IvO.O
Fruits de table
Vins
Sucre raffiné
Tissus de laine
l'eaux préparées
Machines et mécaniques
Outils et ouvrages en métaux
Orfèvrerie, bijouterie
Les changements dans l'ordre d'importance à l'exportation. — L'ordre d'importance des articles a changé à l'exportation comme à l'importation. Voici les groupes qui occupaient, à trois époques, les quinze premiers rangs (eommerce spécial, valeur en millions de francs) :
En 1846
En 1869
En 1909
Tissus de soie et de
Tissus de coton . . 140 Tissus de laine. . . 109
Tabletterie, etc. . . 28 Peaux ouvrées. . . 27 Tissus de lin ou de
Papier et ses applications . . . . 21 Pot., verres et cr. 21 Linge et habillem. 18
Ouvrages en mé-
Chev. et mulets,
Sucre raffiné. ... 11 Fils de coton et de
Tissus de soie et de
Tissus de laine. . . 268 Vins 261
Tabletterie, etc. . . 180
Peaux ouvrées. . . 99 Confections (lingerie, etc.) 84
Peaux tannées, corroyées, etc. ... 81 Sucre raffiné ... 81 From. et beurre . 78 Coton en laine. . . 69 Tissus de coton . . 75
Eaux-de-vie et esprits 56
Chev., mulets, best. 53 Produits chimi(|ues. 46
Laines en masse,
peign., teintes, etc. 338 Tissus de coton. . . 332 Tissus de soie et
Vins 214
Tissus de laine. . . 212 Tabletteries, etc. . 178
Produitschimiques. 14S
Automobiles .... 147 Vêtem. et lingerie. 145
Peaux et pell. br. . 141 Caoutch. et gutta-
percha bruts . . 131 Modes et fleurs artificielles 126
Peaux préparées . . 102 Outils et ouvrages en méaux .... 99
A l'exportation, ce sont les produits manufacturés qui dominent dans ce tableau ; ils sont au nombre de 11 en 1846, de 8 en 1869, de 10 en 1909. Les tissus de soie ont passé en 1909 du premier rang au troisième, distancés par les tissus de coton ; les tissus de laine ont relativement faibli depuis 1869. La soie est devenue, depuis 1869, un article notable d'exportation. Les vins, la tabletterie continuent à occuper un rang élevé. La garance a disparu à l'exportation, comme l'indigo à l'importation, mais les produits chimiques occupent le huitième rang; le caoutchouc et la gutta-percha ont pris place dans les quinze premiers rangs. Les automobiles sont au neuvième en 1909. Les modes et fleurs artificielles se sont élevées, en 1909, au treizième rang. Par contre, le papier est descendu au dix septième rang; l'eaude-vie a passé du seizième au trentième rang ; l'orfèvrerie et bijouterie, du vingt-huilième au trente-huitième. Ces changements correspondent à des changements dans la production industrielle.
Rapport des importations et des exportations. — Les quantités importées sont enregistrées avec précision, surtout pour les marchandises soumises à un droit de douane, parce qu'elles sont l'objet d'une vérification très sérieuse à leur entrée en France ou à leur sortie d'un entrepôt. Il n'en est pas de même pour les exportations que l'Administration
n'a pas le même intérêt à connaître. En outre, à la sortie, les bagages ne sont pas visités et ils contiennent le plus souvent des marchandises achetées en France que le voyageur emporte et qui sont par conséquent des exportations.
Des statisticiens considèrent même les consommations faites en France par les étrangers comme équivalant à des exportations, puisque ce sont des achats payés avec des valeurs étrangères.
Il en résulte que les chiffres officiels de l'exportation de certains articles, surtout ceux du vêtement, de la parure et autres objets de luxe sont inférieurs à la réalité et, par conséquent, que le total de l'exportation lest forcément aussi. De combien ? C'est ce qu'on ignore.
Suivant les époques, l'excédent a été en faveur de l'importation ou de l'exportation (commerce spécial), avec cette balance presque égale et plutôt favorable à l'exportation sous la Restauration et sous le règne de Louis-Philippe, jusqu'en 1841 ; en faveur principalement de l'importation dans les huit années suivantes; en faveur de l'exportation de 1849 à 1866 (à l'exception de l'année 1861) ; avec alternance de 1862 à 1875; en faveur de l'importation, avec une supériorité beaucoup plus marquée qu'aux époques antérieures de 1876 à 1893. Durant les cinq dernières années il y a eu excédent des importations (excepté en 1905), lequel s'est élevé jusqu'à 627 millions en 1907.
