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III. — Les pays hors d'Europe

1° Le pays hors d'Europe qui prime de beaucoup tous les autres est les Etats-Unis d'Amérique. Les Etats-Unis, depuis leur déclaration d'indépendance, n'ont jamais cessé d'être un client très important. Ils figuraient au premier rang dans la statistique de 1829 et de 1846. Ils n'étaient qu'au sixième en 1869 ; mais ils étaient alors encore sous le

coup de la guerre de Sécession et ils étaient au régime du papiermonnaie. En 1909 ils occupent le quatrième rang avec un chiflre commercial dix fois plus fort qu'en 1829.

La valeur du commerce spécial de la France avec les Etats-Unis a été, moyenne annuelle, par périodes décennales (millions de francs).

Périodes

linp. Exp.

Périodes

Imp. Exp.

En 1829 ce commerce a été de

millions dont

l'importation

et 65 à l'exportation.

En 1846 il a été de 242 millions dont 141 à l'importation et 101 à l'exportation. L'importation consistait surtout en coton (109 millions 1/2), tabac (18 1/2) ; l'exportation en tissus de soie (36 1/2), tissus de laine (20), tissus de coton (9 1/2), vins (4). Les Etals-Unis .n'étaient pas encore un grand pays manufacturier.

De 1850 à 1856 le commerce de la France avait doublé (de 250 à 550 millions) ; l'exportation de France dépassait à celte époque 1 importation. 11 diminua, surtout après la crise de 1857, et il était un peu au-dessous de 500 millions en 1860. La guerre de Sécession le précipita à 150 millions en 1864 et 1865. Le relèvement fut ensuite rapide, si bien qu'en 1870 le chiffre a dépassé 500 millions.

En 1869 il a été de 367 millions dont 174 1/2 à l'importation et 193 à l'exportation. L'importation consistait en coton (137 millions 1/2), tabac (13 1/2); l'exportation en tissus, passemenlerie et rubans de soie (67), vins (24 1/2), tissus, passementerie et rubans de laine (14), peaux préparées (9), gants de peau (9), garance (8), poterie, verres et cristaux (7), mercerie et boutons (6).

Le chiffre du commerce, qui était en 1870 de 500 millions, est resté à peu près au même niveau jusqu'en 1877, pendant la période du papier-monnaie et de la crise américaine. Les mauvaises récoltes de la France ayant nécessité une énorme demande de grains, l'importation augmenta subitement, si bien que le total du commerce spécial monta à 1.075 millions en 1880. Puis, celle importation extraordinaire ayant cessé, le chiffre du commerce redescendit entre 550 et 500 millions, excepté dans les années 1890-1892 où de nouveau une récolte très insuffisante 1 éleva jusqu'à 760 millions. A partir de 1896 il s'est produit, dans le commerce de la France avec les Etats-Unis comme avec la plupart des autres Etats, un mouvement ascendant très rapide qui a été quelquefois arrêté par des crises, mais qui en définitive est monté à 1.201 millions en 1909.

En 1909 le commerce général s'est élevé à 1.304 millions, 737 1/2 à l'importation et 566 1/2 à l'exportation. Le commerce spécial à 1.201 millions dont 727 1/2 à l'importation et 473 1/2 à l'exportation '. L'importation (commerce spécial) consistait en coton (392 1/2 millions), cuivre (68), huiles minérales (60), machines et mécaniques (45 1/2), bois communs (36), huile de coton (14), huiles lourdes et résidus de pétrole (12,3), caoutchouc et gutta-percha (10), peaux et pelleteries ouvrées (8, 4), graisses animales (8), peaux et pelleteries brutes (7 1/2), tabac (7 1/2), phosphates naturels (4), etc. L'exportation consistait en tissus de coton (76 millions), tissus de soie et de bourre de soie (68), caoutchouc et gutta-percha (32), peaux et pelleleteries brutes (25\ plumes de parure (24 1/2), vêtements et lingerie (20 1/2), gants de peau (18), tissus de laine (15 1/2), perles fines (16), produits chimiques (14), vins (14), pelleteries préparées et ouvrées (13 1/2), huiles volatiles et essences végétales (10 1/2), ouvrages de modes et fleurs artificielles (10 1/2), automobiles (8), soie et bourre de soie (7, 7), tabletterie, bimbeloterie, éventails (7), etc. A l'exception des machines et mécaniques dont certaines spécialités sont propres aux Etats-Unis, les principaux articles d'importation sont des matières premières. Au contraire à l'exportation ce sont les articles de toilette et de luxe qui forment le groupe de beaucoup le plus important.

Dans le commerce des Etals- Unis, la France occupe le quatrième rang, après l'Angleterre, l'Allemagne et le Canada.

Il est nécessaire d'ajouter toutefois que pour les articles de toilette et de luxe, les enregistrements de la douane ne donnent que des chiffres inférieurs, plusieurs même très inférieurs à la réalité , parce que les voyageurs, les femmes surtout, achètent avant de retourner dans leur pays beaucoup d'objets de toilette, de parure, de luxe qui, enfermés dans leurs malles, ne sont pas déclarés à la sortie. Les voyageurs américains figurent aujourd'hui au premier rang parmi les acheteurs des magasins achalandés de Paris.

Pendant la Restauration, la constitution en France du système douanier protectionniste occasionna des difficultés avec les Etats-Unis qui commençaient eux-mêmes à entrer systématiquement dans la voie du protectionnisme. Ils réclamèrent contre la surtaxe de pavillon qui leur rendait difficile l'importation dans les ports français. Ils demandèrent l'égalité de traitement ; le Conseil du commerce y était opposé parce qu'il pensait que cette égalité serait ruineuse pour la marine française qui n'exportait pas de produits encombrants comme celle des Etats-Unis. Ne pouvant rien obtenir par voie diplomatique, le gouvernement américain mit un droit de 10 dollars par tonneau sur

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