ÉPILOGUE
trie et l'accroissement de la production des grandes industries métallurgiques et manufacturières. Nous ne reproduisons pas les chiffres. Nous faisons observer seulement que les mêmes progrès se sont produis chez d'autres nations, plus grands même dans quelques-unes, et nous ajoutons qu'il s'en est produit de non moins remarquables dans l'agriculture.
Les nations se distinguaient jadis davantage par la nature de leurs produits. Il y a encore et il y aura toujours des spécialités, surtout pour les produits naturels ; mais, quant aux produits fabriqués, il y a aujourd'hui une émulation entre les nations qui cherchent à les produire elles-mêmes pour elles-mêmes de manière à se passer des importations étrangères.
Il est bon en effet de nationaliser, quand on le peut, des industries jusque-là étrangères. Les novateurs ont même quelquefois l'avantage de profiter de l'expérience d'autrui pour installer tout d'abord des fabriques bien outillées. Mais, s'ils pensent par là s'affranchir de l'importation,ils s'abusent ; l'histoire montre que les peuples les plus avancés en industrie sont ceux dont le commerce, à l'importation comme à l'exportation, est le plus fort et augmente le plus.
La France a été un des premiers pays, après l'Angleterre, qui aient bénéficié largement des inventions et des extensions économiques de la seconde moitié du xixe siècle. Elle en a joui sous le second Empire qui, ayant pris le pouvoir après une crise déprimante, a eu pendant plus de dix ans un remarquable développement économique, mais qui a fini si lamentablement par la guerre franco-allemande. Quoique la fortune de la France eût semblé s'anéantir dans l'abîme de l'année terrible, sous l'influence de causes générales elle se releva dès l'année 1872. Elle a eu, comme d'ailleurs la plupart des Etats commerçants, une dizaine d'années de développement, puis une période de stagnation de 1882 à 1896 et, depuis une quinzaine d'années, elle a pris un nouvel essor.
Il y a deux faits, entre autres, qui caractérisent la politique commerciale des trente dernières années : le retour au protectionnisme douanier et l'expansion coloniale.
Le prince de Bismarck, qui semblait d'abord, lors de la signature du traité de Francfort et dans les premières années qui l'ont suivi, s'être rallié à la politique libérale que le second Empire avait propagée en Europe, fit volte-face en 1879, adoptant un tarif protectionniste en vue de hâter le développement de la grande industrie dans son pays; ce tarifa été renforcé ensuite à plusieurs reprises. L'exemple de l'Allemagne a été suivi ; l'Autriche, l'Italie, les Etats-L'nis, d'autres Etats, même des Etats agricoles, ont aussi élevé les barrières de leurs douanes. La France l'a fait par le tarif très protectionniste de 1892 dont les droits ont été surélevés par le tarif de 1910. Ce régime restrictif, qui