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Et même a\ec les agglomérés et le coke, 130 millions

3. La publication du ministère du commerce Annales du commerce extérieur, Com-

talion pour 148 millions, les matières premières pour 253, les objets d'alimentation pour 69.

Depuis 1869 l'exportaliou a plus augmenté que l'importation et elle a maintenant le premier rang : mais une partie notable de cette exportation est du transit de matières premières. Le transit de la France en Belgique a chaque année une importance considérable : 574 millions 1/2 en 1909, ce qui porle à plus de 1 milliard le mouvement total de sortie de France. La houille reste toujours le principal article de l'importation : la laine a aussi une grande importance à l'importation et à l'exportation ; le vin à lexporlation ainsi que les Hls, bas et tissus de coton et de laine.

Dans le commerce de la Belgique, la France occupe le second rang, après l'Allemagne.

4° Le Zollverein allemand commençait à peine à se former à la fin de la Restauration l.

Les clients de la France étaient alors les Villes hanséatiques, dont l'importation (commerce spécial) s'élevait à 8 millions 1/2 et l'exportation à 9,3 millions ; la Prusse, qui importait 17,2 millions et exportait seulement 7,5 millions ; le reste de l'Allemagne, qui importait une valeur de 27 millions et exportait une valeur de 37 millions 1/2.

Le Zollverein s'était constitué à la fin du règne de Louis-Philippe, sans comprendre encore toute l'Allemagne. En 1846, « l'Association allemande » importait en France une valeur de 48 millions, consistant en laine (7 millions 1/2), bois communs (7 millions), céréales (3,7), poils (2, 3), cendres et regrals d'orfèvre (2), et elle exportail une valeur de 61 millions 1/2 : en tissus de soie (15 millions), tissus de laine (6), tissus de coton (4), vins (2,7), peaux ouvrées (2), garance moulue (1,8). Le Hanovre et le Mecklembourg-Schwerin figuraient sur le tableau

merce entre la France et la Belgique, 1831-1909) donne à l'exportation un chiffre beaucoup moindre (469 millions) que le Tableau général publié par la Direction générale des douanes (903 millions). La raison de cette différence est que la douane française enregistre les exportations telles que les déclarent les exportateurs, tandis que la douane belge n'enregistre le plus souvent comme importations que les marchandises qui sont réellement destinées à la Belgique et enregistre au transit celles qui ne font que traverser la Belgique. D'après la statistique beige le commerce avec la France a été de 473 millions à l'importation en Belgique et de 452 millions à l'exportation.

M. Yves Guyot a consacré un chapitre de son livre Le Commerce et les Commerçants à montrer les divergences de la statistique commerciale française et de la statistique belge. Par exemple, en 1907, l'importation de Belgique en France est de 360 millions, tandis que l'expartation de Belgique pour la France figure dans la statistique belge pour 530 millions : d'autre part, l'exportation de France en Belgique est de 860 millions, tandis que la Belgique n'enregistre qu'une importation de 652 millions.

1. La Prusse, après avoir promulgué son tarif de 1818, avait formé une première union douanière avec quelques petites principautés du Nord. A l'instigation de List, il se formait aussi une union dans l'Allemagne du Sud. Les États de l'Ouest suivirent l'exemple.

du commerce pour 900.000 francs à l'importation et 600.000 francs à l'exportation.

De 1850 à 18691e commerce avec la France a augmenté d'année en année et s'est élevé de 110 à 560 millions, avec excédent tantôt d'importation et tantôt d'exportation.

En 1869 l'Association allemande faisait une importation en France de 230 millions consistant en bestiaux (56 millions), houille (19), peaux brutes (15), bois à construire (14), laine (10), tissus de laine (9), pelleteries brutes (4,9), tissus de soie (3,9), céréales (3,2), peaux préparées (2,8), coke (4,5), et une exportation de France de 253 millions, consistant en tissus de soie (27 millions), tissus de laine (23), mercerie (21), soie (14,8), fils (15,8), vins (11,5), laine (10), coton (7,7), bois à construire (7,5), peaux préparées (6,5). En outre, les Villes banséaliques figuraient pour 25 millions 1/2 à l'importation (tissus de laine, peaux brutes, alcool) et pour 51 millions 1/2 à l'exportation (vins, coton, peaux brutes, fruits).

