‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 234 sur 266 · La statistique américaine donne pour · texte numérisé non relu

La statistique américaine donne pour

Exportation des Etats-Unis: 108.764.000 dollars, soit 362 millions de francs.

Importation aux Etats Unis : 108.387.000 dollars, soit 561 millions do francs.

les navires français (15 mai 1820). Le gouvernement français essaya d'abord de négocier ; puis il riposta (26 juillet) par un droit de 90 francs sur les navires américains à l'exception de ceux qui viendraient sur lest charger en France et par une prime à l'importation des cotons par navire français. Cette guerre de tarif troubla le commerce régulier ; elle obligea les importateurs à faire venir le coton par navires espagnols ou anglais, la marine française étant insuffisante. La convention du 21 juillet 18?? mit fin à cette guerre ; elle affranchit de toute surtaxe les produits naturels ou manufacturés des Etats-Unis importés par navires américains moyennant un droit de '20,50 par tonneau qui s'abaissait graduellement jusqu'à 5 francs, tandis que le droit général était de 60 francs ; par réciprocité, un privilège analogue était concédé aux navires français introduisant aux Etals-Unis des marchandises françaises. Les Elats-Unis n'avaient pas pris part au mouvement libéral que l'empereur Napoléon avait suscité à la suite du traité de 1860 avec l'Angleterre ; c'était au contraire le temps où les Etats manufacturiers du Nord, sorlant victorieux de la guerre de Sécession, enfermaient plus résolument qu'auparavant leur production manufacturière derrière le rempart des douanes; le dernier surhaussement était alors celui du tarif Mac Kinley 1890). A la suite du vote du tarif français de janvier 1892, il n'y eut pas non plus de traité ; mais le tarif minimum fut concédé aux Etats-Unis pour un certain nombre d'articles en 1893 et en 1898. D'autres difficultés surgirent quand les Etals Unis remanièrent et aggravèrent sur plusieurs points leur tarif en 1909-1910. Elles ont été résolues par l'arrangement du 25 mars 1910 stipulant, de la part de la France, le bénéfice du tarif minimum en France, Algérie, colonies et possessions françaises pour une soixantaine de marchandises américaines, telles que fruits, produits chimiques, peaux, machines diverses, carrosserie, houille , pétrole, cuivre et, pour les autres articles, le maintien des droits du tarif du 11 janvier 1892 ; les produits français acquittent à l'entrée aux Etats-Unis et à Porlo-Rico les droits du tarif général américain sans surtaxe.

2° La Bépublique Argentine. — La valeur du commerce spécial de la France avec la République Argentine a été, année moyenne, par périodes décennales millions de francs) :

Périodes

Imp.

Exp.

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Imp.

Exp.

La République Argentine est une nouvelle venue dans l'histoire du commerce français. Ce n'est que dans la seconde moitié du xixe siècle

qu'elle est sortie de la période laborieuse de sa formation. Aussi la moyenne de son commerce spécial avec la France dans la période décennale 1847-1856 n'est-elle que de 17 millions. Mais son développement a été ensuite très rapide, surtout depuis que les chemins de fer ont donné de faciles débouchés à son agriculture.

De 1851 à 1869 il y a déjà eu un progrès très sensible dans le commerce de la France avec la région qu'on désignait alors sous le nom de Rio de la Plata. En 1851 ce commerce n'était que de 16 millions ; en 1869 il était monté à 168 millions, dont 99 à l'importation et 69 à l'exportation. Il augmenta beaucoup plus à partir de 1871 ; en 1889 il s'élevait à près de 400 millions : c'est un des plus hauts chiffres qu'il ait atteint. Il a baissé ensuite jusqu'en 1895 (220 millions) ; puis, d'année en année, il s'est relevé, si bien que depuis 1906 il est remonté à 400 millions et qu'il a atteint le chiffre de 430 en 1909. L'importation a été, surtout depuis 1871, toujours supérieure à l'exportation. La différence a même été presque constamment en augmentant. L'exportation, qui avait atteint 150 millions en 1889, est tombée à une cinquantaine de millions en 1895 et est restée à ce taux jusqu'en 1902. De 1903 à 1909 elle a augmenté.

