QUATRIÈME PARTIE
NUMÉRAIRE
Statistique de l'importation et de l'exportation des métaux précieux. — Le numéraire, espèces et lingots, n'est pas compris dans les totaux du commerce extérieur publiés par l'Administration des douanes ; il forme un comple à part. Ce compte, avons-nous dit, est très incomplet parce qu'une notable partie des importations et des exportations d'or et d'argent n'est pas déclarée en douane et parce que l'argent des voyageurs ne l'est jamais. Cependant les relevés annuels de la douane fournissent des indications approximatives qui ne sont pas sans intérêt.
L'importation l'a toujours emporté, sauf quelques années exceptionnelles, sur l'exportation. De 1822 à 1847 l'excédent annuel de l'importation a varié, suivant les années, de 15 à 144 millions \
A partir de 1848, année de la découverte des mines de Californie, les chiffres annuels ont beaucoup grossi ; de 1848 à 1870 ils ont varié entre 23 et 596 millions, et l'importation, qui se faisait beaucoup en argent sous le règne de Louis-Philippe, s'est faite presque exclusivement en or.
L'argent qui fit prime alors, c'est-à-direqui s'échangeaitsur le marché contre un peu moins de quinze fois et demie le poids d'or, fut exporté en si grande quantité que, pour arrêter cet exode qui privait la France de monnaies divisionnaires, le gouvernement dut réduire la quantité d'argent fin que contenaient ces monnaies et, comme conséquence, limiter le cours légal de pièces qui n'avaient plus une valeur intrinsèque équivalente à leur valeur nominale.
Dans la période 1822-1847, période de vingt-six ans, l'excédent d'importation des métaux précieux constaté par la douane avait été de 779 millions. Dans la période 1848-1870, période de vingt-trois ans, l'excédent a été de 4.015 millions \ La différence est considérable.