L'année 1870 avait été un effondrement ; le commerce était tombé de 560 millions à 210 millions. Il monta tout à coup en 1872 (l'Àlsace- Lorraine faisant partie de l'Empire allemand) à 760 millions et il se maintint à peu près à ce taux jusqu'en 1881. De 1882 à 1886 il baissa jusqu'à 630 millions et il resla à peu près à ce niveau jusqu'en 1896. Depuis 1897 le mouvement de hausse a été presque continu et il a été très rapide jusqu'en 1909, où il a atteint le chiffre de 1.387 millions.

Depuis 1891 l'exportation de France l'emporte sur l'importation, mais avec un excédent peu considérable.

En 1909 l'Allemagne, ou plus exactement le Zollverein, qui comprend le Luxembourg et quelques communes d'Autriche, faisait avec la France un commerce général de 1.623 millions (779 à l'importation, 844 à l'exportation) et un commerce spécial de 1.387 millions (661 à l'importation et 726 à l'exportation) *. A l'importation (commerce spécial), laquelle a beaucoup augmenté depuis 1904, figuraient les machines et mécaniques (84 millions), la houille (83), les produits chimiques (38), les poteries, verres et cristaux (30), les outils et ouvrages en métaux (27), les tissus de coton (26), le papier et ses applications (21), les peaux et pelleteries brutes (23 1/2), les peaux préparées (17 1/2), les ouvrages en caoutchouc et gulta-percha (17), les laines et déchets de laine 17,5', les tissus de soie et bourre de soie (12,7), la bimbeloterie (1 1,8), les tissus de laine (10 1/2), etc. A l'exportation, figuraient la laine (76 millions), le coton en laine (48), les peaux brutes (45,7), le

1. D'après la statistique allemande, l'importation française dans le Zollverein a été en 1909 de 485 millions de marcs (commerce spécial) et l'exportation de 455 millions, soit 596 millions de francs et 559 millions.

La France figure au quatrième rang dans le commerce du Zollverein, après l'Angleterre, la Russie, l'Autriche-Hongrie.

caoutchouc et la gutta-percha (29,4), les vins (27), les tourteaux de graines oléagineuses (18,8), les graines à ensemencer (18,7), les fils (17,7), les peaux préparées (15,6), les fruits de table (13). l'orfèvrerie et la bijouterie (13,9), les superphosphates de chaux et engrais chimiques (12,8), la bimbeloterie, tabletterie (13,6), etc.

Voici, par périodes décennales, la valeur du commerce spécial de la France avec le Zollverein (année moyenne) :

Périodes Imp. Exp. Périodes Imp. Exp.

(Millions de francs ) (Millions de francs.)

Dans le commerce de l'Allemagne, la France occupe le cinquième rang, après la Russie, les Etats-Unis, l'Angleterre et l'Autriche- Hongrie.

Un grand changement s'est produit depuis quarante ans dans la nature du commerce que l'Allemagne fait avec la France. En 1869, sur les onze premiers articles de l'importation (non compris les Villes hanséatiques), lesquels représentaient plus de la moitié de limporlation totale, il y avait huit denrées alimentaires ou matières premières ; le premier article fabriqué n'arrivait qu'en sixième ligne. A l'exportation, au contraire, dans les dix premiers articles, qui représentaient plus de la moitié de l'exportation totale, il y avait cinq produits fabriqués dont quatre, valant 85 millions, tenaient les premiers rangs. En 1909, au contraire, sur les douze premiers articles importés en France, représentant presque la moitié de l'importation totale, il y a dix produits fabriqués, tandis qu'à l'exportation de France, sur les douze premiers articles, il n'y a que deux articles fabriqués, lesquels ne figurent que pour 31 millions 1/2.