En 1909 le commerce spécial s'est élevé à 430 millions, 302 pour l'importation et 128 pour l'exportation l. L'importation consistait presque exclusivement en laine (222 millions) dont Dunkerque est le principal entrepôt ; après la laine, les céréales (24 millions), la graine de lin (30), les peaux et pelleteries brutes (9 1/2), les plumes de parure (4 1/2), le bois de Quebracho (2), etc. A l'exportation figurent les tissus de colon (16 millions), les vins (12 1/2), les vêtements et lingerie (10), les tissus de laine (7), les automobiles (6), la bimbeloterie, brosserie (6 1/2), les outils et ouvrages en métaux (5 1/2), etc.

Dans le commerce de la République Argentine, la France tigure après l'Angleterre et l'Allemagne à peu près au même rang que les Etats- Unis.

En vertu du traité du 10 juillet 1853 et de la convention additionnelle du 19 août 1892, les relations commerciales et maritimes entre la République Argentine et la France (y compris l'Algérie, les colonies et possessions françaises et les pays de protectorat de l'Indo-Chine) sont régies par la clause du traitement de la nation la plus favorisée (décret du 10 juin 1893). Ce régime est applicable jusqu'à l'expiration d'une année après dénonciation par l'un ou par l'autre des deux gouvernements.

3e Les Indes anglaises. — La valeur du commerce spécial de la

1. D'après la statistique argentine pour 1909, l'importation française en Argentine a été de 31 millions de pesos d'or et l'exportation de 39 millions, soit 155 millions de francs et 195 millions. La différence entre l'exportation argentine et l'importation française est très grande.

France avec les Indes anglaises a été, année moyenne, par période décennales millions de francs) :

Période» 1">P- Exp. Période» Imp. Exp.

En 1851 le commerce de la France avec l'Inde britannique n'avait été que de 30 millions. Il a augmenté pendant le second Empire. En 1869 les Indes, qui s'étaient ouvertes au commerce étranger depuis la suppression de la Compagnie des Indes en 1857, figuraient dans la statistique du commerce français pour 148 millions, consistant à l'importation 137 millions 1/2) en coton (64 millions), indigo (23 , graines oléagineuses (17 1/2), café (9), safran (4), riz (2 1/2) et à l'exportation 10 millions 1/2) en eau-de-vie et liqueurs (2 1/1), vins (2).

De 1871 à 1883 le commerce a augmenté jusqu'à 254 millions à cette dernière date. Puis il a fléchi, s'est relevé, a fléchi de nouveau jusqu'à 134 millions en 1897. Depuis 1897 il a très sensiblement remonté ; il a même atteint 386 millions en 1907 ; c'est jusqu'ici son point culminant.

Ce commerce consiste presque uniquement en importations. L'exportation de France est restée longtemps au-dessous de 10 millions. Cependant elle a augmenté un peu depuis 1898 et dépassé 20 millions. En 1909 elle a même dépassé 30 millions.

En 1909 le commerce général était de 336 millions à l'importation et de 32 1/2 à l'exportation. Le commerce spécial consistait à l'importation (290 millions en graines et fruits oléagineux (99 millions 1/2), soies et bourre de soie (42), jute (37 1/2), coton (26 1/2), étain (11 1/2), laine (9), caoutchouc et gutta-percha (7), café (6), minerai de manganèse 5 1/2) ; à l'exportation 17 millions 1/2) en tissus de soie et de bourre de soie (4,8), eaux-de vie et liqueurs (1 1/2), cuivre (1).

Dans le commerce de l'Inde par mer, la France figure au quatrième rang, après l'Angleterre, l'Allemagne et les Etablissements du détroit.

4° La Chine. — La valeur du commerce spécial de la France avec la Chine a été, année moyenne, par périodes décennales millions de francs) :

Périodes Imp. Exp.

