En 1910, de 6.759 millions contre
2. —337 pour la laine (dont une partie, il est vrai, a subi un travail), 130 pour le caoutchouc, 178 pour la soie, 95 pour le coton, 10 pour les graines et fruits oléagineux, etc.
commerce qui procure des profils aux négociants, mais qui ne doit pas être confondu avec le commerce spécial qui alimente la consommation française.
De cette transposition il résulterait qu'au lieu de 11.964 millions, le chiffre global du commerce spécial en 1909 devrait être ramené à 10.464 millions environ, sans que le rapport de l'exportation à l'importation soit pour cela modifié.
Le progrès des moyens de communication a considérablement développé ce genre de commerce. Ainsi en 1869, l'exportation des mêmes articles ne s'élevait qu'à 214 millions environ ; de sorte que des 6.228 millions du commerce spécial de celte année il n'y aurait à retrancher que 428 millions pour le rendre comparable au total réduit de 1909.
Le véritable commerce spécial a donc en réalité moins augmenté depuis 1869 que ne l'indiquent les chiffres de la statistique officielle.
Ce cas n'est pas d'ailleurs spécial à la France. Il s'applique à d'autres pays, particulièrement à l'Angleterre, aux Pays-Bas, à la Belgique dont nous parlerons dans un autre chapitre (chap. VII du livre VII).
Le commerce par pays de provenance et de destination. — Voici, à peu près par ordre d'importance, les pays qui étaient en relations avec la France en 1909.
L'Angleterre a conservé le premier rang. En 1869 son commerce avec la France (commerce spécial) avait été de 1.453 millions (549 millions à l'importation et 904 à l'exportation). En 1909 il a été de 2.148 millions (886 à l'importation, 1 262 à l'exportation) '. C'est une augmentation moyenne de 13.3 millions par an, bien inférieure par conséquent à celle que nous avons constatée sous l'Empire. Le commerce spécial de la France avec l'Angleterre consistait :
1° A l'importation, en houille (94 millions de tonnes, 220 millions de francs), en laine (101 millions de francs), machines et mécaniques (49 millions), plumes de parures brutes (53 millions), tissus de coton (16 millions), et gutta-percha (53), peaux et pelleteries préparées (38), produits et engrais chimiques (18), fonte, fer et acier (10), ouvrages en caoutchouc et en gutta-percha (21), papier et ses applications (14), navires en fer ou en acier (8), tissus de laine (26 1/2) ouvrages en peau ou en cuir (11 1/2), fils de coton (12). La plupart de ces importations sont des matières premières ou des moyens de production.
2° et l'exportation, en tissus de soie (160 millions), ouvrages de mode
1. Le commerce général était de 2.827 millions (1.056 à l'importation et 1.771 à l'exportation). Les chiffres que nous donnons concernent la Grande-Bretagne, mais non l'Irlande (commerce spécial, 2.842 millions) et les possessions anglaises de la Méditerranée (5.513 millions).
LfcS PÉRIODES DU COMMERCE EXTÉRIEUR 621
et fleurs artificielles (103 1/2 millions), tissus de laine (97 millions), automobiles (63), beurre (50), vêlements et lingerie (35), tissus de coton (42), fils (35), ouvrages en peau et pelleteries (36), vins (37), laines (40), tabletterie (30), plumes de parure (27), fruits de table (27), pommes de terre (17), peaux préparées (21), sucres bruts (23), bois communs (21), eaux-de-vie et liqueurs (19), peaux et pelleteries brutes (20), caoutchouc et gulla-percha (31), produits chimiques (19), bimbeloterie (II). Presque toutes ces exportations sont des produits de l'agriculture ou de l'industrie.
On affirme donc le contraire de la vérité quand on prétend que l'Angleterre nous « inonde » du produit de ses puissantes manufactures.
La Belgique figurait en 1869 pour 770 millions au commerce général et pour 611 millions (315 à l'importation et 296 à l'exportation) au commerce spécial. Elle figure en 1900 au commerce général pour 1.554 millions 1/2 (546 12 à l'importation, 1.008 à l'exportation) et au commerce spécial pour 1.342 millions (439 à l'importation et 903 à l'exportation). Le commerce spécial a donc doublé; il correspondu une augmentation moyenne de 18 millions par an.
Le commerce spécial consistait en 1909:
1° A l'importation, en houille crue et agglomérée (4.9 millions de tonnes et 117 millions de francs), machines et mécaniques (19 millions 1/2 de francs), carrosserie (9 1/2 millions), zinc (15), laines (15 1/2), outils et ouvrages en métaux (11) produits chimiques (13 1/2), laine et déchets de laine (15 1/2), peaux et pelleteries brutes (14), plomb (9 1/2), matériaux (14 1/2), lin (il), glaces, verres et cristaux (6), etc.
2° A l'exportation, en laine (161 millions), fonte, fers et aciers (45), fils (55), produits chimiques (38), outils et ouvrages en métaux (20), vins (41), tissus de coton (25), papier et ses applications (26), machines et mécaniques (19), peaux et pelleteries brutes (23 1/2), zinc (22), coton (23), tissus de laine (24), poteries, verres et cristaux (16), bois communs (14), tabletterie, bimbeloterie, etc. (18), houille (14), drilles (15), lin (17).