Pour les objets manufacturés, il y a eu constamment depuis 1815 excédent d'exportation ; excédent qui a été considérable depuis 1860, surtout en 1864-1866 et en 1873-1875, et qui s'est élevé à plus de 1 milliard 1/2 en 1875.
Pour les matières nécessaires à l'industrie et les objets de consommation naturels, c'est l'importation qui l'emporte chaque année ; l'ex cèdent a été particulièrement fort de 1879 à 1890.
La valeur totale du commerce spécial donnée par les statistiques de la douane est notablement supérieure à la valeur réelle de ce commerce, parce que beaucoup de matières comme le coton, la laine, le caoutchouc y figurent, qu'elles soient destinées à la consommation nationale ou qu'elles ne fassent que transiter. Dans le second cas, elles appartiennent au commerce général et elles grossissent indûment deux fois le commerce spécial, étant comptées à l'importation et à l'exportation. La proportion des marchandises qui prennent la voie de terre ou la voie de mer a peu changé depuis l'année 1857. A l'importation, le poids des marchandises importées par mer a varié de 40 à 62 p. 100 du poids total à I'importation,etde62à65p.l00de la valeur de cette importation; à l'exportation, de 44 à 70 p. 100 du poids total et de 67 à 70p. 100 de la valeur totale '.
1. En 1909 les importations par mer figurent pour 62,12 dans le poids et les exportations pour 44,63 p. 100.
Le poids et la valeur. — Le poids et la valeur des marchandises importées et exportées ne sont pas restés proportionnels dans la suite des années. Les prix ont en majorité diminué, inégalement, suivant les espèces, mais en général, plus à l'exportation qui se compose en grande partie de produits manufacturés qu'à l'importation qui comprend beaucoup de produits naturels. Voici le tableau des variations les plus saillantes de la valeur moyenne d'un kilogramme de marchandises :
A l'importation en 1858. 0 fr. 22/ ,
lOTQ a oo\ hausse pour ainsi dire continue. 18/u. 0 » oZ )
baisse.
A 1 exportation en 185/. 1 » 36), . .,
r tnnn r. n o t baisse a vec al ternati ves.
1882. 0 » 78 hausse.
1890. 0 » 48 grande baisse.
Comme le prix de l'unité de marchandise a baissé, surtout depuis 1873, à l'importation et depuis 1882 à l'exportation, il en résulte que le poids total des marchandises a dû augmenter plus que la valeur totale du commerce extérieur. En effet voici les poids pour quelques années caractéristiques :
Commerce spécial Importation. Exportation.
(Millions de tonnes)
A l'importation, le poids est quatre fois plus fort en 1909 qu'en 1857 ; à l'exportation il l'est quatorze fois. La valeur totale du commerce extérieur est loin d'avoir augmenté autant; l'importation (1.873 millions en 1857, 6.246 en 1909) est devenue environ trois fois et demie plus forte; l'exportation (1.866 millions en 1857, 5.718 millions en 1909) Test devenue trois fois.
Le poids des exportations est de beaucoup inférieur à celui des importations, parce que la France importe surtout des matières premières qui sont lourdes, tandis qu'elle exporte surtout des produits fabriqués qui ont en général plus de valeur que de poids.
Les applications de la science ont eu, entre autres effets, celui d'abaisser le prix de fabrication d'une foule de produits, particulière-
ment ceux de l'ordre métallurgique, mécanique et chimique et ceux des industries textiles et, également, de diminuer beaucoup les frais de transport: première cause de la réduction des prix relativement aux poids. D'autre part, la consommation des marchandises, particulièrement celle des articles de luxe, se démocratise de plus en plus, de sorte que la vente des produits à bon marché augmente plus que celle des produits d'un haut prix: seconde cause. Enfin, troisième cause: les matières premières qui sont moins coûteuses que les produits manufacturés tendent à prendre une place relativement plus grande dans le commerce extérieur.