‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 244 sur 266 · Le florin — 2 fr · texte numérisé non relu

Le florin — 2 fr

sommes très considérables. La France n'a qu'une très petite part dans ce commerce.

La Belgique. — La Belgique prend place après les Pays-Bas sur la liste du commerce extérieur des Etals. En 1840 son commerce n'était que de 345 millions (le transit était, en outre, de 44 million- .

En 1872 le commerce spécial de la Belgique était de 1/278 millions de francs à l'importation et de 1.051 à l'exportation, total 2.329 millions fsans les métaux précieux). Il se faisait principalement avec la France (315 millions à l'importation, 320 à l'exportation , l'Angleterre (231 et 237), le Zollverein (158 et 224), les Pays-Bas (165 et 121 .

En 1880 le total du commerce spécial était de 2.898 millions, 1.681 à l'importation et 1.217 à l'exportation. En 1894 il était de 1.574 à 1 importation et de 1.304 à l'exportation, total 2.878 millions. Comme dans les autres pays, le commerce de la Belgique était resté stalionnaire pendant cette période. Il faut ajouter plus d'un milliard et demi pour le transit qui s'était beaucoup développé avec les voies ferrées. Comme les autres nations, la Belgique a repris l'essor et en 1907 son commerce spécial a atteint 6.622 millions 3.774 millions à l'importation, 2.848 à l'exportation) et son transit 2.348 millions. Comme celui des autres Etats, il a un peu fléchi à la suite de la crise de 1907 et, la crise passée, il s'est relevé.

En 1909 le commerce spécial a été de 3.704 millions à l'importation et de 2.810 millions à l'exportation, total 6.514 millions ; en outre, le transit s'est élevé à 2.290 millions.

L'importation a consisté principalement en céréales ,643 millions , laines 179 , peaux 170), bois (166), graines (153), résines et bitumes (131) ; l'exportation, enfer et acier 214 , céréales et farine (210), machines et voitures 143 . peaux 140 . fils de lin (97), lin (96), graines 99 , diamants 93 , laine 90;, zinc (90), houille (82), verreries (78 .

Les principaux clients de la Belgique ont été le Zollverein (495 millions à l'importation et 730 à l'exportation!, la France (473 et 452 , l'Angleterre 457 et 372 , les Etats-Unis (277 et 107), la Russie (326 et 41), la République Argentine (320 et 90).

La Belgique est avec les Pays-Bas et l'Angleterre un des pays dans lesquels le transit a le plus d'importance. La statistique officielle n'en donne qu'une idée imparfaite, parce que, le tarif des douanes étant très libéral, beaucoup de marchandises sont déclarées comme étant du commerce spécial par les importateurs qui s'évitent ainsi les formalités de l'enregistrement au transit, quoique les marchandises ne fassent que transiter. Les retranchements qu'on peut faire à 6.514 millions du commerce spécial de 1909 réduisent vraisemblablement ce chiffre à 4.482 millions '. Le transit est un genre de commerce lucratif pour

1. M. de Lannov, professeur à la Faculté de droit de Gand, a essayé de calculer

le pays qui le fait, mais qui n'est pas de même nalure que le commerce spécial et qui ne doit pas être confondu avec lui.

En somme, le commerce de la Belgique, tel qu'il apparaît dans la statistique officielle, était en 1907 de 890 francs par tête (non compris le transit et les métaux précieux). Si celte proportion est, comme celle des Pays-Bas, très élevée, c'est que la Belgique est aussi, bien qu'à un moindre degré, un territoire de transit ; beaucoup de marchandises admises en franchise sont enregistrées au commerce spécial quoiqu'elles ne fassent que traverser le pays pour sortir par une autre frontière, sans séjourner ou en séjournant quelques jours et en y laissant le bénéfice du transport. D'autre part, on observe que le commerce calculé par tête donne en général, à intensité commerciale égale, une proportion plus forte dans un petit pays que dans un grand, tel par exemple que les Etats-Unis, parce que le commerce du petit pays a besoin de franchir plus souvent la frontière que celui d'un grand pays ' .

L' Autriche-Hongrie. — En 1831 le commerce extérieur de l'Autriche (commerce dans lequel étaient alors comprises la Lombardie et Venise), n'était que de 311 millions de couronnes *, dont 129 avec la Hongrie. En 1850 il était monté à 576 millions dont 200 avec la Hongrie. L'Autriche, ayant adopté en 1850 un tarif libéral, traita avec le Zollverein en 1853, avec la Prusse en 1865 ; elle traita avec la France sur la base libérale du tarif conventionnel ; puis avec l'Italie et l'Angleterre. L'Autriche et la Hongrie, à la suite du pacte politique de 1867, ont formé une union douanière. En 1878 l'Autriche a changé la direction de sa politique économique et s'est donnée, principalement sous l'influence agrarienne, un tarif protectionniste dont elle a augmenté les droits en 1883, puis en 1887 et en 1906. Néanmoins le gouvernement austrohongrois est revenu ensuite, comme l'Allemagne, au système conventionnel et a conclu des traités de commerce avec plusieurs puissances.