A l'exportation du commerce spécial delà France avec l'Allemagne, en 1909, figurent 76 millions de laine et déchels de laine, 48 millions de coton en laine, 46 millions de peaux et pelleteries brutes, 29 millions de caoutchouc et gutta-percha, au total environ 200 millions, qui ne sont pas, en réalité, du commerce spécial, mais qui ont été enregistrés à la sortie, comme ils l'avaient été à l'entrée au commerce spécial, parce que les commerçants, n'ayant pas de droits à payer, n'ont pas pris la peine de les déclarer au commerce général, quoiqu'ils n'aient, fait, pour la plupart, que transiter.

Jusqu'en 1860 le Zollverein, sous l'inspiration de la doctrine de List, avait eu un régime étroitement protectionniste ; les Etats du Sud surtout étaient partisans de la restriction. Sous le règne de Louis- Philippe, le gouvernement français avait essayé plusieurs fois (1839- 1846) de nouer des négociations ; il n'avait pas réussi et même, lors-

que la loi du 6 mai 1841, suivie de l'ordonnance du 26 juin 1842, eut augmenté les droils sur certains produits que fournissait l'Allemagne, le Zollverein avait, par représailles, pris à Stuttgart un arrêté (22 septembre 1842 qui frappait d'une surtaxe les eaux-de-vie, les gants, la bijouterie et autres produits français.

Après la signature du traité de commerce avec l'Angleterre, de nouvelles ouvertures furent faites par la France et des conférences furent ouvertes à Berlin. On finit, non sans difticulté, par trouver un terrain de transaction ; les produits allemands obtinrent un régime analogue à ceux d'Angleterre et, d'autre part, la Prusse réduisit les droits sur les vins de France, les soieries et autres tissus, les vêtements confectionnés, la quincaillerie, etc. ».

Le traité fut signé avec la Prusse « et les Etats du Zollverein qui y adhérèrent », le 2 août 1862. Ce traité reproduisait à peu près les droits du traité avec l'Angleterre qui devenait le type du tarif conventionnel de la France. Il fut, comme avec la Belgique, accompagné (2 août 1862) d'un traité de navigation.

Le protocole de signature portait « que l'échange de ratification de ces traités et conventions n'aura lieu que lorsque tous les Etats du Zollverein auront fait connaître leur adhésion, les plénipotentiaires de S. M. l'Empereur des Français avant d'ailleurs exprimé dans cette occasion le vif désir que, dans le but de rendre possible la mise en vigueur des traités et conventions à partir du 1er janvier 1863, rien ne soit négligé pour hâter l'adhésion de ceux des Etats associés qui ne se sont pas encore prononcés ».

Malgré l'opposition des Etats du Sud, encouragée par l'empereur d'Autriche, le Zollverein fut reconstitué pour douze ans sur les bases du nouveau tarif, qui devint applicable à partir du 1er juillet 1865 *.

Survint cinq ans après la guerre franco-allemande qui se termina par le lamentable traité de Francfort, signé le 10 mai 1871. L'article 11 de ce traité stipule que les deux Etats, France et Empire allemand, s'accordent réciproquement, sans limitation de durée, puisque le traité de paix était perpétuel, le traitement de la nation la plus favorisée3. C'était le ministre des finances français, Pouyer-Quertier, qui, quoique protectionniste déterminé, avait proposé l'article ; il ne croyait pas avoir à en redouter les conséquenoes, parce qu'il avait résolu de dénoncer tous les traités de commerce alors en vigueur. Bismarck l'avait accepté parce qu'il était alors partisan de la liberté commerciale.

1. Les Tins de France payèrent 30 francs par hectolitre au lieu de 45 et 60 francs ; les tissus de soie. 3 fr. 75, au lieu de 8 fr. 25, etc.