Année 1909 189 14

1. Avant cette époque, le commerce de la Chine était confondu avec celui de Siam et du Japon.

Avec la Chine le commerce était pour ainsi dire nul avant le traité de 1842, signé à la suite de la campagne faite par l'Angleterre pour maintenir l'importation de l'opium. Cinq ports furent alors ouverts au commerce étranger; puis ce nombre fut porté à treize en 1860; par suite de concessions successives il était de 42 en 1908. Shanghaï et au second rang Canton étaient les plus importants. Le commerce avec la Chine, presque nul avant 1850, n'avait commencé à augmenter un peu que depuis 1862.

En 1869 le commerce français (commerce spécial) consistait : ;i l'importation (38 millions) principalement en soie (33 millions 1/2), et à l'exportation (2,8) en vins, poteries et plomb.

Sous la troisième République nos relations avec l'Extrême-Orient se sont étendues, sans devenir cependant aussi importantes que notre situation en Indo-Chine autoriserait à le penser. Le commerce avec la Chine a passé de 44 millions à 144 millions en 1876 (année, il est vrai, d'imporlalion exceptionnellement forte). Il a beaucoup baissé en 1877; mais il s'est relevé dès l'année suivante et il a oscillé entre 60 et 130 millions jusqu'en 1896. De 1896 à 1899 (232 millions) il a rapidement monté. Depuis ce temps il est resté, excepté en 1907, année forte, un peu au-dessous de 200 millions.

Le commerce avec la Chine est à peu près entièrement un commerce d'importation. Nous lui vendons très peu de marchandises et cette vente n'augmente pas depuis une cinquantaine d'années. Elle est restée presque toujours au-dessous de 10 millions. Cependant il y a depuis 1905 une légère augmentation ; en 1906 la statistique a même enregistré le chiffre exceptionnel de 28 millions.

En 1909 le commerce général était de 221 millions à l'importation et de 24 à l'exportation. Le commerce spécial était de 202 millions dont 189 à l'importation et 13 à l'exportation l. La première consistait en soies et bourre de soie (124 millions), tissus de soie (14), peaux et pelleteries ouvrées (14). peaux et pelleteries brutes (7). graines desésame (7) ; à l'exportation, en tissus de soie et de bourre de soie (7), vins (1).

Dans le commerce par mer de la Chine, tel qu'il est connu, la France vient au septième rang, après Hong-Kong, l'Angleterre, le Japon, les Etats-Unis, la Russie, l'Inde.

5° Le Brésil est depuis longtemps un client de la France. En voici le commerce spécial, année moyenne, par périodes décennales (millions de francs) :

Périodes

Imp.

Exp.

Périodes

Imp.

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Année 1909

1. D'après la statistique dos douanes chinoises pour 1909, l'importation française

En 18*29 ce commerce figurait à l'importation (commerce spécial pour 9 millions 1/2 et à l'exportation pour 12 millions ; en 1846 pour 9 millions 1/2 à l'importation et pour 17 1/2 à l'exportation. En 1809 l'importation consistait en café (\S), coton (14 , peaux brutes 10 ; l'exportation, en vêtements et linge 1? . vins 9), ouvrages en peau et en cuir 7 1/2), tissus de laine 6 .

En 1909 le commerce général a été de 159 millions 1/2 à l'imporlation et de 74 à l'exportation, total 233 millions 1/2. Le commerce spécial a été de 190 millions, dont 134 1/2 à l'importation et V> 1 ? à l'exportation '. L'importation a consisté en café (66 millions 1/2 , caoutchouc et gulla-percha (36), peaux brutes 17 , cacao 8 , minerai de manganèse 2 1/2) ; l'exportation en tissus de coton (5 1/2), tabletterie, brosserie, éventails 5 , vêlements et lingerie 4 , beurre salé (4), etc.

Sous la troisième République 1 importation a presque triplé, surtout à cause de la consommation croissante du café et du caoutchouc. Il est très regrettable que l'exportation française n'ait pas eu la même allure. Cependant les produits français pourraient être très appréciés par la classe aisée. Mais les Français sont trop peu nombreux au Brésil pour soutenir les intérêts français et la France en 1908 n'occupait plus que le cinquième rang sur la liste des clients du Brésil, après l'Angleterre, les Etats-Unis, l'Allemagne.