approximativement les réductions à faire. Ainsi la Belgique exporte pour des millions de francs du maïs, du café (non torréfié), du coprah, du caoutchouc (83 millions en 1909), du nitrate de soude, etc., toutes marchandises qu'elle ne produit pas et qu'il convient de défalquer du commerce spécial à l'exportation et pour une somme égale à l'importation. Il en est de même, en partie, pour le froment, les graines oléagineuses, les peaux brutes, etc., dont la Belgique exporte une quantité beaucoup plus grande que celle qu'elle produit. Pour l'ensemble, les chiffres officiels du commerce spécial sont 3.704.316 francs à l'importation et 2.809.723 à l'exportation ; les chiffres corrigés sont approximativement 2.805.000 et 1.877.000 francs; la différence doit être reportée au commerce général.

1. En Belgique les expéditeurs sont tenus (lois du 26 août 1872) de faire les déclarations nécessaires à la statistique. Depuis 1901 on note le poids des marchandises. Une commission révise annuellement les valeurs de douane. Là statistique tient compte du commerce général et du commerce spécial.

2. La couronne, monnaie actuelle, vaut 1 fr. 05. On comptait alors par florins valant un peu plus du double de la couronne.

LES PERIODES DU l.'llISToiHK 1)1 COMMERCE EXTERIEUR 847

En Hongrie, un parli puissant aspire à se dégager de l'union douanière avec l'Autriche et à posséder l'autonomie commerciale. La Hongrie a fail de grands sacrifices pour se créer un débouché maritime à Fi urne. Elle lient aussi exactement que possible registre des marchandises qui franchissent à l'entrée et à la sortie sa propre frontière ; elle constate que le mouvement en a augmenté de 73 p. 100 entre les années 1882 et 1906*.

Le commerce de l'Autriche et de la Hongrie réunies* a passé de 635 millions de couronnes en 1851 à 1.714 millions en 1869; puisa travers des péripéties diverses, mais avec une progression très accentuée, à 4.958 millions en 1907.

En 1872 le commerce général (sans les métaux précieux") était de 1.002 millions de florins (614 à l'importation, 388 à l'exportation). Le commerce du port libre de Trieste 250 millions de florins n'est pas compris dans le total. En 1880 le commerce était de 1.271 millions 607 à l'importation, 664 à l'exportation) et celui de Trieste était de 291 millions de florins En 1894 le commerce était de 1.495 millions (700 à l'importation et 795 à l'exportation ) et celui de Trieste de 356 millions.

En 1907 il était (non compris les métaux précieux) de 2.501 millions de couronnes à l'importation et de 2.457 à l'exportation ; total 4.958 millions. Il a, comme celui de plusieurs autres Etats, faibli en 1908.

L'importation 1908) consistait surtout en coton (243 millions de couronnes , houille 188, laine 132), machines 102 ; l'exportation, en bois 241 , sucre (227 , houille 111 , œufs 111 . Les principaux clients étaient l'Allemagne (905 millions à limportation, 104 à l'exportation), l'Angleterre 215 et 231). l'Italie (118 et 228^, la Russie 127 et 71 . les Etats-Unis 221 et 58 j, les Indes britanniques (136 et 56).

La Russie. — La Russie, dont le dernier tarif, celui du 13/26 janvier 1903, est un tarif très restrictif appliqué depuis le 1er janvier 1906, a fait pendant un quart de siècle un commerce qui ne dépassait guère en valeur celui de la Belgique, quoique la Russie eut un territoire cent-soixante dix fois plus étendu et une population dix-huit fois plus considérable que la Belgique. Depuis 1897 elle s'est laissée distancer par ce petit pays. Rappelons toutefois qu'un très grand pays suffit plus par lui-même à ses besoins qu'un petit.

1. En 1882, 1.768 millions de couronnes ; en 1906, 3.064 millions.

2. In accord conclu en 1901 a constitué une union économique entre l'Autriche- Hongrie, la Bosnie-Herzégovine et la principauté de Lichtenstein. Depuis 1891 les deux ports francs (Trieste et Fiume) sont compris dans la statistique commerciale. En Autriche les expéditeurs sont tenus à la déclaration. Il y a une commission permanente des valeurs de douane depuis 1877. On distingue le commerce spécial et le commerce d'attente. La Hongrie dresse une statistique spéciale.

En 1869 le commerce de la Russie (Finlande et Asie non comprises) était d'environ (en monnaie française) 1 milliard 1/2 de francs.

