ÉPILOGUE
Dans la première partie de l'Histoire du Commerce de la France, laquelle embrasse une durée de dix-huit siècles, depuis la conquête romaine jusqu'à la Révolution de 1789, nous avons vu se produire une suite de grandes ondulations du commerce, intérieur et extérieur, tantôt montant et «'amplifiant, tantôt s'affaissant, s'abîmant même presque dans le néant à certaines époques et nous avons vu que les ondulations concordaient avec l'état général de prospérité, de stagnation ou d'appauvrissement de la société. Le siècle des Antonins, celui de Saint Louis, la Renaissance, la première moitié du règne personnel de Louis XIV, les dernières décades de l'ancien régime sont des périodes ascendantes de prospérité ; ce sont les crêtes des vagues de la civilisation. L'invasion des barbares, la torpeur du régime féodal, la guerre de Cent Ans, les guerres de religion, la dernière guerre de Louis XIV sont, au contraire, des périodes de profond affaissement : c'est le creux des vagues.
Dans la seconde partie qui embrasse seulement un laps de cent-vingt ans, il ne s'est pas produit d'ondulations d'une telle amplitude, quoiqu'il y ait eu un effondrement du commerce et de presque tout l'ordre économique en France pendant la Révolution, de 1793 à 1799, par suite de la guerre, de la Terreur, des assignats, des coups d'Etat, du Directoire, de la situation misérable du Trésor. Pendant l'Empire, la France et une grande partie de l'Europe ont encore été profondément troublées par la guerre, parles bouleversements des territoires européens et des souverainetés, parle blocus continental ; le commerce de la France s'est trouvé réduit presque à la moitié de ce qu'il avait été à la fin de l'ancien régime. Alors cependant le commerce intérieur s'est relevé en France pendant que s'affaissait le commerce extérieur.
Mais depuis le rétablissement de la paix en 1814-1815, quoique la France ait subi plusieurs révolutions politiques, des crises commerciales, une guerre qui est un des plus grands désastres de son histoire, il n'y a pas eu d'ondulations descendantes à beaucoup près aussi prolongées et aussi profondes que celles qui avaient affecté le commerce dans les siècles antérieurs. On voit même dans presque tous les pavs, comme en France, les chiffres du commerce extérieur augmenter, très