Le Brésil, dont le café est le principal article d'exportation, formant à peu près la moitié du total de cette exportation, a souffert depuis 1895 d'une production qui s'est développée plus vite que la consommation. Le prix du café a baissé de 100 francs les 50 kil.,au Havre. à 40 francs, de 1898 à 1904; d'où la grande diminution d'importation en France pendant la période 1887-1896. 11 s'est relevé depuis quelques années. L'énormité des droits de douane au Brésil, qui atteint presque la moitié de la valeur des marchandises, est un obstacle au développement de l'importation. Le Brésil a fait quelques concessions à plusieurs Etats ; pour la France, le Brésil est moins bien disposé à cause du droit d'entrée très élevé sur le café en France.

Le Brésil n'a pas de traité de commerce avec la France. Mais la loi et le décret du 17 juillet 1900 ont établi un modus vivendi comportant, d'une part, le maintien du tarif minimum légal brésilien aux marchandises originaires de France, d'Algérie et des colonies et possessions françaises et, d'autre part, l'application, en France, Algérie, colonies et possessions, du tarif minimum à certaines marchandises d'origine brésilienne, café, cacao, poivre, cannelle, vanille, thé, etc.

en Chine a été de 2,2 millions de taels et l'exportation de 38 1/2 (le tael représentant 3" grammes 1/2 d'argent).

1 . D'après la statistique brésilienne, pour 1909 l'importation française a été de 62 millions de milréis-papier et l'exportation de 88 millions, soit 95 millions de francs et 13j millions.

6° Le Japon. — Les moyennes décennales du commerce spécial de la France avec le Japon ont été (millions de francs) :

Péiioiles Imprrtatinn Exportation

Année 1909 93 10 a

En 1909 le commerce général avec le Japon a été de 131 millions 1/2 à l'importation et de 31 millions 1/2 à l'exportation. Le commerce spécial a été, à l'importation, de 93 millions consistant en soies et bourre de soie (59 millions 1/2), tissus de soie et débourre de soie (8 1/2), cuivre (8), plumes de parure brutes (3), camphre (3j ; à l'exportation aucun article n'est important.

Dans le commerce du Japon, la France occupe le sixième rang après les Etats-Unis, l'Angleterre, la Chine, l'Inde, l'Allemagne.

Le traité de commerce et de navigation du 4 août 1896, complété par la convention du 25 décembre 1898, stipule, pour douze années, à partir du 4 août 1899, la concession réciproque du traitement le plus favorable en matière de commerce et de tarifs et l'assimilation des pavillons sous les réserves d'usage. A partir de la onzième année chaque partie du traité pourra être dénoncée et ses effets cesseront un an après la dénonciation. Ces stipulations peuvent être étendues à l'Algérie et aux colonies et possessions françaises et l'ont été jusqu'ici à un certain nombre de colonies.

7° L'Australie et les îles de VOcéanie (autres que les colonies françaises et néerlandaises) sont portées en 1909 pour 210 millions au commerce général dont 1971/2 à l'importation et 12 environ à l'exportation et pour 192 millions au commerce spécial, savoir à l'importation 184 millions consistant en laine (172 millions), minerai de zinc (4 1/2 , peaux et pelleteries brutes (2 1/2), cuivre (1 1/2) ; 7 millions 1/2 à l'exportation consistant en crème de tartre (3 millions 1/2), tissus de soie (1).

Les moyennes décennales du commerce spécial sont :

Périodes Importation Exportation

— (Millions de fianc.-)

1. Avant cette période, le commerce du Japon était confondu avec celui d'autres pays d'Asie et d'Océanie.

2. En 1909, d'après la douane japonaise, le commerce avec la France était de 5 mil-

Dans le commerce de l'Australie, la France ne vient qu'au quatrième rang après l'Angleterre, les Etats-Unis, l'Allemagne.