En 1872 le commerce de la Russie (Russie d'Europe et Russie d'Asie, sans la Finlande) était de 427 millions de roubles à l'importation et de 321 à l'exportation, total 748 millions. En 1880, 623 millions à l'importation et 498 à l'exportation, total : 1.121 millions de roubles. En 1894, 538 millions à l'importation et 670 à l'exportation, total : 1.208 millions de roubles ; en 1908 il a atteint le cbiffre de 1.840 millions de roubles (912 millions à l'importation, 928 à l'exportation), non compris les métaux précieux». Ces 1.840 millions équivalent à 4.860 millions de francs; ce qui ne représente qu'un commerce de 36 francs par habitant.

Les principaux articles de l'importation sont le coton (119 millions de roubles), les machines (81), le thé (68), les ouvrages en métaux (39), la laine (32), la houille (31); à l'exportation, les céréales (360 millions), les bois (111), le lin (65), les œufs (54), le beurre (55). Les principaux clients de la Russie sont l'Allemagne (357 millions à l'importation et 386 à l'exportation), l'Angleterre (128 et 288), la France (49 et 89), les Pays-Bas (18 et 189), les Etats-Unis (58 et 16) \

L'Italie. — L'Italie unifiée est partie de 1.406 millions de francs en 1862. En 1863 elle signa avec la France un traité de commerce libéral. Mais, pressée par le besoin d'argent, elle releva bientôt, à partir de 1866, plusieurs taxes de ce tarif; et même, à la suite d'une longue enquête, elle promulgua le tarif de 1878 qui augmentait notablement le nombre des articles taxés.

Une suite de circonstances regrettables amena, à partir de 1888, une guerre douanière entre la France et l'Italie qui réduisit considérablement le commerce entre les deux Etats. Elle se termina par l'accord conclu à Paris le 2 novembre 1898 par lequel la France accorda à l'Italie son tarif minimum et l'Italie accorda à la France le régime de la nation la plus favorisée et réduisit même le droit sur quelques marchandises. Ce fut l'exportation française en Italie qui profita le plus de cet arrangement.

Après des péripéties diverses, relatives particulièrement à l'importation des vins italiens en Autriche, un traité de commerce a été signé en février 1905 entre l'Autriche et l'Italie, lequel a été favorable à l'importation d'Autriche en Italie.

La statistique régulière du commerce de l'Italie n'a commencé qu'en 1871 après l'annexion du territoire pontifical ; elle attribue au

1. L'importation des métaux précieux a été de 28 millions de roubles, l'exportation de 19 millions.

2. L'enregistrement se fait d'après la déclaration écrite de l'importateur ou verbale du voyageur. Les agents des douanes fixent la valeur. Cet enregistrement porte sur le commerce général. La Finlande a un régime spécial.

commerce spécial 2.030 millions de francs (901 à l'importation cl 1.075 à l'exportation, non compris les mélaux précieux* '. De près de 2 milliards 12 qu'elle avait atteints eu 1876 et en 1880 1.226 millions à l'importation, 1.132 à l'exportation), elle tomba, à partir de 1888 et à la suite de graves difficultés avec la France, à 2 milliards [chiffres de 1878, 1888, 1891; pendant les mauvaises années. En 1894 elle a donné '2.120 millions. Depuis 18% et surtout à la suite de la reprise des relations régulières avec la France, le commerce s'est relevé et en 1907 le commerce spécial de l'Italie sans les métaux précieux) a été de 4.829 millions : il a baissé quelque peu en 1908 et s'est relevé à 4.979 millions en 1909, dont 3.112 millions à l'importation et 1 807 à l'exportation. Ce commerce se fait surtout avec l'Allemagne 810 millions ), les Etals-Unis 662 millions), l'Angleterre 658 millions , la France 329 millions à l'importation, 199 à l'exportation , l'Aulriche- Hongrie, la République Argentine. La houille 260 millions), le colon, le blé, le bois, la soie grège et les cocons 158 millions) sont les principaux articles de l'importation. La soie grège ou moulinée 442 millions) et les tissus de coton figurent au premier rang de l'exportation.

La Suisse. — La statistique commerciale de la Suisse ne remonte pas loin, relativement à la valeur des marchandises ; jusqu'en 1885 elle n'enregistrait que les quantités. En 1885 le commerce spécial (sans les métaux précieux a été de 1.370 millions de francs ; en 1894 de 1.494 ; depuis, il s'est élevé rapidement jusqu'à 2.699 millions de francs en 1909, dont 1.602 à l'importation, 1.097 à l'exportation 2.