V Allemagne (Zollverein) figurait en 1869 au commerce général pour 660 millions, au commerce spécial pour 483 millions (230 à l'importation et 253 à l'exportation) ; les Villes hanséatiques figuraient, en outre, pour 89 millions au commerce spécial. L'Allemagne en 1909 a fait avec la France un commerce général de 1.623 millions (779 à l'importation, 844 à l'exportation), un commerce spécial de 1.387 millions (661 à l'importation et 726 à l'exportation). Le commerce général a plus que doublé ; le commerce spécial a augmenté de 904 millions, soit une moyenne annuelle de 22 millions 1/2. C'est le pays avec lequel l'augmentation a été le plus forte, surtout à l'importation.
Le commerce spécial consistait en 1909 :
1° A l'importation, en machines et mécaniques (84 millions), houille (83 millions 1/2), produits chimiques (38 1/2), poteries, verres et cristaux (30 1/2), tissus de colon (26), outils et ouvrages en métaux (27), papier et ses applications (24), ouvrages en peau, en cuir et pelleteries (21 1/2), peaux préparées (17 1/2), tissus de soie (12 1/2), tissus de laine (10 1/2), bimbeloterie (12), peaux et pelleteries brûles (23 1/2), laine (17 1/2), tissus de laine (10 1/2), ouvrages en caoutchouc et gulta-percha (17), tissus en soie et bourre de soie (12 1/2).
2° A l'exportation : en laine (76 millions), peaux brutes (45 1/2), coton (48 1/2), vins (27), caoutchouc et gulta-percha (29), peaux préparées (15), tourteaux de graines oléagineuses (19), fruits de table (13 1/2), bimbelolerie, tabletterie (13 1/2), fils (17 1/2), orfèvrerie et bijouterie (14), automobiles (10), graines à ensemencer (18 1/2).
Il esl à remarquer que l'Allemagne fournit aujourd'hui surtout des produits fabriqués et la France des produits naturels et des matières premières.
Les Etats-Unis figuraient en 1869 au commerce général pour 470 millions et au commerce spécial pour 367 millions (174 à l'importation et 193 à l'exportation). En 1909 ils figurent pour 1.304 millions au commerce général (737 1/2 à l'importation, 566 1/2 à l'exportation) et au commerce spécial pour 1.201 millions (728 à l'importation et 473 à l'exportation). L'augmentation du commerce spécial est de 834 millions, soit en moyenne 21 millions par an.
Le commerce spécial en 1909 consistait :
1° A l'importation : en coton (392 millions 1/2), cuivre (68 millions), huiles minérales (60), bois communs (35 1/2), machines et mécaniques (45 1/2), huile de colon (14), tabac (7 1/2), caoutchouc (10), graisses (8), huiles lourdes (12), phosphates naturels (4). Ce sont presque toutes matières indispensables à l'industrie française. Les céréales, qui ont été un des plus importants arlicles de l'importation, ne figurent que pour 1 million en 1909;
2° A l'exportation : en tissus de colon (76), tissus de soie (68 millions), plumes de parure (24 1/2), peaux et pelleteries brutes (25), caoutchouc et gutta-percha bruts (32), vêtements et lingerie (20 1/2), perles (16), tissus de laine (15 1/2), gants de peau (18), ouvrages de mode et fleurs artificielles (10 1/2), produits chimiques (14), vins (14), peaux et pelleteries ouvrées (13).
L' Algérie figurait en 1869 pour 215 millions au commerce général et pour 193 millions au commerce spécial (64 à l'importation, 129 à l'exportation). Elle figure en 1909 pour 696 millions au commerce général (276 à l'importation, 420 à l'exportation), et pour 669 au commerce spécial (272 à l'importation, 397 à l'exportation) ; le commerce spécial a plus que triplé; l'augmentation est en moyenne annuelle de plus de
10 millions. L'importation en France a augmenté plus que l'exportation de France.
En 1909 le commerce spécial consistait :
1° A l'importation, en vins(105 millions 1/2), céréales (48 millions), moulons (29 1/2), huile d'olive (14), fruits de table (9), bœufs (3 1/2), laine (14), peaux brutes (8), légumes frais (5), liège (4) ; importation tout agricole.
2° A l'exportation, en tissus de coton (50 millions 1/2), meubles et ouvrages en bois (16 1/2), outils et ouvrages en métaux (14 1/2), vêlements et lingerie (14), machines et mécaniques (11 l/2),sucres(13 1/2), papier et ses applications (10 1/2), automobiles (9), bimbeloterie, elc. (7 1/2) ; exportation industrielle.
La Suisse figurait en 1869 pour 755 millions au commerce général et pour 394 millions (133 à 1 importation, 261 à l'exportation) au commerce spécial. Elle figure en 1909 au commerce général pour 1.124 1/2 millions (587 à l'importation, 537 1/2 à l'exportation) et au commerce spécial pour 465 1/2 millions (122 à Fimporlalion, 343 à l'exportation). Le commerce général l'emporte de beaucoup parce qu'une grande partie des marchandises étrangères destinées à la Suisse transitent par la France et inversement. Le commerce spécial n'a augmenté que d'une cinquantaine de millions, un peu plus d'un million par an.
Le commerce spécial de 1909 consistait :
1° A l'importation, en horlogerie (16 millions 12), fromages (14 millions 1/2), machines et mécaniques (11 1/2), orfèvrerie et bijouterie (8 1/2), tissus de coton (6).
2° A l'exportation, en soie (74 1/2 millions), vins (18 1/2), tissus de soie (16 1/2), cuivre (7 1/2), fils (5), bestiaux (13), houille (7), laine (6 1/2), vêtements et lingerie (8).
