ÉPILOGUE
modérément il est vrai, dans la première moitié du xix° siècle, mais rapidement pendant les trois premières décades de la seconde moitié de ce siècle ; puis osciller sans monter pendant une quinzaine d'années par un mouvement corrélatif à une baisse presque continue du prix des marchandises ; en dernier lieu, depuis une douzaine d'années, augmenter de nouveau, en même temps que se produisait un certain relèvement des prix.
Le total du commerce extérieur de la France (commerce spécial) était de 1.859 millions en 1850; il a été de 11.964 millions en 1909. Le commerce extérieur des Etats d'Europe était évalué approximativement à 13 milliards de francs en 1850 et à 100 milliards 1/2 en 1909. Celui du monde civilisé, dans le concert duquel étaient entrées de nouvelles nations entre les deux dates, l'était (par une évaluation beaucoup plus vague assurément) à 19 milliards en 1850 et à 158 milliards en 1909.
Les raisons des variations et surtout des accroissements du commerce de chaque Etat doivent être cherchées, ainsi que nous l'avons dit, à la fois dans le particularisme et dans la solidarité, c'est-à-dire dans les événements particuliers de l'histoire de chaque nation et dans les courants économiques généraux. Le grand progrès qu'attestent les chiffres précédents et auxquels ont participé presque toutes les nations civilisées est dû surtout à des causes générales. Nous les avons indiquées : navigation à vapeur, chemins de fer, télégraphes et téléphones, inventions scientifiques qui ont transformé et considérablement accru la production manufacturière et amélioré la production agricole, la formation abondante des capitaux, l'extraction abondante aussi des métaux précieux, la large extension du crédit, le développement des grandes entreprises par association.
Ce sont là autant de causes qui ont agi : sur la production de la richesse parce que l'homme s'est rendu ainsi plus puissant pour discipliner les forces de la nature et façonner la matière à son usage; sur la consommation, soit la consommation reproductive que celte production croissante nécessitait, soit la consommation personnelle de jouissance qui résultait de l'accroissement du bien-être individuel, résultat lui-même de l'accroissement de la richesse générale; sur les moyens de transport et d'échange dont le progrès, sans être toujours adéquat à celui de la production et de la consommation, facilite grandement et stimule l'un et l'autre (nous avons consacré un chapitre à montrer les conséquences de ce progrès des moyens de communication).
Dans un autre ouvrage4, nous avons exposé les progrès de l'indus-
1. Histoire dfs Classes ouvrières et de l'Industrie en France, de 1780 à 1870(2 volumes) et Questions ouvrières et industrielles sous la troisième République (1 vol.).