2. En juin 1865 la France avait conclu un traité spécial avec le Mecklembourg, qui réduisait beaucoup le droit sur les vins.

3. Cela, sur la base des traités que l'un ou l'autre pays pourrait conclure avec l'Angleterre, l'Autriche, la Belgique, les Pays-Bas, la Russie et la Suisse.

Les stipulations du traité de Francfort s'étendent à l'Algérie, aux colonies et possessions françaises et aux pays de protectorat de l'indo- Ghine.

Mais, quelques années après, le prince de Bismarck, voulant surexciter la production industrielle en Allemagne, changeait subitement de politique économique, renonçait au système de tarif conventionnel qui liait l'Allemagne par des traités de commerce et faisait voter (1875) un tarif prolectionniste dont il suréleva à plusieurs reprises (1881-1887) les taxes et. qui aboutit au tarif très protectionniste et très spécialisé du 25 décembre 1902 (applicable depuis 1906).

Après lui, le chancelier de Caprivi revint au système des traités de commerce ; mais la France, depuis la loi de douane de 1892, n'admettait plus de traités de commerce, et maintes spécifications que les Allemands introduisirent dans leurs traités eurent pour objet et pour effet d'exclure les produits français des avantages accordés aux Etats contractants. On se plaignit amèrement en France de cette lactique, à laquelle le tarif de 1910 a opposé de son côté quelques spécifications.

5° Suisse. ~- Avec la Suisse, la valeur du commerce spécial de la France a été, en moyenne, par périodes décennales :

Périodes

imp.

Exp.

Périodes

Imp.

Exp.

(Millions

de francs.)

(Millions

tie francs.)

En 1829 ce commerce était de 13 millions à l'importation et de 27 millions à l'exportation.

En 1846 il était de 29 millions 1/2 à l'importation, consistant en horlogerie (7 millions), bois communs (6), bourre de soie (3), cendres et regrets d'orfèvre (3), et de 48 millions 1/2 à l'exportation, consistant en tissus de coton (7 millions 1/2;, lissus de laine ^7), fils de coton, vins, tissus de soie, vêtements, machines et mécaniques.

De 1851 (75 millions) à 1868 (410 millions) le progrès de ce commerce a été à peu près continu.

En 1869 l'importation (133 millions) consistait en soie et bourre de soie (31 millions), bois communs (20), bestiaux (13), lissus de soie (13), fromages (9), coton (8), tissus de colon (5 1/2), fils (4 1/2), orfèvrerie et bijouterie (3), horlogerie (2) ; l'exporlalion (261 millions) consistait en soie et bourre de soie (62 millions), lissus, passementerie et rubans de soie (52), coton en laine (29 1/2), tissus, passementerie et rubans de laine (16), vins (15), sucre raffiné (6 1/2), bestiaux (6), etc.

En 1870 le commerce tomba à 310 millions ; puis il se releva à 430 en 1873 ; il fléchit de nouveau et, en 1877, il n'était plus que de 320. Il

resta entre 300 et 3GO millions jusqu'en 1892, année à la suite de laquelle une guerre de tarifs le lit baisser jusqu'à 200 millions en 1894. Il s'est relevé ensuite par une progression continue jusqu'à 46G millions en 1909.

L'exportation de France en Suisse a toujours été supérieure à l'importation en France. La différence tend à augmenter d'année en année ; elle était de plus de '200 millions en 1909.

En 1909 on trouve : Ie à l'importation 122 millions;, les tissus de soie et de bourre de soie (12 millions 1/2 , l'horlogerie 16 millions 1/2), les fromages (14 1/2), les machines et mécaniques (11 1/2), l'orfèvrerie et bijouterie (8 1/2), les soies et bourre de soie (6), les tissus de coton (5 1/2) ; 2° à l'exportation (343 millions 1/2). les soies et bourre de soie (74 millions 1/2), les vins (18 1/2), les tissus de soie et de bourre de soie (16 1/2), la fonte, fer et acier (7 1/2;, les vêlements et lingerie ^8), le cuivre (7 1/2), la houille (7), la laine (61/2;, les tissus de laine (6)'.