La Russie figurait en 1869 pour 178 millions au commerce général et pour 133 millions au commerce spécial (102 à l'importation, 31 à l'exportation). Elle figure en 1909 pour 501 millions au commerce général et pour 350 1/2 millions au commerce spécial (287 1/2 à l'importation, 63 à l'exportation). Le commerce spécial a presque doublé, avec une augmentation de 217 millions, soit en moyenne de 5 millions 1/2 par an, très faible augmentation relativement à l'importance de l'Empire russe et aux relations politiques et financières qui l'unissent à la France. L'exportation surtout est faible ; elle est depuis très longtemps fort inférieure à l'importation.
En 1909 le commerce spécial consistait :
1° A l'importation, en céréales (24 millions), en bois (69 millions 1/2), lin (67 millions), œufs (11 1/2), platine (21 1/2), peaux (8), huile de nitrate (5 1/2), légumes secs (5 1/2), tourteaux de graines oléagineuses (7), soie et bourre de soie (7).
2° A l'exportation, en laines (8 millions), coton (6), vins (5 1/2), caoutchouc et gulta-percha (4 1/2), automobiles (4 1/2).
L'Italie figurait en 1869 pour 660 millions au commerce général et pour 539 millions (318 à l'importation, 221 à l'exportation) au commerce spécial. Elle figure en 1909 pour 665 millions au commerce général (239 à l'importation, 426 à l'exportation) et pour 458 millions au commerce spécial (165 à l'importation, 293 à l'exportation). Ce commerce n'a pas prospéré ; la mésintelligence politique et les difficultés douanières qui ont pendant plusieurs années divisé les deux pays lui ont été très préjudiciables ; de nouveaux courants commerciaux, auxquels le percement du Saint-Gothard a ouvert un débouché, se sont formés.
En 1909 le commerce spécial consistait :
1° A l'importation, en soie et bourre de soie (43 millions), œufs (2 millions 1/2), zinc (11), soufre (9 1/2), chanvre (10 1/2), peaux et pelleteries brutes (10 1/2), fruits de table (4 1/2).
2° A l'exportation, en soie et bourre de soie (59 1/2 millions), laines (27 1/2), caoutchouc et gutla-percha (11 1/2 millions), tissus de laine (7), peaux et pelleteries brutes (7 1/2), produits chimiques (7), poissons (9), peaux et pelleteries ouvrées (7 1/2), machines et mécaniques (5), colon (8).
L'Espagne figurait en 1869 pour 281 millions au commerce général et pour 201 millions (104 à l'importation, 97 à l'exportation) au commerce spécial. Elle figure en 1909 pour 533 millions au commerce général (268 à l'imporlalion, 265 à l'exportation) et pour 304 millions (180 à l'importation, 124 à l'exportation) au commerce spécial. L'augmentation n'est que de 100 millions, soit 2 millions 1/2 par an ; très faible augmentation. Le régime douanier de l'Espagne est un obstacle au progrès de ce commerce.
En 1909 le commerce spécial consistait :
1° A l'importation, en laines (35 millions), en fruits (18 1/2 millions), plomb (11), poissons et crustacés (8), orfèvrerie et bijouterie (11 1/2), zinc (7 1/2), peaux et pelleteries (11), pyrites (5 1/2), soufre (7 1/2), liège (6 1/2), etc.
2° A l'exportation, en bêtes de somme (12 1/2 millions), tabletterie (7 millions), machines et mécaniques (4 1/2), tissus de coton (4), graines et fruits oléagineux (4 1/2), laine (5), fils (1 1/2), outils et ouvrages en métaux (3 1/2), etc.
La République argentine figurait en 1869 au commerce général pour 186 millions et au commerce spécial pour 168 millions (99 à l'importation, 69 à l'exportation). En 1909 elle figure pour 491 1/2 millions au commerce général (322 à l'importation, 169 1/2 à l'exportation) et pour 429 millions (301 à l'importation, 128 à l'exportation) au commerce spécial. L'augmentation est de 261 millions, soit un peu plus de 5 mil-
lions par an. L'augmentation, faible d'abord, a fait depuis une vingtaine d'années de rapides progrès ; la République argentine a pris une place importante dans le commerce du monde. En 1909 le commerce spécial consistait :
1° A l'importation, en laine (222 millions), graines de lin (30 millions), céréales (24), peaux (9 1/2 millions), plumes de parure (4 1/2) peaux préparées (1).
'2° A l'exportation, en tissus de colon (16 millions), vins (12 1/2), vêtements et lingerie (10), outils et ouvrages en mélaux (5), bimbeloterie (6 1/2), poteries, verres et cristaux (5 1/2).
Les Indes anglaises figuraient en 1869 pour 161 millions au commerce général et pour 148 millions (137 à l'importation, 11 à l'exportation) au commerce spécial. En 1909 elles figurent pour 368 millions au commerce général (336 à l'importation, 32 1/2 à l'exportation) et pour 307 1/2 millions (290 à l'importation, 17 1/2 à l'exportation) au commerce spécial. Ce commerce a plus que doublé, augmentant en moyenne de 4 millions par an. L'exportation reste toujours extrêmement faible, mais il y a des exportations qui se font par l'intermédiaire de l'Angleterre.
En 1909 le commerce spécial consistait :
1° A l'importation, en graines et fruits oléagineux (99 millions), soie (42 millions), jute (37 1/2 millions), coton (26 1/2), étain (11 1/2), café (6), manganèse (5 1/2), laines (9), peaux (10).
2° A l'exportation, en tissus de soie (5 millions), eau-de-vie et liqueurs (1 1/2), cuivre (1).