En 1909 l'importation a consisté principalement en céréales et farine (181 millions), soie 162, houille 93, colonnade 72 , lainages (64), animaux 63 ; ; l'exportation, en colonnades 219 , soieries 158, montres (126), machines 67 , filés de soie 58\ fromages (58

Les principaux clients de la Suisse sont l'Allemagne 534 millions à l'importation et 254 à l'exportation), la France (306 et 120 . l'Italie (185 et 82), l'Autriche-Hongrie (102 et 70 , l'Angleterre 91 et 182 .

En outre, la Suisse, petit pays qui est un lieu de passage, comme les Pays-Bas, inscrit aussi au compte du commerce spécial une partie des marchandises de transit : ce qui grossit le chiffre de ce commerce et donne une moyenne de 774 francs par habitant. Sous l'influence

1. La statistique commerciale de l'Italie est régie aujourd'hui par l'instruction ministérielle du 7 janvier 1909. Les expéditeurs doivent faire leur déclaration ; il y a depuis 1894 une commission centrale des valeurs de douane. Le mouvement des métaux précieux est relevé d'après un mode qui est meilleur que celui du simple enregistrement par les douanes. On distingue le commerce général et le commerce spécial.

2. La valeur des marchandises importées est fixée par des experts nommés parle gouvernement; à l'exportation, la déclaration de l'expéditeur suffit. La Suisse distingue le commerce spécial, le commerce effectif, le commerce général.

3. Il y a eu en outre une importation de iù millions de métaux précieux et Une exportation de 4U millions.

principalement des agrariens, la Suisse s'est donné en 1902 un tarif protectionniste qui a amené des difficultés douanières avec la France.

L'Espagne. — L'Espagne en 1850 avait un commerce de 635 millions (commerce général) ; à peu près le même en 1869. A la suite des perles que le phylloxéra a infligées au commerce français, les vins espagnols ont été très demandés en France et l'Espagne a vu s'accroître son trafic. Depuis 1892, année où le commerce de l'Espagne a atteint près de 2 milliards de francs, ce commerce a été entravé par le tarif protectionniste dont s'est couvert l'Espagne en 1906 et par l'élévation du droit d'entrée des vins en France. Il a beaucoup perdu à la suite de la guerre qui a séparé d'elle ses colonies des Antilles. Depuis celle époque le commerce a varié d'une année à l'autre, sans augmenter réellement : 1.984 millions de francs en 1897, 1.877 en 1909 (commerce spécial y compris les métaux précieux) : 951 à l'imporlalion, 926 à l'exportation '.

Le tableau de comparaison des Etats.

La statistique du commerce extérieur des Etats accuse un excédent soit des importations soit des exportations. 11 y a des Etals pour lesquels l'excédent se trouve tantôt d'un côté et tantôt de l'autre; tel a été par exemple le cas pour la |France de 1840 à 1875. Depuis 1876 c'est l'importation qui l'emporte (excepté en 1905 et en 1909). Mais les relevés des douanes ne fournissent à cet égard dans tous les pays qu'un renseignement imparfait ; le mouvement des métaux précieux n'est généralement pas compté dans le total des importations etdesexportalions et d'ailleurs il est 1res incomplet ; d'autre part, il ne peut être lenu aucun compte ni du mouvement des valeurs mobilières qui est considérable, ni des encaissements des pays qui sont créanciers de l'étranger, ni des dépenses faites par les étrangers, ni des marchandises que ceux-ci emportent dans leurs bagages.

Ainsi l'Angleterre importe beaucoup plus chaque année qu'elle n'exporte; elle ne s'appauvrit pourtant pas; au contraire, 'elle converlit sur place en marchandises qu'elle importe une partie du revenu des capitaux que sa fortune lui a permis de placer à l'étranger.

Les Élals-LInis ont été longtemps plus importateurs qu'exportateurs. Ils ont maintenant un excédent considérable d'exportation qu'ils doivent surtout aux matières premières dont ils approvisionnent l'élranger ; ils ont eu par là l'avantage d'accroître beaucoup leur capital national.

Les petits Elals, comme la Norvège, les Pays-Bas, la Bulgarie, la Suisse enregistrent en général aujourd'hui une importation supérieure à leur exportation.

1. La statistique commerciale de l'Espagne comprend : 1° l'importation générait', spéciale, temporaire, marchandises de retour; 2° l'exportation générale, temporaire.

LES PÉRIODES DE L'HISTOIRE Dl COMMERCE EXTÉRIEUR 851

Nous avons signalé à plusieurs reprises la solidarité qui lie le commerce des nations et qui les emporte toutes, plus ou moins uniformément, dans un même mouvement progressif ou qui suspend le cours de ce mouvement. Le tableau suivant permet de comparer les nombres-indices de sept Etats, calculés sur la même base (100 étant la moyenne des années 1891-1900 .

Nombres-indices du commerce extérieur.

Commerce spécial. — Importations et exportations réunies.

Moyenne 1891-1900= 100.

ROYAUMB-

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