Dans le commerce avec la Suisse, la France occupe le second rang, après l'Allemagne.

Le commerce de la France avec la Suisse, qui avait plus que doublé pendant le second Empire et jusqu'en 1876, est ensuite, à travers un certain nombre de variations, resté à peu près stationnaire pendant une trentaine d'années. Il a augmenté de nouveau à l'exportation (non, toutefois, pour les tissus de soie).

La Suisse a été un des Etats qui, à la suile du traité de commerce de la France avec l'Angleterre en 1860, a bénéficié du tarif conventionnel ; elle a signé un traité de commerce le 30 juin 1864. Comme elle n'avait pas alors de tarif protecteur, elle a eu peu de concessions à offrir, sauf pour le droit sur les vins. La négociation porta alors sur des questions accessoires, notamment sur le droit de reproduire des airs par les boîtes de musique. Après le vote de la loi de douane de 1881, un nouveau traité fut conclu (23 février 1882), à peu près dans les mêmes termes. Il n'en fut pas de même à la suile du vole du tarif

kde 1892. La Suisse se trouva lésée ; une guerre de tarifs s'ensuivit (tarif différentiel suisse du 10 août 1892. applicable depuis le 1er janvier 1893, application à la Suisse du tarif général français, etc.), qui eut pour effet de réduire de plus d'un tiers son commerce avec la France ; la trace s'en trouve dans la moyenne décennale 1887-1896. Un traité, signé en 1895, abaissa, au profit de la Suisse, le droit de 50 p. 100 au-dessous du tarif minimum pour le bois scié, de 20 p. 100 pour le fromage, elc.

La France dut, contrairement au principe posé dans la loi de douane de 1892, abaisser sur 29 articles le droit au-dessous du tarif minimum

1. D'après la statistique suisse pour 1909, le commerce spécial avec la France a été de 306 millions à l'importation en Suisse et de 120 millions à l'exportation.

et stabiliser un certain nombre de taxes, c'est-à-dire s'engager à ne pas les augmenter tant que la convention resterait en vigueur.

La Suisse, de son côté, réduisit (à partir du 19 août 1898) un peu ses droits sur les gants, les vins, les lainages etc.

Une convention, signée le 20 octobre 1906 à la suite de la promulgation de la loi fédérale sur le tarif général des douanes du 10 octobre 1902, qui, en surélevant les droits et en augmentant les spécifications, avait soulevé de grandes réclamations en France, a stipulé la concession réciproque des tarifs et des conditions de commerce les plus favorables: elle est applicable à l'Algérie, aux colonies et possessions françaises.

6° Italie. — La valeur du commerce spécial de la Fiance avec l'Italie a été, année moyenne, par périodes décennales :

Périodes Imp. Exp. Périodes lmp. Exp.

(Millions de francs.) (Millions de francs.)

Le royaume d'Italie a été constitué en 1861.

En 1869 le commerce spécial de la France avec cet Etat consistait : 1° à l'importation (318,4 millions) en soies écrues et moulinées (119 millions), bourre de soie (201/2), bestiaux (19), huile d'olive (17 1/2), soies écrues grèges (16), garance (7 1/2), chanvre (7), peaux brutes (7 1/2), bois communs (6 1/2), etc. ; 2° à l'exportation (221 millions) en tissus, passementerie et rubans de laine (40 millions 1/2), soie et bourre de soie (35), tissus, passementerie et vêtements de soie (28), sucre raffiné (11), tissus, passementerie et rubans de coton (9), mercerie et boutons (8 1/2), poteries, verres et cristaux (5).