La Turquie figurait en 1869 pour 300 millions au commerce général et pour 224 millions (142 à l'importation, 82 à l'exportation) au commerce spécial. En 1909 elle figure pour 274 1/2 millions au commerce général (151 1/2 à l'importation, 123 à l'exportation) et pour 166 1/2 millions (98 1/2 à l'importation, 68 à l'exportation) au commerce spécial. Ce commerce a beaucoup faibli. Aujourd hui, comme sous l'ancienne monarchie, il semble avoir des périodes de déclin après des périodes prospères.
En 1909 le commerce spécial consistait :
1° A l'importation, en soie (40 1/2 millions), œufs (5 millions), fruits (4), légumes secs (6 1/2), peaux brutes et pelleteries (7), laines (5), fruits de table (4).
2° A l'exportation, en peaux et pelleteries ouvrées (11 millions), tissus de coton (9 1/2), tabletterie, etc. (2 1/2), tissus de coton (6), tissus de laine (5 1/2"), tissus de soie (4 1/2), sucre (3).
Le Brésil figurait en 1869 pour 194 millions dans le commerce général et pour 133 millions (59 à l'importation, 74 à l'exportation), dans le commerce spécial. En 1909 il figure pour 233 12 millions dans le commerce général (159 1/2 à l'importation, 74 à l'exportation), et pour U 40
626 Livre vi. — chapitre xi
189 1/2 dans le commerce spécial (134 à l'importation, 55 1/2 à l'exportation). L'importation du café et du caoutchouc a beaucoup augmenté ; mais il est regrettable de voir combien a faibli l'exportation française dans un pays dont la richesse se développe.
En 1909 ce commerce consistait :
1° A l'importation, en café (66 1/2 millions), caoutchouc (36), peaux brutes (17), cacao (8), minerai de manganèse (2 1/2).
2° A l'exportation, en tissus de coton (5 1/2 millions), vêlements et lingerie (4), tabletterie, etc. (5), beurre salé (4), fer et acier (3 1/2), machines et mécaniques (3), médicaments (3), outils et ouvrages en métaux (2), peaux et pelleteries ouvrées (3 1/2), automobiles (2).
Les Pays-Bas figuraient en 1869 pour 94 millions au commerce général et pour 77 millions (36 à l'importation, 41 à l'exportation) au commerce spécial. En 1909 ils figurent pour 181 millions au commerce général (88 à l'importation, 93 à l'exportation), et pour 141 1/2 millions (77 1/2 à l'importation, 64 à l'exporlalion) au commerce spécial. Ce commerce n'est pas important; il a plus que doublé à l'importation, maisil n'a augmenté que d'une vingtaine de millions à l'exportation. Il est à noter qu'il était beaucoup plus important au temps de Louis XIV qu'aujourd'hui.
En 1909 le commerce spécial consistait :
1° A l'importation, en bestiaux (7 millions), fromages (17 millions), beurre (4 1/2), peaux et pelleteries (4), produits chimiques (2 1/2), poissons (3 1/2), tabac (3), houille (3).
2° A l'exportation, en vins (6 millions), caoutchouc (5), fruits (2 1/2), produits chimiques (3), graisses (4).
La Chine en 1909 est inscrite pour 245 millions au commerce général (221 à l'importation, 24 à l'exportation) et 202 millions au commerce spécial (188 1/2 à l'importation et 13 1/2 à l'exportation).
Ce commerce consiste (1909) :
1° A l'importation, en soie (124 millions), graines de sésame (7), peaux et pelleteries ouvrées (13 1/2), tissus de soie (14), peaux et pelleteries brutes (6 1/2), tresses et nattes (3), chapeaux de paille (2), thé (1 1/2), plumes de parure (3).
2° A l'exportation, en tissus de soie (7 millions), tissus de coton (8 millions), vins (1 million).
La Tunisie figure en 1909 au commerce général pour 174 millions (59 à 1'imporlalion, 115 à l'exporlalion) et au commerce spécial pour 156 millions 1/2 (56 1/2 à l'importation, 100 à l'exportation).
Le commerce spécial en 1909 consistait :
1° A l'importation, en huile d'olive (4 1/2 millions), phosphates (13 1/2), céréales (19), éponges (3), minerai de zinc (1 1/2), peaux brutes (2), vins (2).
2° A l'exportation, en machines et mécaniques (5 millions), outils
et ouvrages en métaux (3 1/2), céréales (12), fontes, fer et acier (1 1/2), tissus de coton (3), sucre (3), peaux et pelleteries ouvrées (2 1/2), carrosserie et automobiles (4 1/2).
V Egypte figurait en 1869au commerce général pour 117 millions et au commerce spécial pour 99 millions (48 à l'importation, 51 à l'exportation). En 1909 elle figure pour 185 millions au commerce général (86 à l'importation, 99 à l'exportation) et pour 120 1/2 (70 à l'importation, 50 1/2 à l'exportation) au commerce spécial. Ce commerce a peu progressé.
Il consistait en 1909 :
1° A l'importation, en coton (53 millions 1,2), graines et fruits oléagineux (5), gommes exotiques (3 1/2).
2° A l'exportation, en tissus de soie (5 1/2 millions), tissus de coton (5 1/2), outils et ouvrages en métaux (1 1/2), tabletterie, etc. (3 1/2), papier et ses applications (3), tissus de laine (3j, peaux et pelleteries ouvrées (2 1/2), vêtements et lingerie (3).
