‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 252 sur 266 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

n'avait pas empêché le commerce extérieur de rester stationnaire pendant la période de dépression, ne l'a pas empêché non plus d'augmenter depuis la reprise du mouvement ascendant. Les protectionnistes citent avec complaisance chaque année cette augmentation comme une preuve de l'efficacité de leur système. Mais l'augmentation n'eûtelle pas été plus grande si les barrières n'avaient pas été rehaussées? Il semble logique de le penser et les protectionnistes, pour être conséquents avec eux-mêmes, devraient être les premiers à le reconnaître, puisqu'ils surhaussent les taxes d'importation précisément pour diminuer certaines importations.

La politique coloniale date à peu près de la même époque que le retour au protectionnisme. Le Congrès de Berlin de 1877 l'a mise sur le tapis européen ; on y a dépecé l'Afrique. Le roi des Belges, la France, l'Angleterre, l'Allemagne s'en sont adjugé des morceaux. La France est entrée alors, sous la conduite de Jules Ferry, dans une politique d'annexions et de conquêtes qui a été vivement discutée et qui a encore des adversaires, quoiqu'elle fasse désormais partie intégrante de la politique nationale. Les Etats colonisateurs songeaient surtout à procurer à leur commerce extérieur un marché qui leur appartint en propre. Le gouvernement français y cherchait aussi une diversion à des préoccupations continentales et une occasion de relever le prestige des armes et du nom de la France. Nous avons constaté en effet que le commerce y avait déjà considérablement gagné ; mais il reste encore beaucoup à faire pour constituer un régime colonial qui donne satisfaction aux colons et aux indigènes. La France a aujourd'hui un territoire beaucoup plus étendu et la population plus ou moins directement soumise à son autorité a plus que doublé en nombre ; mais à mesure qu'elle s'est étendue, elle a présenté une surface vulnérable plus grande et plus disséminée : ce qui créerait un danger s'il survenait quelque jour une guerre continentale et maritime. L'histoire des colonies sous l'ancien régime donne à cet égard de tristes avertissements.

Le doublement de la population par les possessions d'outre-mer a augmenté les responsabilités, mais n'a pas augmenté la force militaire de la métropole ; quoiqu'il ait beaucoup profité au commerce extérieur, il n'a augmenté que dans une faible proportion sa force de production de richesse.

Avomsauunn v

PlIKFACE IX

Table alphabètihi k nts maiikhes wn

Page 1