Le commerce avec l'Italie, qui avait augmenté de 1861 à 1865, puis était resté stationnaire pendant les dernières années de l'Empire, monta rapidement de 1871 à 1876 jusqu'à 825 millions. Il baissa sensiblement ensuite jusqu'en 1887 (640 millions) ; puis, en 1888, à la suite de mesures hostiles en matière de douane, il s'effondra jusqu'au chiffre de 250 millions en 1894. Il n'a commencé à se relever qu'à partir de 1899-1903. L'augmentation a très peu porté sur les importations d'Italie en France; elle a été très prononcée, au contraire, sur les exportations, principalement celles d'objets fabriqués.

En 1909 le commerce consistait: 1° à l'importation (165 millions), en soie et bourre de soie (43 millions), zinc (11), peaux et pelleteries brutes (10 1/2), chanvre (11), soufre (9), laine (5) ; 2° à l'exportation (293 millions), en soies et bourre de soie (59 millions 1/2), laine (27 1/2), caoutchouc et gutta-percha bruts (11 1/2), poissons (9), coton (8),

peaux et pelleteries brutes (8 , ti-*us de laine (7), produits chimiques (7) '.

Dans le commerce avec l'Italie, la Fiance occupe le troisième rang, après l'Allemagne et l'Angleterre.

L'importation a beaucoup diminué depuis 1809, surtout celle de la soie ; à l'exportation, les tissus de laine et de soie ont baissé et ce sont maintenant les matières premières qui tiennent les premiers rangs. En somme, le commerce total (commerce spécial; a faibli depuis l'année 1876 où il avait atteint son point culminant. Il a, comme nous venons de le dire, subi une chute énorme en 1888 et le relèvement qui s'est produit depuis 1898 est loin de l'avoir fait remonter au niveau de 1872-1887.

Avecl'llalie, comme avec plusieurs autres Etats, le gouvernement avait fait des ouvertures en vue d'un traité de commerce à la suite du traité de 1860 avec l'Angleterre. La signature, relardée par des considérations politiques, ne fut donnée qu'en 1863. La France accordait, indépendamment des taxes du tarif conventionnel général, des dégrèvements spéciaux sur les fruits, l'huile et autres denrées agricoles de l'Italie *. Le traité portait, comme les autres traités de l'époque, la clause de la nation la plus favorisée.

Le traité fut renouvelé en 1873 (3 novembre). Il le fut encore en 1881, à la suite du vote du tarif français de mai 1881. Mais, depuis 1871, les Italiens s'inquiétaient de voir augmenter l'imporlation française en Italie, pendant que l'exportation italienne en France restait stalionnaire. De plus, ayant des finances très obérées, ils voulaient accroîlre leurs recettes budgétaires par une élévation des droits; ils les élevèrent, en effet, sur les denrées coloniales, les céréales et le bétail.

A la suite d'une grande enquête (1870-1874), plusieurs autres taxes furent augmentées par le tarif de 1878 ; ce qui amena avec la France quelques difficultés qui aboutirent à un accord provisoire en 1879, puis au traité de 1881-1882. Mais les Italiens témoignaient d'un très vif sentiment protectionniste. Il inspira leur tarif de 1887 (par exemple, le droit sur le blé fut porté de 1 fr. 40 à 5 francs), bien que sous le régime libéral l'agriculture et l'industrie eussent fait de notables progrès. Les Italiens durent cependant rabattre quelque peu de leurs prétentions dans les traités de commerce qu'ils eurent à négocier avec plusieurs puissances ; ils accordèrent très peu à la France, à laquelle leur gouvernement était alors hostile depuis l'occupation de la Tunisie. Le 28 février 1888, la France éleva les droits à l'imporla-

1. D'après la statistique italienne pour 1909, l'importation française a été de 329 millions et l'exportation de 199.

2. Ces dégrèvements furent d'ailleurs accordés ultérieurement à l'Angleterre et à la Belgique.

tion des marchandises italiennes ; l'Italie, de son côté, appliqua à la France, de 1888 à 1889, son tarif de guerre, supérieur de 50 p. 100 à son tarif général. Le commerce avec l'Italie tomba de 756 millions en 1886 à 262 millions en 1889, au détriment des deux pays.