L' Indo-Chine française figure en 1909 pour 186 millions au commerce général et pour 170 (98 1/2 à l'importation, 71 1/2 à l'exportation) au commerce spécial.
Ce commerce consistait :
1° A fimportalion, en riz (60 millions), maïs (16 1/2), poivre (5), graines et fruits oléagineux (2 1/2), huiles volatiles et essences (2), peaux et pelleteries brutes (2).
2° A l'exportation, en tissus de coton (25 1/2 millions), outils et ouvrages en métaux (5 1/2), machines et mécaniques (2), vins (5 1/2), papier et ses applications (3), fonte, fer et acier (2), sucre (2).
L' Australie (et autres îles de l'Océanie) figure en 1909 pour 211 millions au commerce général (198 à l'importation, 13 à l'exportation) et pour 192 millions au commerce spécial (184 1/2 à l'importation, 7 1/2 à l'exportation).
Le commerce spécial en 1909 consistait :
1° A l'importation, en laine (172 millions), minerai de zinc (4 1/2 millions), minerai de plomb (1), peaux et pelleteries brutes (2), cuivre (1 1/2).
2° A l'exportation, en crème de tartre (3 1/2 millions), tissus de soie (1). A part ces articles, les autres sont insignifiants.
Le Congo, Sénégal et autres établissements français de la côte occidentale d'Afrique figurent en 1909 pour 184 millions au commerce général et pour 162 au commerce spécial1 (104 millions à l'importation, 58 à l'exportation).
Ce commerce consistait :
1. Sur ce total la part du Sénégal est de 98 millions, celle du Congo de 13 millions, celle des établissements de la Guinée et du Haut-Sénégal de 51 millions. L'exportation de la France pour le Congo est encore presque nulle.
1° A l'importation, en graines et fruits oléagineux (43 millions), huile de palme (10 millions), caoutchouc et gulta-percha (41 millions], gommes (3), bois d'ébénisterie (3). L'importation du caoutchouc a beaucoup augmenté.
2° A l'exportation, en tissus de colon (4 millions), outils et ouvrages en métaux (8 millions 1/2), riz (4), machines et mécaniques (3 1/2), vêtements et lingerie (2), vins (2 1/2), sucre (2).
Le Chili figure en 1909 pour 110 millions au commerce général (80.3 à l'importation, 30 à l'exportation) et pour 98 au commerce spécial (75 1/2 à l'importation, 23 à l'exportation).
Ce commerce consistait :
1° A l'importation, en nitrate de soude (57 millions), cuivre (4), peaux brutes (6), laines (7). L'importation du borate de chaux a été très faible en 1909.
2° A l'exportation, tissus de laine (3), tissus de coton (2 millions 1/2), peaux et pelleteries ouvrées (2 millions).
L' 'Autriche-Hongrie figurait en 1869 pour 66 millions au commerce général et pour 58 millions (43 à l'importation et 15 à l'exportation) au commerce spécial. Elle figure en 1909 pour 127 millions au commerce général et pour 115 millions 1/2 (71 1/2 à l'importation, 44 à l'exportation) au commerce spécial. Quoique ce commerce ait doublé, son importance reste très faible.
Le commerce spécial en 1909 consistait :
1° A l'importation, en bois (10 millions), pâtes de celluloïde (5),huile de pétrole (8), tabac (3), peaux et pelleteries brûles (3 1/2), poteries, pierres et cristaux (4), plumes de parure (3), meubles (2 1/2), etc.
2° A l'exportation, en laine (4 millions), vêlements et lingerie (4 1/2), huile d'olive (3).
Le Japon figure en 1909 pour 163 millions au commerce général et pour 103 (93 a l'importation, 10 à l'exporlalion) au commerce spécial.
Le commerce spécial consistait :
1° A l'importation, en soie (59 millions 1/2), tissus de soie (8 1/2), cuivre (8), plumes de parure (3), camphre (3).
2° A l'exportation, en tissus de laine (1 million), fils (1).
La Suède figurait en 1869 pour 63 millions au commerce général et pour 54 (49 à l'importation, 5 à l'exporlalion) au commerce spécial. Elle figure en 1909 pour 72 millions 1/2 au commerce général et pour 72 millions (63 à l'importation, 9 à l'exportation) au commerce spécial.
Le commerce spécial consistait :
1° A l'importation, en bois (41 millions 1/2), pâtes de cellulose (12), fer, fonte et acier (2 1/2), minerai de zinc (2) céréales (1 1/2).
21 A l'exporlalion, en tourteaux de graines oléagineuses (2 millions), eau-de-vie et liqueurs (1), vins (1).
L'Uruguay figurait en 1869 pour 99 millions au commerce général
et pour 89 millions (54 à l'imporlalion, 35 à l'exporlalion) au commerce spécial. En 1909 il figure pour 89 millions au commerce général et pour 85 (69 à l'importation, 1G à l'exportation) au commerce spécial.
Le commerce spécial en 1909 consistait :
1° A l'importation, en laine (50 1/2 millions), peaux brutes (5 1/2), plumes de parure (10), cornes et sabots de bétail (1).
2° A l'exportation, en tissus de colon (2 millions), sucre (2), vins (1 million 1/2), vêtements et lingerie (1), poterie, verres et cristaux (1 î/2), tabletterie (1).
La Roumanie figure en 1909 pour 73 millions au commerce général et pour 52 millions (41 1/2 à l'importation, 10 1/2 à l'exportation) au commerce spécial.
Ce commerce consistait :
1° A l'importation, en huiles minérales (19 millions), céréales (11), légumes secs (4), bois (3 1/2).