8° L'Egypte. — Les moyennes décennales du commerce spécial avec la France ont été :

Périodes Importation Exportation

— (Millions de francs)

Le commerce a donc augmenté notablement de la période 1847- 185») à la période 1857-1866. L'accroissement s'est ensuite beaucoup ralenti ; mais il a repris dans ces dernières années une allure progressive.

En 1909 le commerce général s'est élevé à 185 millions dont 86 à l'importation et 99 à l'exportation. Le commerce spécial a été de 120 millions 1/2, à savoir 70 à l'importation consistant en coton (53 millions 1/2), graines et fruits oléagineux (5), gommes exotiques (3 1/2), laine (1), et 50 millions 1/2 à l'exportation consistant en farine du froment (5 millions 1/2), tissus de coton (5 1/2), papier et ses applications (3), tissus de laine (3), vêlements et lingerie (3), tabletterie, bimbeloterie (2, 8), peaux et pelleteries ouvrées (2 1/2).

Dans le commerce de l'Egypte, la France vient au second rang, après l'Angleterre.

Par la convention du 26 novembre 1902 la France et l'Egypte se sont accordées- réciproquement le traitement de la nation la plus favorisée en matière de commerce et de tarifs. Les produits français ne peuvent pas être imposés à plus de 8 p. 100 de leur valeur (à l'exception des sucres et des bois qui peuvent être taxés à 10 p. 100 et des alcools, pétroles et animaux qui peuvent l'être à 15). Cette convention est exécutoire pour 21 ans à partir du 25 octobre 1906 avec faculté pour chacune des deux puissances de la dénoncer un an avant l'expiration de la septième et de la quinzième année. La France s'est réservée de dénoncer à toute époque, moyennant préavis de douze mois, les clauses relatives au régime des marchandises. Ces stipulations s'appliquent à l'Algérie, aux colonies et possessions françaises.

Résumé. — En additionnant les chiffres du commerce de ces huit

lions 1/2 de yens à l'importation au Japon et de 41 millions 1/2 à l'exportation du Japon, correspondant à peu près à 14 millions 1/2 et à 10" millions de francs.

pays hors d'Europe depuis la période 1887-1896, ou obtient les résultats suivants (commerce spécial, millions de francs):

Périodes lmp. Exp. Total

Année 1909 ....

Depuis une vingtaine d'années ce commerce a doublé. Il a augmenté de 1.276 millions, presqu'autant que les six Etats limitrophes de la France et proportionnellement davantage. Mais, contrairement à ce que nous avons constaté pour ces six Etats, l'exportation est beaucoup plus faible que l'importation, à peine la moitié ; elle a même proportionnellement un peu moins augmenté.

L'imporlation de ces huit pays consiste principalement en matières premières et en denrées alimentaires qui sont nécessaires à la France. L'exportation consiste surtout en objets manufacturés que ces pays peuvent le plus souvent recevoir de l'étranger aussi bien que de la France. Il y a même plusieurs de ces pays, comme FAuslralasie et les Indes anglaises, dans lesquels celte exportation est pour ainsi dire nulle ou du moins ne se fait qu'indirectement par l'intermédiaire de l'Angleterre. Cet état de choses dénote une infériorité française et une insuffisance de représentants nationaux du commerce français dans les régions transocéaniques.

Nous avons donné des chiffres qui démontrent l'insuffisance de la navigation française. En voici qui démontrent l'insuffisance de la représentation française dans quelques pays où la France a cependant de sérieux intérêts commerciaux. Aux Etats-Unis le census de 1900 a recensé 104.341 personnes nées en France sur un total de 10.356.644 étrangers ; c'est le pays d'outre-mer où la France est le plus représentée.