Cette situation regrettable dura plus d'une dizaine d'années. La déclaration diplomatique d'octobre 1896 et la convention de novembre 1898 rétablirent l'entente ; la France accorda son tarif minimum, excepté sur les soies et les vins d'Italie, l'Italie abaissa de son côté les droits sur quatre-vingts articles de son tarif.

Le commerce .se releva, mais beaucoup plus au profit de l'exportation française que de l'importation italienne. La loi du 2 février 1899 a accordé a l'Italie le bénéfice des tarifs les plus réduits pour les marchandises italiennes, à l'exception des soies et des soieries, qui restent soumises au tarif général, le traitement le plus favorable en matière de commerce, l'assimilation des pavillons, réserve faite du cabotage. La durée de ces stipulations n'a pas été fixée.

7° Espagne. — La valeur du commerce spécial de la France avec l'Espagne a été, année moyenne, par périodes décennales :

Périodes Imp. Exp. Périodes Imp. Exp.

(Millions de francs.) (Millions de francs.)

En 1829 le commerce spécial avec l'Espagne était de 62,9 millions (21,2 à l'importation et 41,7 à l'exportation).

En 1846 le commerce était de 110 millions: 36 à l'importation et 74 à l'exportation.

De 1851 à 1862 le commerce de la France avec l'Espagne a plus que doublé : 76 millions en 1851, 210 en 1862. Puis il est resté à peu près stationnaire jusqu'en 1899, où il a été de 200 millions. Pendant cette période, l'exportation de France l'a presque toujours emporté sur l'importation en France.

En 1869 le commerce général avec l'Espagne était de 124 millions 1/2 à l'importation et de 156 1/2 à l'exportation. Le commerce spécial consistait : 1° à l'importation (103 millions 1/2), en plomb (13 millions 1/2), vins (11), bestiaux (10) fruits (10), soies et bourre de soie (9 1/2), cochenille (5 1/2), huile d'olive (5), etc. ;2°à l'exportation (97 millions), en mulets (11 millions 1/2), tissus, passementerie et rubans de laine (10 1/2), coton (6), tissus, passementerie et rubans de soie (6). mercerie et boutons (5 1/2), etc.

De 1870 (180 millions) à 1877 il y a eu une légère augmentation; puis, subitement, de 1878 à 1881, une augmentation très rapide. En

1881 ce commerce atteignait 540 millions et il est resté à peu près à ce niveau jusqu'en 1891 (595 millions;. Cette augmentation considérable provenait presque exclusivement de l'importation des vins d'Espagne, qui venaient remplacer, principalement à Bordeaux, la récolte des vignobles français détruits par le phylloxéra. La reconstitution du vignoble et l'imposition d'un droit de douane élevé mirent fin à celle grande importation et le commerce avec l'Espagne tomba en 1894 audessous de 300 millions. Il s'est relevé à 400 millions en 1898 ; mais il est retombé ensuite et il n'était que de 304 millions en 1909.

Les variations de ce commerce sont dues exclusivement à l'importation et presque exclusivement au vin. Quanta l'exportation, qui est bien inférieure à limporlalion, depuis l'année 1879, elle n'a fait aucun progrès. Elle était de 150 millions en 1879 et de 124 en 1909.

En 1909 les chiffres ont été les suivants : 1° à l'importation (180 millions 1/2 , la laine (35 millions), les fruits (18 1/2), l'orfèvrerie et la bijouterie (11 1/2), le plomb (11), les peaux et pelleteries brutes (11), les poissons et crustacés (8), le soufre (7 1/2), le zinc (7), etc. ; 2° à l'exportation 124 millions , les bêtes de somme (12 millions), la tabletterie, bimbeloterie, brosserie et éventails (7), les machines et mécaniques (4 1/2), les graisses et fruits oléagineux (4 1/2), etc. '.

Dans le commerce avec l'Espagne, la France occupe le second rang après l'Angleterre.