2° A l'exportation, en graines et fruits oléagineux (1/2 million). Aucun autre article n'atteint un demi-million.
Les Indes néerlandaises figurent en 1909 pour 51 millions au commerce général et pour 45 1/2 (42 à l'importation, 3 1/2 à l'exportation) au commerce spécial.
Ce commerce, qui n'est pas en progrès, consistait :
1° A l'importation, en graines et fruits oléagineux (21 millions), chapeaux d'écorce (4), élain (3 1/2), coquillages nacrés (4 1/2).
2° A l'exportation, en tissus de soie (1 million), vins (1/2 million).
Le Mexique figure en 1909 pour 76 1/2 millions au commerce général et pour 57 1/2 millions (21 à l'importation, 36 1/2 à l'exportation) au commerce spécial.
Ce commerce consistait :
1° A l'importation, en cuivre (9 millions 1/2), fibres de coco, etc. (2 1/2), peaux brutes (1 1/2), café(l 1/2), caoutchouc (2).
2° A l'exportation, en tissus de laine (5 millions), tissus de coton (4), tissus de soie (1 1/2 million), bimbeloterie, etc. (4 1/2), automobiles (2 1/2), vins (2 1/2), médicaments (2 1/2), papier et ses applications (1 1/2), eau-de-vie et liqueurs (1).
Il y avait donc, en 1909, 27 pays avec lesquels la France avait fait un commerce (commerce spécial) de plus de 50 millions. En 1869 il y en avait 21, quelques pays ont disparu de la liste en 1909 comme le Pérou auquel les événements politiques n'ont pas été favorables ; d'autres s'y trouvent ajoutés, comme la République Argentine, les Indes néerlandaises, le Mexique dont l'état politique s'est amélioré.
A la suite viennent d'autres pays qui se classent entre 50 et 20 millions : Saint-Pierre et Miquelon (avec la grande pêche qui n'est pas
en augmentation depuis quarante ans), la Norvège, Haïti et la République Dominicaine, les colonies anglaises d'Amérique, Tripoli et le Maroc, Madagascar et dépendances, le Portugal, la Réunion, les possessions anglaises d'Afrique, la Martinique et la Guadeloupe (dont le commerce a diminué), les Philippines, la Grèce, le Danemark, la Colombie.
Il est à remarquer que, sur les 27 pays avec lesquels la France a fait un commerce supérieur à 50 millions, il n'y en a que cinq pour lesquels l'exportation l'emporte sur l'importation : ce sont trois voisins de la France, pays manufacturiers et riches, l'Angleterre, l'Allemagne et la Suisse et deux possessions situées à peu de distance du littoral français et où les produits français jouissent de privilèges douaniers, l'Algérie et la Tunisie.
Dans les 22 autres pays c'est l'importation en France qui l'emporte. En effet le total des importations de ces pays était en 1909 de 3.662 millions, tandis que l'exportation n'était que de 979 millions. En Europe, c'est Je cas de la Belgique, de l'Espagne, de l'Italie, voisines de la France ; c'est aussi celui de la Russie, de la Suède, de l'Autriche, des Pays-Bas, de la Roumanie. Hors d'Europe il y a des pays qui fournissent à la France des matières premières ou des denrées pour des valeurs considérables, comme les Etals-Unis, le Brésil, la République Argentine, l'Australie, la Chine, le Japon, le Chili, les Indes néerlandaises et auxquels pourtant la France n'envoie en retour qu'une très faible quantité de produits de son industrie. Il semble.que la France attend d'autrui ses approvisionnements sans s'ingénier assez à approvisionner les autres, surtout ceux qui sont séparés d'elle par de grands espaces marins. Est-ce la faute d'une insuffisance de sa marine ou d'une passivité de ses commerçants?
Le commerce par espèces de marchandises. — La classification n'étant plus la même que celle de 1869, la comparaison des catégories ne peut être qu'approximative. Elle indique toutefois qu'au commerce spécial l'importation des objets d'alimentation n'a pas beaucoup augmenté, qu'au contraire celle des matières nécessaires à l'industrie a augmenté notablement, et que l'importation et l'exportation des objets fabriqués ont beaucoup augmenté aussi.
Les principaux articles de l'imporlation (commerce spécial) ont été en 1909 : les laines (634 millions de francs), importation beaucoup plus forte que les années précédentes \ la houille (442 millions), le colon (495) 2, la soie et bourre de soie (331), les graines et fruits oléagineux (292), les machines et mécaniques (216), les bois communs
1. La moyenne des cinq années précédentes avait été d'environ 500 millions.
2. C'est aussi pour le coton une année de très forte importation. H en est de même pour la soie, les graines oléagineuses, la houille, le caoutchouc.
(183), les peaux et pelleteries brutes (199) le cuivre (123), les vins (123), le caoutchouc et gutla-percha bruts (209), le café (112), les céréales (153), les minerais de toute sorte (86), les huiles et essences de pétrole et de schiste (99), le nitrate de soude (57), le lin (81). Ces dix-sept premiers articles sont, à l'exception du vin, du café et des céréales, des matières nécessaires à l'industrie.
Viennent ensuite les plumes de parure (85), les bestiaux (55), les fromages et le beurre (60), les poissons de mer (54). Les premiers articles de la catégorie des objets fabriqués sont les tissus de soie et bourre de soie (60) et les tissus de coton (57 millions) : outils et ouvrages en métaux (58), poteries, verres et cristaux (57), papier et ses applications (57), pelleteries préparées ou confectionnées (50). Parmi les objets fabriqués, citons encore : les tissus de laine (42), l'orfèvrerie et bijouterie (37), les ouvrages en caoutchouc (44), l'horlogerie (24).
