteur intéressant du

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