Entre la France et l'Espagne, il n'y a pas de traité de commerce. Un acte additionnel du traité de paix du 20 juillet 1814 porte que les relations commerciales seront rétablies telles qu'elles étaient en 1792, c'est-à-dire conformément au pacte de famille de 1761 et à une convention explicative du 2 janvier 1768, accordant aux deux pays le traitement de la nation la plus favorisée. Depuis 1844 il avait été convenu que les marchandises payeraient de part et d'autre les droits du tarif général. En 1881 l'Espagne a signé un traité de commerce ; en 1893- 1894 30 mars, 30 décembre 1893 et 25 décembre 1894; ont été conclus des arrangements commerciaux comportant réciproquement le bénéfice des tarifs de douane les plus réduits et de tous les avantages qui pourraient être accordés à une tierce puissance, avec faculté pour les deux parties de faire cesser les effets de cet accord moyennant dénonciation trois mois à 1 avance. Ces stipulations sont applicables aux Baléares, aux Canaries, aux comptoirs espagnols du Maroc, à l'Algérie, aux colonies et possessions françaises. Mais l'Espagne a récemment modifié ses tarifs par les décrets royaux du 23 mars et du 23 juin 1906, elle a beaucoup surélevé plusieurs droits qui intéressent particulièrement le

1 . D'après la statistique espagnole pour 1908, l'importation française en Espagne a été de 143 millions et l'exportation de 158.

commerce français et exigé le paiement des droits en or. A la suite de ces modifications, des négociations furent entamées ; elles n'aboutirent pas, l'Espagne demandant une réduction de droits sur les vins qui ne put pas lui être accordée ; on a dû se borner à un modus vivendi provisoire par lequel l'Espagne jouit en France du tarif minimum.

De 1881 à 1891 l'importation d'Espagne en France a largement profité de la crise viticole ; l'importation des vins s'est élevée jusqu'à 660 millions en 1886; elle a baissé par suite de mesures douanières prises par la France et de la reconstitution de son vignoble. L'Espagne a renforcé à plusieurs reprises son tarif protectionniste et, en somme, le commerce a peu progressé depuis quarante ans.

Résumé. — Si l'on fait l'addition du commerce spécial de la France avec les six Etats limitrophes (l'Angleterre étant considérée comme limitrophe, les Pays-Bas ne l'étant pas), on trouve les résultats suivants depuis 1887 :

Moyenne 1887-1896

Moyenne 1897-1906

Année

(Millions de francs.)

Importations.

Exportations.

Ces six Etats forment le groupe le plus important de la clientèle de la France; ils représentent à eux seuls près de la moitié du total de son commerce. L'augmentation depuis une vingtaine d'années est d'environ 1.920 millions. L'Angleterre est de beaucoup au premier rang. La Belgique et l'Allemagne viennent ensuite. La Suisse et l'Italie ne se placent qu'après les Etats-Unis et l'Algérie (dont nous n'avons pas encore parlé). L'Espagne ne vient, en 1909, qu'au onzième rang.

11 est à remarquer que, pour ces six Etals, l'exportation de France l'emporte sur l'importation ; la différence a même beaucoup augmenté depuis une quinzaine d'années. Ces Etats sont assurément (avec les Etals-Unis) au nombre de ceux où l'industrie manufacturière s'est le plus développée. Les chiffres de la statistique douanière ne confirment donc pas l'opinion que la France soit « inondée » de produits fabriqués par les étrangers, bien que l'impôt talion allemande soit devenue essentiellement manufacturière ; car la France vend, en somme, à ses voisins plus de produits qu'elle ne leur en achète et ses exportations consistent principalement en produits manufacturés.

Toutefois, il y a une illusion contre laquelle on doit se tenir en garde : pour certaines matières premières qui circulent en franchise, comme le coton, la laine, la soie, la statistique enregistre une exportation qui influe sensiblement sur les totaux du commerce spécial et qui n'est pourtant que du transit: ce transita augmenté depuis que l'Alsace est séparée de la France.

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