Parmi les objets d'alimentation, le riz (65 millions), les fruits de table (41), le cacao (43), le sucre des colonies françaises (33), la viande (26), les légumes secs (40).
Parmi les matières premières, le jute (46 millions), l'étain (28), le plomb (26), le chanvre (22), le zinc (18).
Les principaux articles de l'exportation ont été : les tissus de coton (332 millions), les tissus de soie et bourre de soie (317), les laines en masse, peignées, teintes et les déchets (338), les vins (214), les tissus de laine (212), la tabletterie, bimbeloterie, brosserie, lorgnettes, éventails, boutons, parapluies et articles de l'industrie parisienne (178), les modes et fleurs artificielles (126), les soies (164), les automobiles (147), les vêlements et lingerie (145), les produits chimiques (148), les peaux et pelleteries brutes (141), les outils et ouvrages en métaux (99), les peaux préparées (102), les machines et mécaniques (91), le papier et ses applications (93), les poteries, verres et cristaux (77), les fromages et beurre (90), la fonte, fer et acier (64), le caoutchouc et gutla-percha bruts (131), les ouvrages en peau et en cuir (77), le coton en laine (96), les bois communs (55), le sucre raffiné (57), les fruits de table (62). Sur ces 25 premiers articles il y en a cinq (vins, soies, fromages, bois, fruits), que fournit l'agriculture, deux qui sont des malières premières exotiques (coton et caoutchouc). Les dix-huit autres appartiennent à l'industrie. La plupart ont donné en 1909 un résultat notablement supérieur à celui des années précédentes '.
Parmi les articles qui viennent ensuite citons encore : dans la catégorie des produits agricoles, les pommes de terre et légumes secs (50),
t. Ainsi les laines n'avaient donné en moyenne pendant les cinq années précédentes qu'environ 260 millions ; les tissus de coton ; le caoutchouc 60 millions, etc.
les eaux-de-vie et liqueurs (46), les graines à ensemencer (43), les chevaux et mulets (36), les bestiaux (24).
Parmi les produits de l'industrie les fils de laine (65), les plumes (69), les meubles et objets en bois (39), les médicaments (23), l'horlogerie (20), la parfumerie (23), la carrosserie (21).
Le poids et la valeur. — On ne peut donner une notion générale du commerce d'un pays que par la valeur des marchandises importées et exportées. L'addition des poids de ces marchandises confondrait dans un même total des quantités d'importance trop différente, des kilogrammes de dentelles et des kilogrammes de houille par exemple. Cependant il est intéressant de connaître ces quantilés ; la douane les enregistre. En 1909 le poids total des importations a été de 37 millions de tonnes au commerce général et de 34 millions au commerce spécial : celui de l'exportation a été de 17 millions 1/2 et de 14 millions 1/4. Comme le commerce spécial a été de 6.246 millions à l'importation et de 5 718 millions à l'exportation, la valeur moyenne de la tonne importée ressort à 183 francs et celle de la tonne exportée à 400 francs. La France exporte en général des objets fabriqués qui ont au kilogramme un beaucoup plus grand prix que les matières premières qu'elle reçoit de l'étranger1.
L'importation par mer est deux fois plus forte en poids que l'importation par terre (63,1 p. 100 contre 36,9). Le poids de l'exportation est à peu près le même par terre et par mer (48,4 contre 51,6 p. 100).
Si l'on compare l'augmentation des poids et celle des valeurs, on constate que les premiers ont beaucoup plus augmenté que les secondes : d'où il résulte que le prix moyen de la tonne a diminué. En effet, en 1871 le prix moyen de la tonne importée était de 311 francs, celui de la tonne exportée était de 900 francs. En 1904 il était de 180 et de 420 francs; les prix de 1903 ont été fortement affectés en baisse par la crise de 1907 ; ceux de 1909 s'en sont ressentis aussi.
La recette des douanes. — En 1909 l'administration des douanes a perçu 566 millions et demi de droits dont 498,7 pour droits d'importation, 9,7 pour droits de statistique, 10,4 pour droits de navigation, 25 pour la taxe de consommation sur les sucres, etc. La recette pour importation a été de 145 millions sur le café, de 82,5 sur les huiles minérales, de 25 sur le cacao, de 24 sur le sucre des colonies françaises, de 22 sur les machines et mécaniques, de 20,8 sur la houille et le coke, de 19,7 sur les bois communs, de 11,8 sur les céréales, de 9.3 sur les outils et ouvrages en métaux, de 7,4 sur les tissus de coton, de 7,1
1. Les deux tiers du poids importé viennent d'Angleterre, de Belgique et d'Allemagne, à cause de l'importation de la houille.
sur le poivre et le pimenl, de 7 sur les fruits de table, de 6,7 sur les tissus de laine, de 5,1 sur le papier et ses applications, de 5 sur la fonte, le fer et l'acier. Ce sont les 15 articles de l'importation qui ont produit le plus : 398,4 millions, soit 70 p. 100 du total. Sur ces articles les trois premiers (252 millions 1/2) portant sur des articles que la France ne produit pas peuvent être considérés comme des impôts de consommation. 11 en est de même pour le poivre. Le sucre importé donne lieu à une perception spéciale qui correspond à la taxe du sucre indigène (129 millions 1/2, plus 9 millions de raffinage en 1909), et est aussi surtout un impôt de consommation. Le droit sur la houille et le coke est en partie un impôt de consommation et en partie un droit protecteur des mines nationales. 11 en est de même pour le bois commun. Quant aux droits sur les céréales et les fruits.ee sont des mesures protectionnistes prises en faveur de l'agriculture française et sur les vives instances du parti agricole ; ils figurent pour 38 millions en 1909' ; mais ils s'élèvent à une somme beaucoup plus forte quand la récolte du blé est mauvaise en France. Les droits sur les outils et ouvrages en métaux, sur les tissus de colon et les tissus de laine (23 millions 1/2) relèvent de la protection industrielle 2.