A la suite des huit pays dont nous venons de parler, nous nous bornons à citer les noms des pays hors d'Europe dont le commerce spécial avec la France en 1909 n'a pas atteint 100 millions : le Chili 98 millions, l'Uruguay 85, le Mexique 57, les Indes néerlandaises 46, la Régence de Tripoli et le Maroc 44, les possessions anglaises en Amérique 40, les possessions anglaises en Afrique 35, Haïti et la République dominicaine 34, les Philippines 28, le Pérou 28, la Côte occidentale d'Afrique 22, la Colombie 18, le Venezuela 16, Cuba et Porto-Rico 16, les Etats de l'Amérique centrale 5, l'Equateur 2,6, Siam 1, Saint-Thomas 1, les colonies néerlandaises en Amérique 0,7, la Rolivie 0,1.

Les conventions avec les Etals étrangers. — La France est régie actuellement, relativement aux droits de douane, par le tarif de janvier

1892, révisé par la loi de douane de mars 1910, lequel comprend un tarif applicable en principe aux Etats avec lesquels la France n'a pas de convention et un tarif minimum applicable en tout ou en partie aux Etats avec lesquels la France a conclu une convention ; cette convention est révocable chaque année. Il n'y a plus de traités de commerce, c'est-à-dire d'ententes liant la France pour plus d'une année, le Parlement voulant se réserver toujours le droit de relever les taxes qui lui paraîtraient être devenues insuffisantes.

Il n'y a que l'Allemagne avec laquelle elle soit liée par un traité dont la durée est illimitée. L'article 11 du traité de Francfort assure réciproquement à l'un et à l'autre Etat le traitement de la nation la plus favorisée. Nous avons dit que les deux Etats avaient cherché à éluder sur certains articles celle clause eu établissant dans leur tarif des spécifications.

Avec l'Angleterre, la France n'a pas conclu de convention, l'Angleterre ayant un tarif libéral qui ne comportait guère de concessions; mais la France a appliqué à l'Angleterre, par décret du 30 janvier 1892, immédiatement après la promulgation du tarif protectionniste, le tarif minimum.

Par le même décret, le tarif minimum a été appliqué à la Belgique, à la Suède et Norvège, à la Suisse, aux Pays-Bas et à la Grèce avec lesquels la France était liée auparavant par des traités de commerce. De leur côté ces Etats appliquent à la France le traitement de la nation la plus favorisée.

Avec la Suisse les droits sont réglés par la convention du 20 octobre 1906, laquelle, par dérogation au principe de 1892, a stabilisé une cinquantaine d'articles du tarif français (ratifié par la loi du 21 octobre 1906).

Avec l'Italie, la question a été réglée par l'accord du 21 novembre

Avec l'Espagne, un « modus vivendi » a été établi en 1892 et la question a été réglée par déclaration réciproque du 29 novembre 1906.

Avec l'Autriche-Hongrie, elle l'est par la convention du 18 janvier

Avec la Russie, elle l'est par la convention du 29 décembre 1905 qui a stabilisé dix-huit articles.

Avec la Roumanie, il y a eu aussi un certain nombre d'articles stabilisés.

A la Bulgarie et à la Serbie, le tarif minimum a été concédé en totalité ou en partie.

Il n'y a qu'un seul pays d'Europe avec lequel la France ne soit liée par aucune convention : c'est le Portugal. Le tarif général lui est appliqué. Le relèvement de ce tarif en 1910 a suscité des réclamations de la part de ce pays.

Hors d'Europe, la France a conclu aussi des arrangements avec la plupart des Etats qui font avec elle un commerce de quelque importance. Avec les Etals-Unis l'arrangement du 25 mars 1910 a dénoué une situation critique, en donnant à celte puissance le bénéfice du tarif minimum sur une vingtaine de marchandises ; les Etats-Unis appliquent leur tarif général sans surtaxe. A l'Egypte le tarif minimum a été concédé ainsi qu'à la République Argentine. Jl l'a été partiellement au Brésil, à la Chine, au Canada. 11 n'y a hors d'Europe que l'Australie, la Bolivie, le Pérou, le Chili auxquels soit appliqué le tarif

En somme, 27 pays avaient des conventions avec la France antérieures au tarif de 1892; 54 autres Etals ont conclu des conventions nouvelles depuis 1892.

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