En 1869 le total des perceptions de la douane avait été de 144 millions 1/2 dont 120,3 pour les droits d'entrée *, 22,3 pour la taxe de consommation des sels.
La recette a donc plus que quadruplé pendant que le budget total doublait. Aujourd'hui que les besoins d'argent de l'Etat vont toujours en croissant (et il en est de même dans la plupart des Etats), il est certain que le Parlement ne saurait renoncer à une recelte d'un demi-milliard et ne consentirait même pas aisément à le rogner,même si l'intérêt protectionniste n'était pas là pour appuyer l'intérêt fiscal. Nous venons de voir d'ailleurs, par le détail des droits perçus, que le second, sous le rapport de la somme perçue, est de beaucoup supérieur. D'où cependant il ne faudrait pas conclure qu'il ne serait pas utile pour l'extension du commerce international d'alléger un certain nombre de droits d'importation.
La marine et la navigation maritime. — L'effectif de la marine marchande au 31 décembre 1909 était de 17.543 navires ayant un tonnage brut de 2.171.676 tonneaux et un tonnage net de 1.444.338. Sur ces totaux il y avait 15,878 voiliers et 1.670 vapeurs ; les vapeurs avaient
\ . On peut ajouter encore, entre autres droits protecteurs de l'agriculture, le droit sur le vin (3,8 millions), la viande (3,6), les légumes secs (2,3), etc.
2. A ajouter le droit sur les poteries et cristaux (4,9 millions}, les produits chimiques (3, S], la carrosserie (3,6), les tissus de soie (3,2), les ouvrages en peau (2,6), etc.
3. Les droits d'entrée en 1869 ont été de 3 millions 1/2 inférieurs à ceux de 1868» par suite principalement de réductions de droits.
une jauge brute de 1.419.246 tonneaux et une jauge nette de 806.073 tonneaux \ Le plusgrand nombre de petits bâtiments étaient employés à la pêche ou au cabotage ; la navigation dans les mers d'Europe et dans la Méditerranée et la navigation au long cours ne comptaient que 914 bâtiments, mais leur tonnage brut était de 1.728.195 tonneaux.
En France, comme dans les pays étrangers, le nombre et le tonnage des bateaux à vapeur ont beaucoup augmenté. En 1872 le tonnage net moyen des 512 navires à vapeur était de 350 tonneaux ; en 1890 celui des 1.110 navires à vapeur était de 450 tonneaux ; en 1908 celui de. 1.608 vapeurs était de 500 tonneaux. Mais dans ce nombre sont compris beaucoup de petits bâtiments, chaloupes, remorqueurs, etc.
En 1890 la statistique comptait 368 vapeurs ayant une force de plus de 200 chevaux, en totalité 279.332 chevaux ; en 1909, 831 vapeurs de plus de 200 chevaux, en totalité 1.018.429 chevaux.
Le mouvement de la navigation (navigation avec l'étranger, les colonies françaises et la grande pêche)* a beaucoup augmenté, surtout depuis la reprise des affaires (1895). L'entrée et la sortie réunies des navires chargés représentaient en 1895 un total de 22 millions 1/2 de tonneaux ; elles représentent, en 1909, 48.756.000 tonneaux (27,6 millions à l'entrée, 21.1 à la sortie) 3.
Sur ce tonnage la marine française ne compte que pour tin quart (25,8 p. 100) ; la marine étrangère compte pour le reste (74,2 p. 100).
Les chargements étaient (au commerce général), à l'entrée, de 5.2 millions de tonnes (de 1.000 kil.) par navires français et de 17,8 par navires étrangers; à la sortie de 4,1 et de 3,5. Les navires français portent proportionnellement plus de marchandises que les navires étrangers. Au total 23.026.000 tonnes à l'entrée et 7.796.000 à la sortie. L'entrée qui consiste surtout en matières premières pesantes représente toujours un poids beaucoup plus fort que la sortie qui consiste surtout en produits manufacturés. A l'entrée les navires étrangers ont en général un chargement plus fort que les navires français. A la sortie, c'est le contraire ; les Français prennent beaucoup plus de fret de sortie que les étrangers.
Le nombre des voyageurs qui ont été transportés par mer en 1908 a été de 1.780.000 dont 1.100.000 pour l'Angleterre. Les ports dans lesquels ont eu lieu le plus de départs ou d'arrivées de voyageurs sont Marseille (436.000), Boulogne, Calais, Dieppe, Le Havre.
1. Dans le cours de l'année 1908, 708 navires à voiles (23.572 tonneaux) et 39 navires à vapeur (21.950 tonneaux), ont cessé d'exister. Par contre ont été ajoutés à la flotte marchande : 868 navires à voiles (11.753 tonneaux), 82 à vapeur (21.351 tonneaux) construits en France, et 31 voiliers (3.561 tonneaux) et 56 vapeurs (14.950 tonneaux) construits à l'étranger.